Pour
des fêtes de fin d'année synonymes de chaleur, d'exotisme, de musique
et de
danses ensoleillées, les 34 destinations de la Caraïbe réservent de
nombreuses
surprises et festivités à leurs visiteurs. Voici un aperçu…
En cette fin
d'année aux Bahamas, les habitants de
l'archipel aux 700 îles se préparent à célébrer le plus grand événement
de
l'année : le carnaval Junkanoo. Cette fête haute en couleurs est l'une
des
expressions les plus authentiques de la culture bahaméenne et débute le
26 décembre
à 2h du matin sur toutes les îles. Durant cette période, ce carnaval
est célébré
avec effervescence un peu partout dans les îles de l'archipel. Les rues
retentissent
des accords joyeux du Goombay, la musique traditionnelle aux rythmes
endiablés
accompagnant le défilé, qui se nomme le Junkanoo Rush Out. Sons de
cloches,
sifflets, cuivres et tambours en peau de chèvre rythment le défilé.
Chaque
troupe, composée d'une dizaine de personnes, s'organise selon un thème
donné et
se prépare pendant de longs mois. Le jour J, les troupes interprètent
le thème
de différentes façons, à travers les costumes, la musique et les
chorégraphies.
À l'issue de la parade, un comité de juges décerne les prix qui
récompensent
les meilleures troupes, alors sélectionnées pour animer la fête du 1er
janvier.
Les Bahaméens se lancent ensuite dans la préparation du carnaval de
l'année
suivante !
La fête envahit également les rues d'autres îles caribéennes, comme à St
Kitts où s'organisent de nombreux spectacles de Calypso ou
encore dans Les
Iles Vierges américaines où se déroule le festival de Noël de
St Croix…
A Trinidad
et Tobago, la musique de Noël est le
Parang. A partir
d'octobre, de nombreux groupes musicaux jouent dans les rues cette
musique
traditionnelle qui mélange les cantiques de Noël aux consonances et
rythmes
latinos. Les « paranderos » traversent les villes et villages et font
des sérénades
de porte en porte devant le domicile de particuliers, où ils demandent
à être
reçus. L'hôte les invite à l'intérieur où ils chantent l'histoire de la
Nativité
depuis l'annonce de l'ange Gabriel à Marie jusqu'à l'arrivée des Rois
Mages à
Bethléem. Les chanteurs font ensuite une pause pour manger et boire, à
l'invitation de l'hôte pour les remercier de leur visite. Le groupe
chante un
dernier morceau pour dire au revoir avant de continuer vers une autre
maison.
Cette musique qui anime les foyers de Trinidad & Tobago et qui
fait l'objet
de compétition est aussi chantée lors des messes chrétiennes de Noël et
surtout
pendant la messe de minuit.
A Porto Rico, durant la nuit de Noël, la famille et
les amis se réunissent
pour rendre visite à leurs connaissances. Le petit groupe n'hésite pas
à chanter
et à faire du bruit jusqu'à ce qu'une personne se réveille ou leur
ouvre la
porte. Cette personne doit alors offrir un verre à ses hôtes pour
pouvoir, par
la suite, se joindre au groupe et chanter avec eux sur le perron
d'autres
connaissances. Ils boiront notamment du « Coqito » : un cocktail à base
de lait
de noix de coco, de vanille, de cannelle et de rhum blanc, à déguster
dans un
verre à liqueur.
Quand Noël rime avec traditions ancestrales ou coutumes modernes…
A Curaçao (Antilles néerlandaises), les coutumes de
Noël se rapprochent
davantage des coutumes pratiquées aux Pays-Bas : c'est le 6 décembre,
pour la
Saint Nicolas, que l'on échange les premiers cadeaux traditionnels.
Sinterklaas
- ou Nicolas – est grand et mince, contrairement à son collègue
américain et
couvre les enfants de cadeaux. Le soir, les enfants préparent un peu
d'eau et
une carotte à côté de leurs chaussures pour le cheval de Sinterklaas.
Ceux qui
n'ont pas été sages ne trouveront le lendemain qu'un simple sac de sel.
A Aruba, les habitants se rassemblent le 24
décembre chez les
grands-parents pour le repas d'Ayaca. Ce repas de famille met à
l'honneur des
mets originellement préparés par les indiens Arawak et composés de
viande, de
piment, d'épices et de cake typiques. La musique de Noël jouée à Aruba
et au
Venezuela s'appelle la Gaita.
En Republique Dominicaine, les habitants pensent
particulièrement aux
plus démunis pendant la nuit de Noël. Tôt dans la journée, des groupes
musicaux
passent de maison en maison pour chanter Noël et récolter en échange
des dons.
Par la suite, ces dons font l'objet d'une distribution aux personnes
dans le
besoin.
En Guadeloupe, la période de Noël commence
officiellement avec le
premier week-end de l'Avent. Les stations de radios revoient leur
programme
pour mettre à l'honneur les chants de Noël caribéens. En attendant le
véritable
jour de Noël, les guadeloupéens préparent la fête en écoutant ces
chants autour
du traditionnel verre de ti-punch.
Faire son
ménage le réveillon de Noël ? Sur Antigua et Barbuda,
il
s'agit d'une coutume populaire. Ainsi, le 25 décembre au matin tout est
propre
et rangé. Pendant cette période des fêtes de fin d'année, il n'est pas
étonnant
de voir de nombreuses personnes acheter de nouveaux meubles ou pendre
de
nouveaux rideaux.
Dans les Bermudes, les habitants attendent
impatiemment début décembre
pour voir arriver le bateau de Noël sur lequel sont amenés les sapins
Canadiens. Ces sapins sont vendus à l'arrivée et transportés sur le
toit des
voitures. Une drôle d'image sur cette île où d'habitude, seuls les
palmiers façonnent
le paysage. D'après la coutume anglaise, le 26 décembre est appelé «
Boxing Day
». Rien de violent derrière cette appellation, bien au contraire ! Les
familles
et les amis se réunissent et se régalent autour de friandises.
Pour partir découvrir les coutumes et festivités de Noël dans les
Caraïbes, le
Caribbean Tourism Organisation tient à disposition une liste complète
des
tour-opérateurs programmant les Caraïbes, également téléchargeable sur www.caraibes-tourisme.fr
dans la rubrique «Trouver un spécialiste des Caraïbes».
Alors, on peut se tourner vers notre sud traditionnel, là où Mexique,
République
Dominicaine, Costa Rica, Guadeloupe et Martinique, Venezuela, Colombie
et
Panama ont des pères Noël en réserve et quelques guirlandes accrochées
aux hôtels
qui essaient de clignoter de leur mieux. On est loin de la neige et il
est
amusant de découvrir des pères Noël, comme au Mexique ou en Guadeloupe,
qui se
trouvent dans les supermarchés au rayon des surgelés pour éviter
d’avoir trop
chaud, avec houppelande à l’appui un peu échancrée et barbe légèrement
décollée.
Processions mexicaines
Au Mexique, c’est à l’intérieur du pays qu’on trouvera des enfants
jouer avec
des pinatas et également dans les marchés que l’on verra des couronnes
d’osier
et des étoiles en rotin qui décoreront les fenêtres et les portes
d’entrée.
Les villes du
Chiapas et certaines villes coloniales comme
Merida, San Miguel de Allende sont plus propices à fêter Noël avec des
messes
qui durent des heures pendant les périodes de la nativité. On y trouve
également
quelques processions là où les vierges de couleur se confondent.
Chanté Nowël dans les Antilles
Dans les Antilles françaises, on trouve toute la tradition du cochon
découpé et
apprêté dans toutes ses formes pendant cette période (boudin, rôti,
etc..). C’est
aussi le moment des Chanté Nowël, là où le créole et la béguine
s’emparent des Belle
Nuit Sainte Nuit et autres Il est né le Divin Enfant
à l’intérieur
des églises et dans les fêtes patronales.
Dans le même temps, on se prépare également pour le Carnaval qui
poindra dans
quelques mois.
Pour faire la différence entre le reste de l’année et Noël, le Ti-Punch
est
remplacé par le Schrub. Par contre, il faut insister pour avoir de la
langouste
locale, car dans les supermarchés, on retrouve des homards qui
descendent tout
droit du Maine.
Tintamarre de Noël à Cuba
Pour celles et ceux qui choisissent Cuba, le castrisme de bon aloi n’a
jamais
fait de Noël une de ses fêtes obligatoires. En dehors de La Havane qui
remet au
goût du jour quelques concerts de Noël dans les églises bien ciblées,
il faut
se déplacer au nord, du côté de Remedios, à quelques kilomètres de
Santa Clara,
là où le Che est un héros… Il y a là une tradition qui remonte au XIXe
siècle,
lorsqu’une année, des hommes et des femmes firent le plus grand tapage
musical
pour réveiller leurs voisins et les obliger à les accompagner à la
messe de
minuit. L’année suivante, les voisins se vengèrent et firent la même
chose en
relevant le vacarme musical. Et c’est ainsi que chaque samedi avant
Noël, les
différents quartiers de la ville rivalisent d’imagination pour sortir
casseroles, trompettes, plumes, pétards et tam-tams, avec des chars
allégoriques
pour mieux cerner le quartier. Et comme la cacophonie n’est pas
politique, la fête
se refait chaque année.
Guirlandes
d’orchidées et de gousses d’ail
En République Dominicaine, si les tout inclus font leur part de
lumières et de
fiesta, les véritables identités de la nativité se retrouvent du côté
du Pico
Duarte et de la ville de Constanza, au centre sud du pays, avec des
orchidées
et des gousses d’ail comme décorations frontales des maisons.
Dans toutes ces destinations, il faut s’inventer de la neige ou
exporter du
coton hydrophile pour savoir que le 25 décembre est bien là, lorsqu’il
fait
plus de trente degrés avec des cocotiers comme floraisons de la
nativité.