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Le racisme encore bien présent en Suisse

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Un rapport de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) du Conseil de l'Europe a dénoncé lundi le discours xénophobe de l'Union démocratique du centre (UDC), tout en soulignant les progrès accomplis en la matière par la Confédération.

La Suisse fait l'objet d'une analyse individuelle à l'instar de tous les pays membres du Conseil de l'Europe tous les cinq ans. L'ECRI souligne des discriminations dans l'accès au logement, aux biens et services, et entre autres à l'assurance automobile, ainsi que par exemple la naturalisation par voie démocratique.

Sur ce dernier point, la Commission du Conseil de l'Europe salue toutefois le fait que la loi fédérale entrée en vigueur en janvier prévoie que tout refus de naturalisation doit être justifiée et susceptible de recours. Plusieurs évolutions depuis 2004 sont tout de même listées, marquant des progrès de la Suisse en la matière.

Avec par exemple la nouvelle loi sur les étrangers, entrée en vigueur en 2008, les autorités créent des conditions propices à l'intégration, se félicite l'ECRI. Le droit de vote des étrangers à certains échelons et dans certaines régions est plébiscité par l'ECRI. Mais la Suisse peut faire mieux, à lire les recommandations de la Commission.

L'UDC montrée du doigt

C'est bel et bien à Christoph Blocher que l'organe issu du Conseil de l'Europe fait allusion en regrettant que la norme pénale antiraciste ait été publiquement remise en cause. En octobre 2006, alors conseiller fédéral en charge de la justice et de la police, le Zurichois avait provoqué un tollé sur ce thème. En visite à Istanbul, M. Blocher avait déclaré que cette norme lui faisait mal au ventre.

La commission européenne contre le racisme et l'intolérance s'inquiète plus généralement du durcissement du discours politique. L'UDC est clairement pointée du doigt: l'ECRI déplore dans le ton du parti «une tournure raciste et xénophobe» qui se traduit par «des généralisations racistes concernant les non-ressortissants, les musulmans et d'autre groupes minoritaires», précise le rapport.

Renforcer l'intégration et les droits

Les gens du voyage font aussi l'objet de discrimination, souligne la Commission. Les structures éducatives ne prennent pas assez en compte l'intégration linguistique des enfants d'immigrés, exprime en substance le rapport de l'ECRI. Et d'ajouter que les médias reproduisent des préjugés en mentionnant l'origine ethnique des criminels suspectés ou avérés. La communauté noire est également la cible de comportements racistes, ajoute le rapport.

Enfin, l'ECRI recommande à la Suisse et entre autres suite au durcissement législatif en matière d'asile, de ratifier plusieurs instruments juridiques internationaux dont le Protocole 12 à la Convention européenne des droits de l'homme qui prévoit une interdiction générale de la discrimination. Cette convention demande à ce que le droit pénal soit notamment complété en insérant des aggravations de peines pour les infractions revêtant un caractère raciste. La commission recommande aussi à la Suisse de renforcer ses organes de lutte contre le racisme, et de mieux sensibiliser par exemple les policiers, pour lutter contre la discrimination dans leurs activités.

source

15.09.2009




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