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L’INCONTOURNABLE PREALABLE DE LA NEGOCIATION
On ne peut nier par ailleurs que la situation actuelle
nécessite un temps d’évaluation, d’expertise, voire de contractualisation, pour
ouvrir des perspectives réelles de développement, fondées sur la responsabilité
la plus large localement. Une responsabilité servant de dynamique à un projet
d’épanouissement dont le socle serait autant l’égalité des droits que le droit
à l’initiative et à la différence. Une saine mise en application de ces nombreuses mesures du
conseil interministériel (plus d’une centaine) ne peut donc s’imaginer que dans
un processus de responsabilisation qui leur confère une âme. Processus dont
l’amorce devra être une transition capable d’assurer des bases solides à notre
autonomisation. Autrement, les « avaler » telles quelles serait l’aveu d’une
faillite des collectivités en place, prises en flagrant de délit d’incurie (Saint
Pierre, le tourisme, la jeunesse, l’énergie, la formation, l’habitat, le
logement, la production locale… sont autant de compétences mal assumées
localement, conduisant aujourd’hui à des menaces de recentralisation, à peine
voilées). Ce temps de transition, de négociation préalable à
l’indispensable changement de régime politique, est aussi nécessaire pour
établir de nouvelles règles de gouvernance, d’organisation, d’identification
des moyens, pour que les institutions locales soient des forces de conceptions
et de propositions, et non de bonnes exécutantes déresponsabilisées. Peut-on imaginer un seul instant que d’ici le 17 janvier
2010 cette négociation soit possible ? Peut-on faire croire que toutes ces mesures, non négociées
au préalable avec les collectivités, ni véritablement pensées par elles,
peuvent constituer une base de négociation dans le cadre de l’art. 74 dont
l’actuelle rédaction nie par principe l’égalité des droits ?Il faut avoir le
courage de mener la bataille, de ne pas abdiquer, et, avec détermination, de
faire admettre dans la Constitution Française, ces deux grands principes,
reconnus au plus haut niveau de l’Etat : d’une part, « que nos pays
participent du rayonnement de la France dans le monde » ; et, d’autre part,
que « l’unité n’est pas l’uniformité au sein de la République ». Alors,
il faut aller jusqu’au bout de ce raisonnement, et que la responsabilité par
l’autonomie ne se construise pas au détriment de l’égalité des droits, donc
dans une précarisation rampante. Après ce conseil interministériel, cette période de
transition que nous réclamons est plus que jamais à nos yeux, indispensable. Ce
sera le temps de la raison retrouvée, pour que les règles et moyens des
différents acteurs institutionnels se construisent dans l’harmonie et la
cohérence. La responsabilité ne se quémande pas, elle se conquiert ! L’Autonomie ne s’improvise pas, elle se construit ! L’émancipation d’un peuple n’est pas un acte de
bienfaisance, ni une manoeuvre politicienne. Et ce n’est pas un acquittement «
bon pour solde de tous comptes ». C’est l’auto-institution d’un peuple dans
ses règles, dans ses institutions, dans ses significations, et dans ses droits
légitimes et permanents. Un peuple conscient tout à la fois des avantages et
des limites de ses choix. Un long chemin reste à parcourir, gardons le cap,
continuons le combat Serge Letchimy |
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