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JOURNAL D’UNE BATAILLE POUR LA RESPONSABILITE.

Dans
le débat politique actuel sur l’évolution statutaire, l’un des paradoxes les
plus invraisemblables est sans doute l’attitude de la caste békée.
Celle-ci se pose en effet en défenseur plutôt inattendu des acquis sociaux.
Voilà donc les profiteurs « mofwazé » en pères-noël des travailleurs.
On peut d’ailleurs s’étonner que certains de ceux qui chantaient dans les rues,
en février-mars, « Matinik sé ta nou, Matinik sé pa ta yo », se retrouvent
aujourd’hui dans la même posture idéologique et politique que les « yo »… Nous
n’en sommes donc pas à une étrangeté près…
Mais la mémoire doit venir au secours de l’avenir. Les Martiniquais doivent se
souvenir que la caste békée s’est toujours opposée à tout progrès social dans
notre pays. Les revendications du peuple martiniquais pour l’augmentation des
salaires, l’amélioration des conditions de travail, le respect de la
législation ont toujours été traitées par la matraque, le fusil et le mépris,
sous l’impulsion des maîtres en « pwofitasyon ».
Mars 1948 : Lors de la grève des coupeurs de canne du Carbet, trois grévistes
sont assassinés (Henry et André JACQUES, Mathurin DALIN).
Mars 1951 : Gendarmes et CRS tirent sur des travailleurs manifestant à Ducos.
Mars 1959 : Les gendarmes tirent sur les ouvriers agricoles.
Février 1960 : Gardes mobiles et automitrailleuses sont envoyés contre des
manifestants à Sainte-Marie.
23 mars 1961 : Au Lamentin les gendarmes tirent sur des ouvriers en grève : 25
blessés et 3 morts
Janvier-février
1974 : Les gardes mobiles tirent sur les ouvriers agricoles à Chalvet : 1 mort
(Hilmany). Le corps du jeune Marie-Louise est retrouvé à l’embouchure de la
rivière La Capote (il avait été d’abord torturé).
6
mars 2009 : Pour casser le mouvement populaire qui avait rassemblé des dizaines
de milliers de Martiniquais, les békés organisent une provocation qui aurait pu
tourner au bain de sang.
C’est
aussi cette histoire qu’il convient que les Martiniquais aient en tête dans le
débat actuel… Non pas pour alimenter haine et rancune, mais pour nourrir
lucidité, courage et conscience de nos intérêts de peuple.
Francis Carole
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