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Bosco-Gurin - alpes suisse - tessin- F.Palli

Bosco Gurin

Bosco Gurin situé à 1506 m s/m, fut fondé en 1244 par les Walser, une population germanophone (Guryner Titsch) provenant du canton Valais. Les Walser possédaient toutes les techniques aptes à survivre en autarchie dans les milieux alpins d’altitude : le labourage des terrains de montagne, la canalisation des eaux, la construction de ponts et de moulins, la manutention de sentiers, la construction d’ustensiles et le travail du bois, qui leur permettait de bâtir des maisons admirées encore aujourd’hui par leur beauté mais aussi par leur confort. La diffusion des Walser, qui eu lieu dans tout la région centrale des Alpes (Italie, Suisse, Autriche), est probablement due à la politique de peuplement mis en acte par les puissants du temps, seigneuries et monastères, les Walser recevaient des terres en altitudes pas encore exploitées où s’établir avec le droit de les conserver pratiquement sans limite de temps.

Bosco Gurin les étables

Une photo prise vers les pentes qui dominent le village, il y a des étables pour conserver le foin et la montagne blanche qu'on voit à été cause de grandes avalanches, aujourd'hui elle est pleine de structures de protection
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Bosco Gurin - F. Pammi

Dans le passé des avalanches avaient détruit des étables éparpillées, après les habitants avaient choisi de faire des étables en série, comme une longue barre.

Francesca Palli



La maison primitive tessinoise


La  photographie d'un village  sis dans les Alpes suisse, dans le Tessin, situé sur l'adret ou sur l'ubac,  je pencherais pour l'adret, le versant ensoleillé, je n'en sais rien mais   en regardant la photographie on eut dit une image d'Épinal tant  le lieu semble figé dans le passé, on s'attendrait presque à voir surgir le père Noël sur son traîneau et distribuer ses jouets aux enfants sages, vivant dans cette localité.

Les maisons nous font face en une ligne horizontale, elles s'alignent ou s'échappent d'une bise glaciale, il n'y a  que  l'église paroissiale de saint Jacques et saint Christophe, dont le portique peint d'une fresque de Borgnis au 18e siècle, hausse son clocher au faite des cieux,  à s'être positionnée de travers comme se voulant un rempart.

Les toitures  sont chargées de neige, ce qui renforce la beauté du site et derrière cet amas de maisons, combien au juste en dénombrons-nous, 80, 100, quelle importance, elles sont là et se suffisent.

torba photo F. Palli

On distingue en arrière plan avec netteté et clarté la pente raide où les mélèzes dénudés grimpent accompagnés de quelques sapins verdoyant qui n'y n'iront guère plus haut, ayant atteint leur sommet. Les maisons semblent rangées dans un ordre qui trouverait sa compréhension que dans sa relation au lieu, par ailleurs on perçoit un désordre ou une impression qu'elles se tassent les unes contre les autres, tel un bataillon de légionnaires romains, elles sont si proches les unes des autres qu'on en déduit qu'il n'y a pas de rue, pas d'avenue, ni  de ruelle, ni même de venelle seulement des passages permettant à une vache de passer pour se rendre à l'étable.

Les maisons massifiées ont leur base épaisse comme celle d'une forteresse, à cause de la dissymétrie des moellons utilisés, l'ensemble donnant une impression de spaciosité (est-ce juste ou est-ce ma propre vision, une illusion... ), les murs en bois de la partie habitable s'habillent  d'un brun foncé, sans doute une des propriétés du mélèze : brunir au fil du temps et des ans, lorsqu'il n'est pas traité, d'où ce contraste entre la couleur nivéale et brunâtre, agissant telle une opposition entre le jour et la nuit, la dualité réalisée pour créer l'harmonie.

Les maisons sont chauffées par des étuves revêtues de pierres ollaires, une pierre composée de magnésite et de talc, souple à travailler, une pierre douce, mais une fois chauffée devient dure, vraiment très dure, elle est  en osmose avec le feu,  capable d'emmagasiner  une quantité incroyable de  chaleur, puis de la diffuser en douceur, doucement, doucettement  dans les pièces.

Les maisons attifaient d'une couverture de dalles en  pierre et sous la toiture, des dalles de pierre de gneiss, y sont placées, accentuant encore la lourdeur, cette technique de construction se justifiait  car empêchant les souris de pénétrer dans les lieux « le sommet du pignon est ouvert à tous les vents ou clos par une claire-voie grossière de madriers superposés. » 

Les fenêtres sont petites afin d'éviter la déperdition de chaleur, mais les constructeurs où les maçons laissaient toujours une ouverture, afin que l'âme des morts puissent s'échapper de la  maison pour s'en retourner à Dieu, la vie et la mort en corollaire, se côtoyant sans voisiner, marchant l'une à côté de l'autre sans se voir, sans se sentir et pourtant  consubstantiel.

Toute cette massivité donnerait l'impression que les  maisons s'enracinent dans la terre, qu'elles cherchent à s'y en foncer le plus profondément, afin d’éviter le séisme, d’évacuer l'avalanche, ne pas être décombres dans la querelle mille fois séculaires opposant  la neige à la pente.

Ces maisons anxieuses dénommées torba ont traversé le siècle, peut-être les siècles, aujourd'hui leur avenir réside de leur passé, quoi de plus paradoxal !

Plus de photographies montrant les détails des : Torba

Tony Mardaye




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