Le
père Noël existe-t-il vraiment ?
La chronique
de Jean-Luc Nothias du 26 décembre
2007.
Au
lendemain de
Noël, des millions d'enfants attestent solennellement que le
père Noël existe
bel et bien. Eh bien, à tous ces enfants
enchantés par cette date pas comme les
autres, je puis assurer qu'en dépit de ce que les grandes
personnes peuvent
raconter, le père Noël est en plus un
génie. C'est scientifiquement prouvé.
Même si cela reste un peu discuté. Car ses
exploits relèguent nos avions et
fusées au rayon des articles moyenâgeux.
Plusieurs études
très sérieuses ont tenté de calculer
le trajet que doit effectuer le père Noël
pour déposer des cadeaux dans tous les foyers. Deux
hypothèses sont envisagées.
Soit il passe dans tous les foyers de la planète, soit il ne
va que chez ceux
qui célèbrent Noël.
Dans la
première hypothèse, envisagée par une
étude suédoise, il doit se rendre chez un
nombre d'enfants compris entre 2 et 2,5 milliards. Donc faire autant
d'arrêts.
L'étude donne au père Noël quarante-huit
heures, les 24 et 25 décembre, pour sa
distribution. La habitants par
kilomètre densité moyenne de la
population est
de 48 carré. À ce compte-là, chaque
domicile est séparé du suivant d'une
vingtaine de mètres. Pour réaliser son exploit,
le père Noël devrait voyager à
5 800 kilomètres par seconde (km/s) et disposerait de 34
microsecondes pour
chaque arrêt. Une vitesse de déplacement qui est
égale à 17 000 fois la vitesse
du son dans l'air. On devrait donc entendre, à
Noël, des «bangs» supersoniques
ininterrompus. Eh bien non, car le père Noël a
trouvé le moyen de les
«transposer» dans l'espace, loin de la Terre, sans
qu'ils soient audibles. Mais
ce moyen, il le garde jalousement secret. Sans cela, ce ne serait pas
le père
Noël.
Dans la
deuxième hypothèse, les enfants de familles dont
la religion ne célèbre pas
Noël ne sont pas «desservis» par le
père Noël. Ce qui laisse quelque 375
millions d'enfants à livrer. Dans cette
hypothèse, le père Noël, voyageant
d'est en ouest, pour suivre la rotation de la Terre et la course du
Soleil, n'a
que la nuit du 24 au 25 pour effectuer sa mission. En fait, on lui
laisse
trente et une heures. Sans oublier qu'une grande partie du monde
chrétien
orthodoxe célèbre Noël dans le
calendrier julien (et non comme nous dans le
grégorien), et donc le 6 janvier. Le père
Noël peut ainsi étaler un peu ses
livraisons. Quoi qu'il en soit, il a environ un millième de
seconde pour chaque
arrêt sauter hors du traîneau, prendre les cadeaux,
descendre par la cheminée,
les disposer sous le sapin, remonter et devra parcourir 110 millions de
kilomètres environ. Dans cette hypothèse, il doit
voyager à un peu plus de 1
000 km/s, soit 3 000 fois la vitesse du son dans l'air. Même
dans cette
hypothèse, il reste capable de faire disparaître
les bangs supersoniques.
Localisation
et embonpoint
Cela explique
aussi pourquoi il reste inobservable et inatteignable, même
par les avions de
chasse les plus perfectionnés. Et comme aucun
État n'aime à reconnaître qu'il
est totalement surclassé, il vaut mieux faire croire que le
père Noël n'existe
pas. Car ses performances révèlent qu'il dispose
d'un traîneau subliminique,
qu'il est capable de téléportation (pour aller
aussi vite de son traîneau au
sapin) et qu'il a créé des… rennes
transgéniques. Aucun renne «classique»
ne
peut en effet dépasser les 30 km/h. Et est limité
en poids de traction. Car les
cadeaux amassés dans le traîneau se comptent en
centaines de milliers de
tonnes.
Une autre
question se pose. Ou plutôt deux autres. Celle de la
localisation du QG du père
Noël et celle de son embonpoint. On a longtemps
situé son repaire vers le pôle
Nord. La ville de Rovaniemi, en Laponie finlandaise, à la
limite du cercle
polaire, se revendique comme la plus proche du centre secret du
père Noël. Mais
une étude, fondée sur l'endroit
géographiquement le plus approprié pour la
grande tournée de Noël, situe la maison du
père Noël au… Kirghizstan, une
république ex-soviétique d'Asie centrale. Ce que
les Kirghiz, chez qui le père
Noël s'appelle «grand-père gel»
et s'habille en bleu, ont été ravis
d'apprendre.
De leur
côté,
les enfants espagnols, sollicités par sondage, ont
estimé que le père Noël
avait quelques kilos en trop et qu'un régime lui serait
profitable. Mais ce
qu'ils ne savent pas, c'est que cette apparence de vieillard
enveloppé à la
grande barbe blanche dans son costume rouge cache sans doute des
équipements
spéciaux nécessaires à ses
performances. Réchauffement climatique aidant, on
devrait bientôt pouvoir les voir puisque le père
Noël devra peut-être adopter
le short et remplacer ses rennes par des chameaux.
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