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Les archevêques de Dublin accusés d’avoir étouffé le scandale des abus
sexuels
Un rapport rendu public jeudi 26 novembre dénonce la
volonté des archevêques successifs de Dublin « d’éviter le scandale » pendant
30 ans
L’archevêque
de Dublin, Mgr Diarmuid Martin, tient le rapport du ministère irlandais de la
justice, rendu public jeudi 26 novembre (photo Morrison/AP).
Les archevêques de Dublin ont été coupables de couvrir et d’étouffer des
affaires de pédophilie pendant plus de 30 ans. Terrible, la conclusion d’un rapport publié jeudi 26 novembre en Irlande
est sans appel sur la responsabilité de la hiérarchie catholique face aux abus
d’enfants. Jusqu’en 2003, celle-ci n’a pas mis en place les mesures nécessaires
pour faire face au scandale. C’est désormais le cas, et les autorités
reconnaissent que l’archevêque actuel de Dublin, Mgr Diarmuid Martin a joué le
jeu de la transparence, facilitant l’établissement des faits.
Six mois après le rapport « Ryan », qui énumérait la longue liste des abus
physiques et sexuels d’enfants dans les établissements scolaires catholiques en
Irlande, ce nouveau rapport ne cherche pas à détailler les abus, mais à établir
la responsabilité de la hiérarchie catholique.
Le silence de la hiérarchie
Couvrant 30 années, à partir de 1975, et
consacré uniquement au diocèse de Dublin, le rapport se penche sur le cas de 46
prêtres accusés de pédophilie sur 320 enfants. Quatorze des prêtres sont
décédés, les autres encore en vie. « La préoccupation de l’archevêché de Dublin
(…) au moins jusqu’au milieu des années 1990 était le maintien du secret,
éviter le scandale, la protection de la réputation de l’Église, et la
préservation de ses biens. Toutes les autres considérations, y compris le
bien-être des enfants et la justice pour les victimes, étaient subordonnées à
ces priorités. »
Le rapport rejette également la défense de la hiérarchie catholique, qui plaide
son ignorance, au moins jusqu’au milieu des années 1990 quand plusieurs cas
sont devenus publics. Ainsi, il note qu’en 1987, « les évêques Kevin McNamara,
Dermot Ryan and John Charles McQuaid avaient, au total, des informations
concernant des plaintes contre au moins 17 prêtres ».
« J'offre à chacun des survivants mes excuses, mon chagrin et ma honte pour ce
qui s'est passé », a déclaré l'actuel archevêque de Dublin, Mgr Diarmuid Martin.
Le rapport accuse aussi l’Église d’avoir été très longue à réagir, même quand
le scandale est devenu public. « Sa décision de mettre en place des services
d’aide aux plaignants n’a pas été entièrement effective jusqu’en (…) 2003. » Il
souligne cependant que l’Église s’est désormais améliorée : « Toutes les
plaintes d’abus sexuels (…) sont désormais passées au Gardai (police, Ndlr). »
Plusieurs prêtres actuellement jugés
La police n’échappe pas à la critique. Le
rapport souligne qu’elle a souvent refusé d’enquêter sur des plaintes
concernant les religieux. « Il y avait une culture de déférence envers l’Église
», reconnaît l’actuel ministre de la justice. Dans la foulée de la publication
du rapport, le gouvernement irlandais a d'ailleurs présenté officiellement des
excuses pour cette attitude.
Le rapport, débuté en 2006, est terminé depuis de nombreux mois mais sa
publication avait été retardée parce que plusieurs prêtres mentionnés sont
actuellement jugés. La Haute cour de justice a donc exigé un délai pour la
publication, et certains passages du rapport ont été noircis, afin de ne pas
influer sur les procès en cours.
Les conclusions de cette enquête arrivent six mois seulement après un autre rapport qui avait horrifié l’Irlande en mai en
révélant des décennies d’abus sexuels, parfois « endémiques », à partir des
années 1930 dans les institutions pour enfants dirigées par l’Église
catholique. L’archevêque de Dublin a exprimé jeudi ses « excuses », son «
chagrin » et sa « honte ».
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