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L’évolution institutionnelle
Nos élus ont-ils peur des femmes ?

Son Schéma Martiniquais de Développement
Economique
? Une énumération d’actions pour la mise en œuvre desquelles la Région
n’a pas
le personnel nécessaire. Autant dire que nous ne devons rien en
attendre.
Cependant,
pour donner le sentiment que les élus s’occupent des questions
essentielles, il
faut trouver un leurre. L’occasion de réveiller une vieille rengaine :
les élus
ne font rien d’important parce qu’ils ne disposent pas de pouvoirs
suffisants.
Nous voilà repartis pour un débat sur l’évolution institutionnelle !
Depuis la
loi d’orientation de l’an 2000 c’est au Congrès des élus départementaux
et régionaux
de proposer une évolution. Parmi les conseillers régionaux et généraux,
seuls
les deux Présidents détiennent un pouvoir exécutif. Les autres n’ont
aucune
responsabilité personnelle devant leurs électeurs. Les maires, élus les
plus
proches de la population, exécutifs responsables de tout dans leur
commune,
sont exclus du Congrès ! Pourquoi ? Les parlementaires y siègent sur un
strapontin !
Singulière
construction juridique qui exclut les législateurs et les détenteurs du
pouvoir
exécutif et qui doit néanmoins définir un projet d’évolution
institutionnelle !
Longue, la
procédure
Le projet, à
condition d’être approuvé par l’assemblée régionale et l’assemblée
départementale consultées séparément, est destiné à être transmis au
Premier
Ministre. Si telle est sa volonté, ce dernier le transmet au Président
de la
République qui décide seul de la suite à donner à la proposition du
Congrès. En
cas de suite positive, la population de la Région concernée sera
consultée
après accord du Parlement. Dans le cas contraire, fin de la procédure,
le
projet est rejeté.
Le 18
Décembre dernier, le Congrès s’est réuni. Objectif : choisir entre les
articles
73 et 74 de la Constitution celui qui convient le mieux à notre
situation. La
séance a donné lieu à de nombreux échanges savants. Mais à quoi sert ce
débat
s’il n’est éclairé par aucune simulation chiffrée ?
Le Congrès
avait préféré l’article 73 en 2003 il privilégie le 74 en 2008.
Pourquoi ? La
question des ressources n’est pas évoquée. Or, l’île de Saint Martin,
devenue
collectivité territoriale soumise à l’article 74, se trouve déjà
confrontée à
cette difficulté : elle n’a plus droit à l’octroi de mer. Quelle
ressource va
s’y substituer ?
Rappelons
que le Président de la République a engagé une réflexion sur le rôle du
département. Elle pourrait aboutir à la suppression de cette
collectivité ou à
sa fusion avec la Région. La Martinique sera évidemment concernée. En
cas de
suppression du département, nous aurions automatiquement une assemblée
unique
qui serait le Conseil Régional, peut-être rebaptisé autrement.
Difficile,
la parité
Rappelons
également que la consultation du 7 Décembre 2003 a donné la majorité au
« non »
par la volonté de certains maires, conseillers généraux qui avaient
pourtant
voté « oui » au Congrès ! La raison en était très simple et se résume
en un mot
: parité.
Pour
l’élection, le mode de scrutin est la proportionnelle. De plus, les
listes
doivent obligatoirement alterner un homme, une femme.
Actuellement,
il y a en Martinique 41 conseillers régionaux dont 20 femmes et 45
conseillers
généraux dont 6 femmes. Au total, 60 hommes. Si l’assemblée unique
comporte 65
sièges, chiffre déjà élevé (Sainte Lucie a 17 députés pour ses 172.884
habitants !), il faudrait trente deux hommes et autant de femmes hormis
la tête
de liste. Conclusion : 28 hommes élus actuels devraient renoncer à un
nouveau
mandat ! Par ailleurs, la plupart des maires voulant également être
conseiller
dans l’assemblée unique, d’autres élus actuels devraient céder leur
place.
Autre aspect des choses, il faut être placé en position éligible sur la
liste.
Si quinze maires sont candidats sur une même liste, le quinzième se
retrouve au
mieux en trentième position, du fait de la parité ! Comme il paraît
difficile
de transformer le Conseil de la collectivité en une association de
maires, il
faudrait inclure aux places éligibles d’autres candidats que des
maires.
C’est à
cause de ce raisonnement que beaucoup ont renoncé à faire campagne
effective
pour le « oui » en 2003. Ce cas de figure risque fort de se représenter
cette
année.
Guy Lordinot
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