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Dany Laferrière remporte le prix Médicis 2009
Je
me souviens encore de ces instants où, dans son appartement, à Montréal, Dany
me lisait quelques passages de L’Enigme du retour (Ed.Grasset, en France, et
Ed. Boréal au Québec). Je ne pouvais plus l’arrêter. Il considérait presque ce
livre comme celui qui était né de la somme des précédents. Il l’écrivait par
bribes, sur des bouts de papier, à la main. Je
lai surpris ainsi à Port-au-Prince, à Saint-Malo, dans un café à Paris. Une
frénésie que je comprenais bien, car il ouvrait des pages jaunies de sa
jeunesse. On
ne sort jamais “indemne” lorsqu’on entre dans le vestiaire de son enfance. La
forme tentaculaire et éclatée du livre est à la mesure de cet objet littéraire
non identifié. A Montréal le livre est dans les dix meilleures ventes. La
France devrait normalement suivre dans les jours à venir. Au
début du mois de septembre, dans une chronique publiée dans les colonnes du
Figaro Littéraire, j’expliquais combien ce livre était une grande entreprise
littéraire : Retour
d'exil En
pensant aux distinctions littéraires à venir je me disais : « Bouder un roman
aussi fort, aussi dense, aussi original et au-dessus de la production
littéraire de cette rentrée 2009 serait une des plus graves infractions
commises contre la littérature ». L’infraction na pas été commise. La crainte
était alors qu’on interprétât mon admiration très ouverte comme « une
solidarité amicale » - Laferrière étant mon ami le plus proche. Pourquoi
nourrir des scrupules devant un texte exceptionnel, de surcroît écrit par un
ami ? Alors,
à Dany qui lit ces lignes je dis : « Ne bouge pas de Paris, je prends l’avion
ce soir pour fêter cet événement dans notre coin habituel le champagne est
garanti ! » Photo ( avec Laferrière dans le TGV, en 2007) Alain Mabanckou
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