En
Martinique nous
avons une fleur que l’on nomme muguet,dont le nom savant est le « Poranopsis
paniculata » et
elle serait originaire du sous continent indien, de la Chine et de
l’Asie du
Sud-Est, donc on peut supputer que son introduction est relativement
récente en
Martinique, peut-être amenée par les engagés indiens ou les Chinois au
19 e
siècle.
Une
supputation
n’est pas une vérité
A
quoi elle
ressemble, vous l’avez en bandeau sur la page, elle me sert à illustrer
ce 1erCette
plante est une
liane grimpante, que l’on retrouvait devant les cases et les maisons où
les
habitants le faisaient ramer sur un arbre mort, son inflorescence en
Martinique
serait selon les personnes que j’ai interrogées de décembre à fin mars,
influant
qu’elle ne fleurit pas au mois de mai.
Il
est de coutume se
l’offrir le 1erjanvier, en
principe c’est la fleur qui trônesur
les tables, décore et parfume la salle à manger des maisons, mais avec
le
changementclimatique,
aujourd’hui à
mi-avrilma mère
vivant au Moule en
Guadeloupe, au moment où j’écris ce texte, à un superbe bouquet dans
son vase à
fleur,bouquet qui
lui a été offert par
un commerçant du lieu ayant ramené un plant de la Martinique. Ce n’est
pas une
plante que l’on retrouve en Guadeloupe, ce qui aurait tendance à
infirmer ma
première supputation, son introduction par les engagés venus de l’Inde
remplacer les Noirs ayant rompu les chaînes de l’esclavage.
Maison
des syndicats (Fort-de-France, Martinique)
Le
1er
mai en Martinique est un jour chômé, qui se déclinait comme en
métropole avec
un rassemblement devant la Maison des Syndicats pour le traditionnel
défilé
dans les rue de Fort de France.
Ma
mère me disait
que sa mère travaillait comme « docker » sur le port
de Fort de
France et ce jour elle était payée triple, si d’aventure, il y avait un
bateau
à décharger ou à pourvoir en charbon.
Plus
proche de nous,
dans les années 50 à fin 70lors
du 1er
mai les mères cuisinaient de la viande, une poule, un lapin, du porc,
le plus
souvent une bête élevée derrière la maison, l’île n’était pas
encore
couverte de super ou hypermarchés, donc chacun plantait et élevait
fonction des
surfaces disponibles ou lui appartenant, nous étions encore dans une
économie
d’autosubsistance en partie.
J’utilise
l’imparfaiten
écrivant ce texte,car
le rythme de la vie a changé et les
traditions ont tendance à disparaîtreen raisonde l’uniformisation
des modes de vie, notamment avec la France.Les
racines (ignames, dachines) n’étaient pas
consommées le 1er mai les familles lui
préféraient les haricots
rouges et le riz, quant aux fleurs que l’on retrouvait dans les
vases :
Gerbéra, Arum, asperge.
Pour
finir, il n’y avait pas d’échanges de
fleurs entre les individus, mais des cartes postales où figuraitle muguet à clochettes.
Cette puissante liane
originaire du nord de l'Inde
et de la Birmanie est reconnaissable à ses
feuilles veloutées et en forme de cœur, ainsi
qu'à sa floraison blanche, aussi odorante qu'abondante. Cette floraison
survient généralement entre les mois de septembre et février, mais
surtout au
mois de décembre.
Les autres noms vernaculaires
sont explicites :
«Snow-in-the jungle», «Perles de Noël», «Flè Nowèl», ...
(FOURNET, 2002). Le muguet
fait partie des bouquets
décoratifs du jour de l'an.
Le R.P. DUSS (1897) signale
l'espèce sous le nom de
Porana
paniculataRoxb.,
et précise qu'elle
a été introduite à la Martinique pour l'ornement par Madame DUPLESSIS,
depuis
le Brésil et l'Uruguay, en 1875.
Aujourd'hui, bien que plus
fréquente aux alentours
immédiats des habitations où elle fait l'objet de culture, il n'est pas
rare
d'observer cette liane grimpant sur les arbres de la végétation
naturelle
péri-urbaine
Les
Editions Spéciales de Pyepimanla le Magazine Antillais