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LYNNE STEWART : QUAND LA JUSTICE DERAILLE![]() le Juge John G. Koeltl a ordonné à Lynne Stewart, avocate
spécialisée dans la défense des droits civils et militante de longue date, de
se présenter immédiatement pour être incarcérée. Condamnée à 28 mois de prison
le 16 octobre 2006 pour conspiration et soutien matériel au terrorisme, Lynne
Stewart était en liberté conditionnelle. Cette femme de 70 ans a consacré sa
vie aux pauvres, aux défavorisés, à la communauté noire et à la justice. Ceux
d’entre eux qui n’avaient pas les moyens de payer les services d’un avocat
pouvaient frapper à sa porte. Aujourd’hui, Lynne Stewart lutte non seulement
pour sa liberté, mais également pour la liberté de tous les Américains.
La justice américaine s’est intéressée au cas de Lynne Stewart seulement après le 11 septembre 2009. Rappelons que sa seule faute est d’avoir contrevenu aux mesures administratives spéciales (Special Administrative Measures, SAM) du bureau américain des prisons (US Bureau of Prisons). Elle avait été obligée de signer ces mesures pour pouvoir défendre le Cheik Omar-Abdel Rahman. Les SAM sont inconstitutionnels : elles violent le Premier Amendement ainsi que le Sixième Amendement de la Constitution américaine selon lequel, tout accusé a droit à un avocat et à être jugé par un jury d’État impartial dans l’État même où le crime a été commis et seulement pour ce crime. L’Administration Clinton n’a pas considéré Lynne Stewart comme une terroriste et une traître. À l’époque, son cas a simplement été considéré comme une faute administrative. Lynne Stewart a reçu une lettre à cet effet, et n’a pas pu rendre visite à son client pendant quelque temps. Puis, elle a pu reprendre ses visites au Cheik en prison et poursuivre son travail d’avocate. Ce n’est que le 9 avril 2002 qu’elle a été arrêtée à son domicile par le FBI, quelques mois après les évènements du 11 septembre 2001 et dans un climat d’hystérie collective. Le soir de son arrestation, John Ashcroft, ministre de la Justice des États-Unis, est allé à l’émission populaire de David Letterman, Late Night Show, et a déclaré à toute l’Amérique que Lynne Stewart était une traître à la nation. Aujourd’hui, les médias décrivent Lynne
Stewart soit comme une terroriste et une traître qui mérite la pire punition,
soit comme une héroïne. Mais elle n’est ni l’un ni l’autre. C’est une femme de
70 ans avec des années d’expérience de vie en tant que mère, grand-mère,
activiste et avocate. Jeune femme blanche, elle s’est engagée et a lutté pour
la cause de ses compatriotes noirs, parce qu’elle croyait dans la justice. Des
décennies plus tard, elle a défendu le Cheik Omar-Abdel Rahman, parce qu’elle
croyait toujours dans la justice. Aujourd’hui, elle est en prison et elle
croit encore dans la justice. Même si son procès nous ramène des années en
arrière, durant la pire période qu’ont connue les États-Unis, à savoir le
McCarthism. Dans sa conférence de presse du 17
novembre, elle a dit être trop âgée pour pleurer, mais que cela faisait trop
mal pour ne pas pleurer. Elle a également mis en garde les autres avocats de la
défense : « C’est un avertissement pour les autres avocats. [Le gouvernement
leur envoie le message] Ne défendez pas vos clients avec trop de vigueur, ne
faites pas de zèle ». Je connais Lynne Stewart depuis cinq ans.
La première fois que j’ai entendu parler d’elle, c’est dans les journaux, en
2004. Ils décrivaient Lynne Stewart comme une terroriste et, avec mon mari,
nous avons décidé de la contacter pour voir ce qui s’était réellement passé et
qui elle était. Nous avons décidé de faire un documentaire sur son cas pour
découvrir ce qui est arrivé. Nous nous sommes efforcés d’être aussi neutres que
possible. Des années après, je peux affirmer que la seule erreur de Lynne
Stewart a été sa trop grande confiance. Elle croyait en la justice et le
gouvernement des États-Unis l’a trahie en :
Pour envoyer une lettre à Lynne Stewart,
écrivez : Lynne Stewart #53504-054 MCC-NY 150 Park Row New York, NY NY 10007 Vous pouvez aussi téléphoner ou écrire au
Président Obama : The White House 1600 Pennsylvania Avenue NW Washington, DC
20500 Veuillez inclure votre adresse électronique Numéros de téléphone
Commentaires : 202-456-1111 Standard : 202-456-1414
http://www.whitehouse.gov/CONTACT/ Claude Jacqueline Herdhuin
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