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Lycée Schœlcher :
Quelques précisions

L’actualité du lycée Schœlcher qui suscité passions,
émotions, prises de position, mais aussi interrogations et questionnement. Tous
ces débats font émerger un réel et légitime besoin d’information. Il me semble
aujourd’hui fondamental de répondre à ce légitime besoin et de porter a la
connaissance du grand public des informations qui se veulent neutres et
objectives, en laissant le soin à chacun de former son propre jugement.
Compte tenu de la sensibilité de la question Le Maire de Fort de France s’est
attaché à traiter ce dossier uniquement au regard de la réglementation. Même
s’il a eu à se prononcer sur le choix architectural, ou encore les valeurs
patrimoniales et symboliques, notamment en soutien à la demande d’aimé Césaire
dans sa demande de classement du lycée comme monument historique, adressée au
Ministre de la Culture.
L’instruction du dossier et ses positions ne sont fondées que sur le respect de
la règle.
Il ne faut y voir aucune « guerre politique » comme le dit certaine presse. Le
maire de Fort de France est le premier magistrat de la ville et à ce titre est
garant du respect de la loi sur son territoire. La loi doit être respectée par
tous les citoyens quelque soit leur titre, origine, rang social ou
professionnel. La loi est la même pour tous. Son objectif a toujours été la
recherche d’une solution partagée dans le respect des prérogatives de chacun et
de l’intérêt de la communauté de citoyens du territoire de cette ville. C’est
cet état d’esprit qui a présidé à toutes ses décisions.
En outre la ville de Fort de France a donné suite à toutes les demandes du
Conseil Régional, de mise à disposition de foncier de transit en privilégiant
un terrain de l’Etang Z’Abricot. Cette proposition est restée à ce jour sans
réponse.
Le Maire de Fort de France rappelle que depuis, le terrain est devenue la
propriété de la CACEM et qu’il soutiendra toute éventuelle demande auprès du
Président de la CACEM.
Le Lycée Schœlcher au regard de la sécurité
Le Maire de Fort de France rappelle qu’il est le premier responsable en matière
de sécurité sur son territoire, et qu’il place au premier rang de ses
préoccupations, la sécurité des usagers du lycée, des élèves, des professeurs,
de tous ceux qui y œuvrent, y travaillent, y vivent. C’est ainsi que pour des
raisons de sécurité le 7 Août 2007 il donne un avis favorable sous réserve pour
la démolition du bâtiment G du lycée Schœlcher au vu des conclusions de l’étude
du Bureau d’études techniques IB Consult.
1°) sur les dispositions à prendre pour limiter la gêne pour les riverains
2°) sur le souhait d’avoir une information préalable sur le projet de
reconstruction du lycée.
Le Lycée Schœlcher au regard de la réglementation
D’autre part, d’un point de vue strictement technique et conformément à la loi,
la Ville de Fort-de-France a établi son Plan Local d’Urbanisme (PLU). Celui-ci
édicte des règles d’urbanisme à respecter sur son territoire. Le Conseil
régional a été associé à sa rédaction et a donné des avis circonstanciés et
favorables.
En effet, au titre du PLU et afin de traduire les orientations du PADD
(Programme d’Aménagement et de Développement Durable) quant à la préservation
du patrimoine, les bâtiments du lycée Schœlcher ont été classés en éléments du
bâti à protéger en vertu de l’article L 123-3 al. 7 du code de l’urbanisme.
De plus, concernant la restauration, la rénovation, l’extension des
constructions existantes, l’article 11-U4 du PLU dispose que l’architecture, la
volumétrie, la modénature des constructions présentant un intérêt architectural
et plus particulièrement les éléments remarquables qui sont identifiés et
localisés aux documents graphiques au titre de l’article L 123-1 al. 7 du code
de l’urbanisme doivent être respectés lors de toute intervention.
Les raisons du refus du permis de construire
Considérant qu’en application de l’article L.123.1.7 du code de l’urbanisme, le
plan local d’urbanisme peut identifier et localiser les éléments de paysage et
délimiter les quartiers, îlots, immeubles, espaces publics, monuments, sites et
secteurs à protéger, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs
d’ordre culturel, historique ou écologique et définir, le cas échéant, les
prescriptions de nature à assurer leur protection ;
Considérant que le lycée Schœlcher a été identifié dans les documents du Plan
Local d’Urbanisme (P.L.U.) comme un élément de patrimoine bâti à protéger au
titre de l’article précité ;
Considérant que l’article 11-U4 du PLU stipule que l’architecture, la
volumétrie, la modénature des constructions présentant un intérêt architectural
et plus particulièrement les éléments remarquables qui sont identifiées et
localisés aux documents graphiques au titre de l’article L123.1-7 du Code de
l’Urbanisme doivent être respectés lors de toute intervention. Celles-ci
doivent notamment respecter la typologie architecturale, les matériaux
d’origine, la composition des façades (reprise des proportions, du rythme et
des éléments de modénature) les pentes et la volumétrie des toitures ;
Considérant que le projet de reconstruction du lycée Schœlcher ne respecte pas
la typologie architecturale de l’existant, notamment en ne s’inscrivant pas
dans le mouvement d’architecture moderniste ou dans sa continuité ;
Considérant que le projet de reconstruction du lycée Schœlcher ne respecte pas
la volumétrie, notamment en taille, en forme, en disposition (transformation du
rythme saccadé actuel des proportions en un ensemble plus étiré, déroulé,
continu ;
Considérant que le projet de reconstruction du lycée Schœlcher ne respecte pas
la modénature des façades existantes (profils des moulures de corniche),
notamment en masquant entièrement les façades par un dispositif de brise-soleil
qui occulte la visibilité des éléments de façade, principalement sur le
bâtiment des salles de classe et celui de l’espace civique ;
Considérant qu’en application de l’article R.111-21 du code de l’urbanisme, le
permis de construire peut être refusé ou n’être accepté que sous réserve de
l’observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur
situation, leur architecture, leurs dimensions ou l’aspect extérieur des
bâtiments ou ouvrage à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte
au caractère ou à l’intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages
naturels ou urbains ainsi qu’à la conservation des perspectives monumentales ;
Considérant que l’article L.421-6 dans son second alinéa prévoit que « le
permis de démolir peut être refusé ou n’être accordé que sous réserve de
l’observation de prescriptions spéciales si les travaux envisagés sont de
nature à compromettre la protection ou la mise en valeur du patrimoine bâti,
des quartiers, des monuments et des sites »
Considérant que le projet de démolition partielle et reconstruction ne respecte
pas les acquis patrimoniaux de l’architecture moderniste et s’oppose
définitivement à la protection et à la mise en valeur du patrimoine bâti que
constitue cet équipement.
Quelques dates importantes
2004 :
16 juin 2004 : Lettre du Président du Conseil régional au Maire de Fort-de-France
lui annonçant le projet de reconstruction du lycée et la demande de foncier
disponible pour un lycée de transit.
17 juin 2004 : réponse du Maire de Fort-de-France au Président du Conseil
régional demandant des précisions quant à la mise à disposition d’un terrain
pour la construction d’un lycée de transit.
29 juin 2004 : séance plénière du conseil régional qui se prononce
favorablement sur le principe de la reconstruction du Lycée Schœlcher.
14 septembre 2004 : lettre du Maire de Fort-de-France au Président du Conseil
régional proposant 3 possibilités de terrain (ex-Hôpital civil, Morne Coco,
Etang Z’Abricot) et demandant la mise en place d’une commission mixte
Ville-Conseil régional pour étudier les conditions de mise a disposition du
terrain.
19 Novembre 2004 : réponse du Président du Conseil régional au Maire de
Fort-de-France prenant acte de la proposition des 3 possibilités de terrain,
d’une rencontre entre les services respectifs concernés en mairie et sur site
et retenant le site de l’Etang Z’abricot comme le plus pertinent.
Décembre 2004 : lettre du Maire de Fort-de-France au Président du Conseil
régional demandant des précisions pour affiner la proposition du site de
l’Etang Z’Abricot et demandant un rendez-vous de travail sur l’offre d’établissements
scolaires et en matière d’implantation sur le territoire de la Ville. Pas de
réponse à ce jour.
2006 :
25 juillet 2006 : le Conseil municipal de la ville de Fort-de-France a arrêté
son projet de PLU conformément à l’article L. 123-9 du Code de l’Urbanisme.
6 septembre 2006 : Notification par la Ville de Fort-de-France au Conseil
régional de son projet de PLU
6 Décembre 2006 : Courrier du Conseil régional donnant son avis motivé et
favorable sur le projet de PLU de la Ville de Fort-de-France. Le conseil
régional regrette que les bâtiments et végétaux à protéger ne figurent pas de
manière précis à la cartographie du projet de PLU et demande qu’une
représentation iconographique identifie la nature et les lieux de ces éléments
du paysage à préserver.
2007 :
31 juillet 2007 : Nouveau projet de PLU arrêté par le Conseil municipal de la
ville de Fort-de-France prenant en compte l’intégration environnementale
devenue obligatoire, et qui répond aux observations du conseil régional.
14 Décembre 2007 : Nouvel Avis du Conseil régional sur le PLU de la ville de
Fort-de-France. Le conseil régional note que le document nouvellement arrêté
fait apparaître la cartographie du PLU, les éléments du bâti, du paysage ainsi
que les chemins de randonnée pédestre à protéger, à mettre en valeur ou à
requalifier(art. L123-1 du Code de l’urbanisme)
7 Août 2007 : Avis favorable sous réserve du Maire de Fort-de-France pour la
démolition du bâtiment G du lycée Schœlcher au vue des conclusions de l’étude
du Bureau d’études techniques IB Consult.
Le Maire émet cependant 2 réserves :
1°) sur les dispositions à prendre pour limiter la gêne pour les riverains
2°) sur le souhait d’avoir une information préalable sur le projet de
reconstruction du lycée.
12 septembre 2007 : Délivrance de l’autorisation du permis de démolir le
bâtiment G par le Préfet.
2008 :
24 juin 2008 : Lettre du Maire de Fort-de-France au Président du Conseil
régional demandant à nouveau la présentation du projet global concernant le
lycée Schœlcher, une concertation et une proposition alternative.
29 juillet 2008 : Début de la destruction du bâtiment G du lycée Schœlcher et
des coursives attenantes
4 septembre 2008 : Lettre du Maire de Fort-de-France au Président du Conseil
régional demandant à être associé au projet de reconstruction et aux
différentes étapes de la réalisation du projet afin de prendre en compte le PLU
de la Ville.
2009 :
28 avril 2009 : la Région dépose deux permis de construire en mairie : un
concernant les logements de fonction et l’autre le lycée.
27 mai 2009 : Décision du Conseil municipal de mettre en place un groupe de
travail et de concertation pour tenter de trouver des solutions et de respecter
le PLU de la Ville, constatant qu’au regard des éléments exposés ci-dessus , et
en particulier ceux concernant la réglementation, et qu’à ce stade de l’étude
du dossier, la délivrance du permis de construire semble compromise.
10 juin 2009 : lettre du Député Maire de Fort-de-France au Président du Conseil
régional proposant la constitution d’un groupe de travail comprenant des
représentants de la majorité municipale, de l’opposition municipale, du Conseil
régional, du Lycée Schœlcher et de l’Ordre des architectes afin d’envisager une
concertation permettant de respecter les règles en vigueur dans le PLU. Une
commission présidée par le Docteur YOYO.
10 juin 2009 : réponse du Président du Conseil régional au Député Maire de
Fort-de-France refusant de participer au groupe de travail
23 juin 2009 : réunion du groupe de travail en mairie, en présence du président
de l’ordre des architecte, du proviseur du Lycée Schœlcher.
1er septembre 2009 : notification du refus du permis
4 novembre 2009 :courrier du Maire de Fort-de-France au président de la Région
pour une nouvelle demande de concertation
26 novembre 2009 : Le Maire de Fort de France ajoute à la révision prévue du
PLU, le dossier du Lycée Schœlcher
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Jeff Lafontaine
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