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Les Antilles morosesLes
Antilles sont en crise, mais intéressons-nous à la Martinique dont
l’économie est en pleine récession,
d’autres disent en dépression, prosaïquement disons que c’est une
catastrophe. Dans notre économie insulaire, créant peu de valeur ajoutée, l’économie du secteur privé fondée sur la micro entreprise et le tourisme est fortement déprimée, pour l’hôtellerie c’est un recul des recettes de plus de 14 %, certains ne sont plus en mesure de payer leurs salariés et faire face à leurs charges, des hôtels ferment et le tribunal de commerce prononce chaque semaine des liquidations à un rythme jusque là inconnu. Une projection montre que dans quelques mois, il y aura en Martinique plus de 50 000 chômeurs, sur une population totale de 380 000 habitants, je ne parle de population active, mais totale, parmi ceux ayant la chance d’avoir un emploi, plus de 20 % peuvent être considérés comme des travailleurs pauvres. L’ensemble
du tissu économique martiniquais est touché, une situation qui
s’aggravera dans
les mois à venir tant l’horizon est bouché. On impute ce recul et cette crise à la grève du 5 février 2009. Nous ne partageons pas cet avis, car la grève n’a été qu’un révélateur non le déclencheur.
On
pourrait faire une analyse et pointer les causes, mettre en exergue les
facteurs tant structurels et
conjoncturels responsables de cette situation, mais ce n’est pas
l’objet de cet
exercice qui ne vise qu’à tracer un profil économique de nos îles, une
situation économique ayant des répercussions sur la sociologie des
habitants,
car influant sur leur comportement
voire leur relation à l’autre. Donc,
dans une telle configuration économique la population martiniquaise est
morose,
elle ne va pas bien du tout, d’autant que ces dernières années elle a
eu à
connaître des traumatismes (crash aérien
du MD 80 en 2005, cyclone Dean, tremblement de terre), aujourd’hui l’instrumentalisation de la
grippe H1N1 et le scandale de la
population des sols et des eaux au chlordécone, des causes
ou des cas de force majeure sur lesquels les
populations ne peuvent agir, mais sont lourdes de conséquence sur le
secteur
économique, notamment d’une île vivant du tourisme et de la banane. La grève avait suscité un espoir, mais aucune amélioration n’est venue, c’est le contraire qui s’est produit, les prix ont continué d’augmenter de manière disproportionnée et la population à modifier sa manière de consommer, d’autant qu’il n’y a aucun contrôle sur les prix, on se demande à quoi servent les organismes préposés à le faire. A ces hausses, s’ajoute celle de la pression fiscale, les impôts locaux ont explosé, la taxe d’habitation bat des records dans la commune du Gros-Morne ou une dame dans le France-Antilles (du 12/011/09/ fait état : « Je trouve une telle augmentation inadmissible! L'année dernière j'ai payé 220 euros, aujourd'hui ma taxe d'habitation s'élève à 426 euros. C'est pratiquement le double! » C’est l’ensemble de l’île qui connaît cette inflation de l’impôt, à un moment où les élus demandent plus de pouvoir, ces hausses sont mal-venues et à moyen terme entraîneront des émeutes. Donnons
la parole à une
Martiniquaise :
- Nous étions dans une
société de surconsommation à outrance, nous souffrions du syndrome du
« malkadi », mais depuis les grèves les boites aux lettres se
sont un
peu vidées des prospectus publicitaires et les gens ont perdu
l’habitude de
leur chariot, ils achètent différemment, mais lors des soldes, ils se
sont
tempérés, il y a la crise et le manque d’argent. Les politiques ont repris
la main, ils s’imposent dans le débat de l’évolution statutaire[1],
les meetings organisés par les tenant du 74 connaissent un grand
succès,
contrairement à ceux des partisans du 73 où on peut compter les
présents. Ils ne sont pas foules
lors des réunions, cela ne signifie pas
que les gens soient disposés à cette évolution institutionnelle. Il fait chaud, on ne
descend pas au-dessus de 32 °, un hivernage avec aussi peu d’eau est
quelque
chose d’historique, nous connaissons un déficit de pluie, les réserves
sont
basses, quant à l’air, cela fait deux semaines que nous avons des
brumes de
sable. Du côté des Trois-îlets la poussière de sable saharien rend tout
brumeux, le ciel est nuagé de gris. Quant
à la Guadeloupe
Il pleut
partout, les
moustiques en pleine recrudescence, sont d’une rare virulence, même le
soir au
Moule à Damencourt ils sont agressifs, vous chassant de la promenade,
ils nous ont envahi, ils nous font
violence. Evariste
Zephyrin
Texte et photos [1]
Les
électeurs martiniquais et guyanais seront
consultés sur l’évolution institutionnelle de leurs territoires, le 10
janvier
prochain, ainsi en a décidé le gouvernement au Conseil des ministres de
ce
mardi. La question posée le 10 portera sur l’institution d’une
collectivité
régie par l’article 74 de la Constitution, disposant d’un statut
particulier
tenant compte de ses intérêts propres au sein de la République. En cas
de
réponse positive, un projet de loi organique, fixant l’organisation de
la
nouvelle collectivité et définissant notamment les conditions
d’application des
lois et règlements, sera présenté au Parlement. En cas de réponse
négative, les
électeurs seront consultés le 24 janvier prochain sur la création d’une
collectivité qui exercerait les compétences dévolues au département et
à la
région tout en demeurant régie par l’article 73 de la Constitution. Source
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