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Saint John Perse

Et tout n'était que règnes et confins de lueurs. Et les troupeaux montaient, les vaches sentaient le sirop-de-batterie... Croissent mes membres 

et pèsent, nourris d'âge ! Je me souviens des pleurs d'un jour trop beau dans trop d'effroi, dans trop d'effroi ! ... du ciel blanc, ô silence ! qui flamba comme un regard de fièvre... Je pleure, comme je pleure, au creux de vieilles douces mains...  



Oh ! c'est un pur sanglot, qui ne veut être secouru, oh ! ce n'est que cela, et qui déjà berce mon front comme une grosse étoile du matin. 

... Que ta mère, était belle, était pâle lorsque si grande et lasse, à se pencher, elle assurait ton lourd chapeau de paille ou de soleil, coiffé d'une double feuille de siguine, et que, perçant un rêve aux ombres dévoué, l'éclat des mousselines inondait ton sommeil!

... Ma bonne était métisse et sentait le ricin ; toujours j'ai vu qu'il y avait les perles d'une sueur brillante sur son front, à l'entour de ses yeux - et si tiède, sa bouche avait le goût des pommes-rose, dans la rivière, avant midi.

... Mais de l'aïeule jaunissante et qui si bien savait soigner la piqûre des moustiques, je dirai qu'on est belle, quand on a des bas blancs, et que s'en vient, par la persienne, la sage fleur de feu vers vos longues paupières d'ivoire.

... Et je n'ai pas connu toutes Leurs voix, et je n'ai pas connu toutes les femmes, tous les hommes qui servaient dans la haute demeure de bois ; mais pour longtemps encore j'ai mémoire des faces insonores, couleur de papaye et d'ennui, qui s'arrêtaient derrière nos chaises comme des astres morts. 

Saint John Perse