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Les ennemis du développement encore à l’œuvre

robert mugabe

Robert Mugabe, President du Zimbabwe

Depuis février 2009, les deux principaux partis politiques du Zimbabwe regardaient dans la même direction au nom de l’intérêt supérieur de l’ancien grenier de l’Afrique australe. C’était sans compter sur les adeptes de l’immobilisme politique incarnés par les caciques de la Zanu-Pf (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, au pouvoir).

La crise politique au Zimbabwe s’est exacerbée en mars 2008 quand la Zanu-Pf a remis en cause sans vergogne les résultats des élections générales qui ont été organisées à cette époque dans ce pays membre de la Sadc (Communauté des Etats d’Afrique australe). Ces résultats confirmaient le désir de changement politique exprimé par les habitants de l’ex-Rodhésie du Sud en accordant la majorité de leurs suffrages à la formation politique Mdc (Mouvement pour le changement démocratique, principal parti d’opposition).

Vont alors s’engager les habituels marchandages politiques entre opposition et parti au pouvoir avec à la baguette la communauté internationale représentée par la Sadc et l’Afrique du Sud. Cette gymnastique politique enfanta au début de cette année un gouvernement d’union nationale dirigé par l’opposant historique Morgan Tsvangirai, alors que le président octogénaire, Robert Gabriel Mugabe a conservé les rênes du pouvoir. L’alchimie entre vision actualisée de la gestion des affaires publiques et lecture rétrograde du fonctionnement de l’appareil d’Etat fonctionnait cahin-caha jusqu’à la mi-octobre 2009. Quand le parti au pouvoir dans ce pays à qui le reggaeman Bob Marley a consacré une chanson a décidé de remettre sur le tapis un différend censé avoir été oublié par les deux parties. Il s’agit du placement en détention de Roy Bennett, trésorier blanc du Mdc, et son renvoi devant la justice pour terrorisme. Parce que le ridicule ne tue pas, le bras armé de la Zanu-Pf, les policiers, a effectué le 24 octobre une perquisition musclée à Harare dans les locaux du Mdc en expliquant chercher des armes !!! Du dilatoire en somme.

Le principal verrou qui empêche cet Etat indépendant depuis seulement 1980 de se remettre sur la voie de l’autosuffisance alimentaire et du développement est l’effacement définitif des corollaires de la « réforme agraire » mise en branle à pas de charge au début du troisième millénaire par Robert Gabriel Mugabe. Une réforme ô combien légitime car de nombreux Zimbabwéens noirs n’avaient pas accès à la plus grande partie des terres arables du pays qui étaient entre les mains de leurs compatriotes blancs. Mais les visions clientélistes, le sectarisme politique et l’injustice sociale entretenus par la Zanu-Pf fausseront les bases de cette « réforme agraire » en rétrocédant les terres arrachées aux Zimbabwéens blancs à leurs compatriotes incompétents en matière agricole. Un échec d’un programme politique de Mugabe qui va se révéler être le terreau de son impopularité. Aujourd’hui exsangue sur tous les plans, l’ex-Rodhésie du Sud n’a besoin que d’un seul impératif : que soient mises en place les réformes politiques indispensables au décaissement de l’aide internationale. En opérant en l’an 2000 la « réforme agraire » précitée, R. Mugabe s’est certes attiré la foudre de son ancien colonisateur, la Grande-Bretagne. Mais, le vieux leader politique n’a jamais convaincu le monde de la sincérité de son geste politique. Comme c’est un peu le cas aujourd’hui. Lui qui est pourtant le dernier combattant pour l’indépendance des Etats africains encore au pouvoir.

Le Zimbabwe aurait été bien gouverné depuis son indépendance que ses partenaires ne se seraient jamais immiscés dans ses affaires intérieures. A l’heure du décompte des désastres de la mauvaise gouvernance, les auteurs de la descente aux enfers de ce pays que sont les leaders de la Zanu-Pf devraient plutôt œuvrer à la véritable résurrection de leur Etat. Une façon pour eux de travailler à ce que leur chef, R. Mugabe, puisse revoir la nation pour laquelle il s’est battu une grande partie de sa vie sous un jour favorable. Si et seulement si la lutte pour l’accession à la souveraineté internationale du Zimbabwe a réellement été un « combat d’honneur » pour l’actuel président de l’ancien grenier du Sud du continent noir

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