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Assignation à ethni-cité ou à intégration à vie ?![]() Assignation à ethni-cité ou à intégration à vie ? Un florilège de mots et des maux entre le français
« local » et le français visiblement « venu d'ailleurs ». par Romuald Dzomo Nkongo En France l'assimilation est la règle en matière
d'intégration. Pourtant un lexique particulier repris par la communication
publique et politique communautarise et rythme notre quotidien : issu de
l'immigration, parachutage ethnique, vote ethnique, habits ethniques, marché ou
marketing ethnique, diversité et j'en passe. Nous n'avons pas
fini d'entendre ces mots qui peuvent justifier certains maux de
notre République. Je comprends qu'il soit difficile de pouvoir
identifier et désigner cet autre venu d'ailleurs sans trop de casse. Mais
reconnaissons qu'il y a cette intégration nécessaire, voulue ou
fantasmée compliquée, et tout simplement cette difficile
acceptation par certains de nos concitoyens que l'on peut être
noir, maghrébin et tout simplement français. Un peu comme cette Turquie
qui sera toujours un partenaire privilégié sans devenir Européenne. Ceux qui l’ont compris, autochtones et allochtones surfent à
géométrie variable sur la complexité de cette France de plus en plus métissée
qui fait peur. Faire le choix d’une forme de mépris de son socle
culturel pour être bien vu devient un exercice "non dit" très
pratiqué selon les contextes alors même que pour votre vis à vis, votre culture
peut être tout simplement un exotisme. Une amie habituée du continent africain
ne me disait-elle pas de retour du Cameroun qu'elle n'aimait plus Yaoundé
la capitale!!! La ville était devenue très propre à son goût. Le délégué du
gouvernement de la communauté urbaine y a en effet effectué d'importants
travaux de voirie urbaine, rendant la capitale plus agréable. Les médias pour faire corps avec cet esprit, recensent quotidiennement
Cet Afrique qui se lève tard, et contribuent à la hiérarchisation des acquis
éducatifs de base qui forgent les cultures. Le fameux : « chez
vous » opposé au « chez NOUS » trouve tout son sens. Il y a
aussi le « CES GENS LA ». Que de fois l'ai-je entendu. Dis
moi où tu es né je te dirais quelles sont les valeurs de ton pays d’origine.
"Ici tu es en France" est aussi la fâcheuse conclusion pour te
renvoyer à une pratique culturelle mal vue. L'excision, la polygamie par
exemple deviennent les références de ce rejet, comme si on pouvait résumer
le continent à ces vilenies. Ce fameux « Issu (e)s de….. » une autre chape de plomb, un déterminisme populaire, institutionnel et élitiste qui vous assigne à intégration à vie. Eric Zemmour et Eric Naulleau deux chroniqueurs cathodiques sont payés par le contribuable français pour le fixer hebdomadairement dans les esprits. Il y a "la France" et "les France". L'intégration ici est un mot d’ordre tacite, un rappel à l’ordre. Il ne s'agit pas d'un moyen, mais bien d'une fin; Le fameux « plafond de verre » étant la suite logique. [ rapport_Insee_discriminartions_emploi_immigres_africains_1_.pdf] Les nombreux amalgames bien huilés organisés par les politiques
faisant partie du jeu des acteurs. A chaque jour pour
"l’immigré"…. suffit son intégration et son lot d'humiliation. Sinon,
comment expliquer les commentaires douteux d’une cadre de l’UMP…sur l’éventuel
parachutage de RAMA YADE dans le VAL d’OISE. "Elle serait de la couleur
locale". Que dire de la « blague » du ministre de l’intérieur
BRICE HORTEFEUX : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va.
C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes » N’oublions pas le
commentaire de MANUEL VALLS cadre du PS sur « les blacks et les
whites ». Tous le savent, l’intégration est un prétexte qui peut
à l'occasion servir de fonds de commerce électoral. Il faut la manier
avec précaution. Dès lors qu'on est un tout petit averti, on sait que les dés
sont pipés. A l’approche de chaque élection, on réveille à coups de déclaration
la bête immonde et l'ennemi est tout trouvé. L’enfer c’est l’immigré. Le mot intégration est donc galvaudé,
instrumentalisé. La question: accepteront-on jamais que l’on puisse
être noir, maghrébin, venu d’Algérie, du Sénégal, du CONGO, du Cameroun et être
tout simplement français ? le temps du « sois français et tais
toi » et révolu, n'en déplaise à Eric Zemmour. Nous avançons, c'est sûr,
mais ouvrons les portes grandes pour que le débat sur l'identité nationale
prenne en compte cette évolution de la France. Nous sommes prêts. |
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