10ème
Festival Créole de Rodrigues
« Kosté
maryé piké pou nou kréolité »

Sur le thème « Fyerté
ek
diversité kiltirel dan bann zil kreol », la 10ème édition du
festival
créole de Rodrigues tenait en haleine la petite population de l'île du
3 au 7
décembre dernier.
Rodrigues,
dépendance autonome de Maurice, est située à quelques 400 kilomètres à
l'Est de
sa «Métropole» en plein cœur de l'Océan Indien. 35 000 âmes vivent sur
une
superficie de 155 km2 et là le mot « culture » prend
tout son sens à
l'occasion du festival créole, rendez-vous annuel du mois de décembre.
Moment
de réjouissance, de rencontre, de débats et surtout de valorisation de
l'identité rodriguaise autour de son patrimoine musical: le
séga-tambour. Un
peuple, une musique: voilà qui pourrait être un crédo parfait pour
signaler
l'état d'esprit des Rodriguais. Reclus, engoncés dans leur minuscule
îlot de
terre, ils font la fête comme nul part ailleurs, sous l'œil vigilant de
la
police locale. Une quarantaine de groupes de sont succédés lors du
concert de
clôture, le dimanche 7 décembre. Quelques-uns seulement venaient de la
Réunion,
de Maurice ou des Seychelles, les îles sœurs à plus d'un titre
(Réunion,
Maurice, Rodrigues et Seychelles se partagent la créolité des
Mascareignes, se
relaient dans ce formidable courant de valorisation créole). Autant de
groupes
qui donnaient à voir une grande diversité musicale, mais surtout la
force et le
dynamisme du séga-tambour, différent des autres séga de la région
(Réunion,
Seychelles), en cela qu'il garde vivace la place du tambour dans la
composition
et l'interprétation des rythmes traditionnels. Quand résonne le
séga-tambour,
on sent l'Afrique toute proche, l'Afrique profonde et millénaire qui
chante et
qui transforme les visages et les corps, dans un seul et même élan. Une
musique
riche s'il en est, traitant de thème varié : la terre, Rodrigue,
l'amour, le
travail. Une musique chantée et dansée par toutes les générations, sans
aucune
exception. On pense à une musique-matière-prémière-inépuisable qui
alimente le
coeur et l'âme de chaque Rodriguais, lui donnant corps individuel et
collectif.
On aura également apprécier la «régat pirog tradisyonel», la journée
«zwé
lontan», le «manzé kreol», sans oublier «l'éleksyon miss / mr festival
kreol».

Un festival pour tous...
Ce festival est véritablement
l'affaire de tous, aussi bien dans son volet musical, artisanal,
culinaire,
qu'intellectuel. Et même si on peut déplorer l'absence d'écriture
créole, de
publications créoles on assiste toutefois à une véritable réflexion sur
les
valeurs de l'identité. L'oralité prend là un tout autre sens et la
mémoire
collective aussi. Tout est transmis de génération en génération, du
bouche à
oreille, par l'écoute et l'observation. Le regard ou l'oreille non
avertis
peuvent vite se perdre. Le support papier pour nous autre créoles de
l'écriture
est indispensable aujourd'hui à l'analyse du monde qui nous entoure.
Mais qu'à
cela ne tienne, on repart avec mille rythmes qui se chevauchent dans la
tête,
des expressions fugitives et fugaces imprégnées de manière indélébile
dans
notre souvenir, des sourires larges, des visages charmants et surtout
ce
quelque chose d'indéfinissable de déjà vu et vécu que l'on ne saurait
trop
expliquer et que l'on prend comme ça tout de go, avec un grand
contentement
dans le cœur. Rodrigues est une expérience, une rencontre, on est
habité le
temps du séjour par cette atmosphère ambiante, où le temps semble
suivre des
courbes à lui seul connues, où la vie piste des humeurs vagabondes et
apaisantes, où l'errance se joue de l'incréé pour donner aux uns et aux
autres
une dimension de la beauté irréfléchie.

O surprise: hommes
et femmes nous
ressemblent tellement, nous créoles de l'Atlantique, que l'on pourrait
s'y
méprendre (tant de regards furent croisés qui figuraient un visage
connus,
amical). Loin de l'image de la carte postale, on surprend des volontés
courbées, des forces inavouables, des stagnations périclites, des
attitudes
mortifères. On sent dans le quotidien, la difficulté de l'existence, la
stature
en lents mouvements. Mais on se tait, saisis par l'essence des choses,
saisis
par tant de beauté finalement. Et puis tout le monde se tait, alors
pourquoi ne
pas là encore suivre le pas et se laisser guider, dans ce silence qui
nous
charme tant.
Rodolf Etienne
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Rodolf Etienne

Né le 19
juillet 1970 au Lamentin, Martinique
A 32
Studiotel. Terreville
Schoelcher 97233
Célibataire
Journaliste
France-Antilles
Formation
- 1988 : Bac D
- 1989 - 1992 : Ecole
des Sous-Officiers de l’Armée de l’Air (Nîmes – Rochefort)
- 1993 – 1996 : Ecole
de musique Le CIM (Le Havre – Paris)
Expériences
professionnelles
Animation
radio
- 1996 : Radio Actif
Martinique (Chronique dans émission Sent-Lisi Matinik Ansanm)
- 1999 – 2000 : Radio
Fréquence Atlantique (Journal créole hebdomadaire)
- 1999 – 2001 : Radio
Sud-Est (Journal quotidien - Animation)
- 2001 – 2003 : ICS
(Emission hebdomadaire consacrée à la voile) «Le Mag Wave»
Presse
écrite
- 1996-1998 : Antilla
- 1999 – 2001 :
Articles parus dans plusieurs revues (L’Ilien Guadeloupe. Dom – Hebdo…)
- Depuis mars 2001 :
Correspondant de presse France-Antilles Quotidien. Pigiste:
France-Antilles Magazine - Créola – T.V Magazine - Caribbean Yachting
and Fishing.
Télévision
- 2002 – 2004 : Le
Canal Local (LCL) – Kanal Martinique Télévision (KMT) :
Réalisation – Présentation « Le Mag Wave » émission
hebdomadaire consacrée à la mer
Ouvrages
Publiés
GLISSANT,
Édouard. Les Indes - Lézenn. (Édition
bilingue français/créole), Traduction créole de Rodolf Etienne, Ed. Le
Serpent
à Plumes, 2005, Br. ISBN 226805523X. 19,90 €.
Divers
- Anglais : lu, parlé,
écrit
- Créole : lu, parlé,
écrit
- Permis B
Sur
Pyepimanla
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