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La population domienne est plus jeune mais vieillit plus vite 

 jeune antillaise
Photo Evariste Zephyrin

Une étude publiée par l'Ined décortique les caractéristiques de la population des Dom. Une population soutenue par un fort taux de fécondité et donc plus jeune mais qui vieillit également plus rapidement qu'en métropole.

L'Institut national d'études démographiques (Ined) publie son dernier bulletin mensuel repris par le site internet LePoint.fr. Premier constat : La population des quatre départements d'outre-mer est plus jeune que celle de la métropole. En 2006, 35% des habitants de La Réunion avaient moins de 20 ans, la proportion est de 31% en Guadeloupe, 29% en Martinique et 45% en Guyane, contre 25% en métropole.

Les retraités victimes de la précarité des actifs ?

Mais, si elle est plus jeune, la population domienne vieillit également plus vite, principalement en raison de l'augmentation du niveau de vie, de la baisse des naissances et de l'émigration des jeunes actifs. Ainsi, d'ici à 2030, la part des plus de 60 ans dans la population devrait doubler dans les trois Dom insulaires. Selon les projections moyennes de l'INSEE, elle devrait passer de 11% à 24% à La Réunion (17% à 34% en Martinique et 15% à 31% en Guadeloupe). Des chiffres auxquels il convient d'ajouter le fait que le rapport entre le nombre de personnes âgées et celui des actifs de 20 à 59 ans pourrait tripler entre 1990 et 2030.

L'Ined profite de cette étude pour tirer la sonnette d'alarme. Selon l'institut, "le chômage et la précarité de nombreux actifs font craindre des conditions difficiles pour les futurs retraités, qui risquent de ne pas pouvoir bénéficier autant qu'aujourd'hui de la solidarité familiale".

Une fécondité particulièrement précoce

La démographie des Dom (1.786.384 habitants au 1er janvier 2006) n'est pas égale selon les département. On note ainsi une croissance de la population beaucoup plus rapide en Guyane et, à un degré moindre, à La Réunion (4% et 1,7% par an respectivement au cours de la période 1999-2006, contre 0,5% en Guadeloupe et 0,6% en Martinique, 0,7% en métropole). La Guyane détient également la palme en terme de taux de fécondité avec 3,5 enfants par femme en 2006. Un taux ramené à 2,4 enfants à La Réunion, 2,3 en Guadeloupe et 2,0 en Martinique (2,0 en métropole).

Si la fécondité est relativement forte, elle se caractérise avant tout par sa précocité. Ainsi, une naissance sur six chez des mères de moins de 20 ans est enregistrée dans les Dom, alors que ceux-ci ne représentent, tous âges confondus, qu'une naissance sur 25. Une statistique plus ou moins intimement lié au fait qu'en 2006, un ménage domien sur cinq était monoparental contre moins d'un ménage sur dix dans les autres régions françaises.

Les migrations équilibrées

Dans son bulletin, l'Ined assure également qu'aux Antilles comme à La Réunion, les migrations entre les entrées et les sorties se sont équilibrées au cours des dernières décennies mais qu'elles ont malgré tout exercé une influence sur la structure de la population. Ainsi, le départ des jeunes adultes a été contrebalancé par l'arrivée de nouveaux immigrants et le retour de "natifs d'âge mur" ou de retraités.

Enfin, l'espérance de vie à la naissance rattrape celle de la métropole: il n y a quasiment plus d'écart en Martinique et Guadeloupe, tandis qu'il se réduit sans cesse avec la Guyane et La Réunion.

 
Benjamin Postaire

Source

28 Octobre 2009






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