|
|
Levez-vous et
ne rampez plus...
Le
système à travers lequel nous évoluons actuellement (art.73) est bien
connu
pour avoir été construit sur le principe de la main tendue et plus
schématiquement présenté comme de l’assistanat. Cela fait 63 ans que ça
dure…
avec deux intermèdes relativement significatifs, la Région
administrative de
1972 et la décentralisation de 1982 de Gaston Deferre sous le premier
Gouvernement de la gauche de Pierre Mauroy.
Parmi ceux qui veulent nous maintenir dans ce système, il y a des élus
qui
passent leur temps à courir vers l’hexagone pour quémander auprès des
ministères de l’argent toujours de l’argent pour construire des
ouvrages
relevant du secteur public. Il y a aussi quelques titrés, docteur de
leur état
en tout dont on ne trouve point d’ouvrages singuliers sur la sociologie
des
pays d’outremer, sur un modèle économique des sociétés d’outremer, sur
la
psychologie des peuples d’outremer. Ce qu’ils nous disent c’est ce que
nous
savons sans que nous soyons des spécialistes.
Les arguments avancés pour se maintenir dans l’article 73 sont en tout
point
identiques à savoir : mendicité, mendicité, mendicité, quand bien même
les
formulations sont différentes. Selon eux, il y a un risque budgétaire,
toujours
dans le sens de la main tendue. On veut créer une forme
d’intercommunalité, on
court vers l’hexagone pour voir ce que l’on peut récupérer comme
subventions,
comme dotations d’élus.
Il n’y a pas de honte à regarder les travailleurs et les travailleuses
tant
intellectuels que manuels de l’hexagone créés de la richesse sur
leur
territoire et d’aller le leur piquer. Il n’y a pas de honte à bâtir un
budget
avec une majorité de fonds provenant de la sueur des autres. Ils
tentent de se
faire passer pour de grands constructeurs sur la peine, la souffrance
des
autres comme le font les parasites.
Ils n’entendent pas le Président de la République dire que le statut
quo n’est
plus possible, il faut en finir avec l’assistanat. Il n’y a pas de
honte pour
eux à entendre cela. Ils ne se rendent pas compte que ce qui se disait
tout bas
jusqu’alors, est dit officiellement aujourd'hui.
L’article 74 est celui de la responsabilité et de la liberté. Tout
étant
relatif par ailleurs. Levez-vous et ne rampez plus. Hâtez-vous de le
saisir
pour créer à votre tour de la richesse, pour montrer votre dignité et
prouver
que vous êtes capables de prendre des risques car, « qui ne risque rien
n’a
rien » et qui a peur des risques meurt dans l’ignorance. Dépêchez-vous
de
démontrer que vous n’avez pas choisi l’assistanat, on vous l’a imposé.
Faîtes
savoir que vous êtes heureux de franchir ce petit pas qui prouve que
vous êtes des
humains comme tout ceux qui sont sur le reste du globe terrestre avec
vos
forces et vos faiblesses sans que cela nuit à votre capacité
d’entreprendre
efficacement. Prouver que vous êtes des humains complètement achevés.
Si vous doutez de vous, si vous doutez de nous parce que, qui se
ressemble
s’assemble, songez qu’avec la départementalisation centralisée, il n’y
avait
qu’un lycée en Guyane (Félix Eboué) et juste les ponts du Larivot et de
Kourou
pour les besoins du spatial. Avec les lois de décentralisation, alors
que ce
n’était pas une revendication locale, nous avons assumé les compétences
qui
l’accompagnaient. Nous avons réalisé des lycées, des collèges, des
routes
(Matourienne, Entrée Sud etc.), des ponts (Mahury, Mana, Sinnamary),
des
ouvrages complexes, médiathèques etc. Aujourd’hui, nous devons passer à
une
autre étape, celle du développement économique et social. Or, les
compétences
nouvelles qu’il nous faut ne peuvent être transférées que dans
l’article 74 à
savoir, la compétence foncière, la compétence agricole et forestière,
la
compétence touristique, urbaniste, minière, environnementale pour
l’essentielle. Ce sont ces compétences qui nous font défaut dans
l’article 73
et qui nous maintiennent dans le sous développement.
Enfin, lorsqu’on choisi un système, ce n’est pas uniquement pour
l’immédiateté.
C’est parce qu’on croît en nous et que l’on croît surtout en l’avenir
et donc
par implication on croît et on fait confiance à la jeunesse du pays
car, la
jeunesse d’aujourd’hui est les adultes de demain. Cessez donc, pour
alibi,
d'adjoindre au système, les élus en place. LEVEZ-VOUS ET NE RAMPEZ PLUS.
Jean-Marie TAUBIRA
|
|