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Cannabis,
cocaïne, ecstasy… les Français ignorent la loi
Guillaume Rameaux Près de la moitié des Français de plus de 15 ans pensent
que consommer de la drogue chez soi n’est pas interdit par la loi.
Consommer de la drogue est interdit. Le message
peut sembler évident, mais il ne l’est visiblement pas pour une grande partie
de la population. D’après un sondage de l’institut BVA, 49 % des personnes
interrogées pensent que consommer du cannabis à leur domicile n’est pas
interdit par la loi. Elles sont également 32 % à penser que la loi n’interdit
pas non plus la prise d’héroïne, de cocaïne et d’ecstasy chez soi. C’est donc
un rappel à la loi généralisé qu’ont lancé hier la ministre de la Justice Michèle
Alliot-Marie et Etienne Apaire, président de la Mission
interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT). La
campagne, intitulée « La drogue, si c’est illégal, ce n’est pas par hasard »,
débutera le 24 novembre sous la forme de trois spots diffusés sur toutes les
chaînes de télévision. « Beaucoup se demandent si dans notre pays la loi
s’applique, et si elle sert », remarque Etienne Apaire. « L’objet de cette
campagne est de clarifier le discours », indique-t-il. Un jeune marié prenant
le volant au côté de son épouse après avoir fumé un joint, une baby-sitter
tenant un bébé dans ses bras après avoir pris de la cocaïne ou bien des jeunes
gens consommant de l’ecstasy lors d’une fête s’achevant sur un toit, au bord du
vide, la diversité des situations « permet à chacun de se sentir concerné »,
explique la MILDT. Des textes
difficilement applicables
Les dernières
études montrent qu’une baisse de la consommation de cannabis s’amorce chez les
jeunes, mais selon le ministère on dénombre encore 1,2 million d’usagers
réguliers de cette drogue, et 250.000 consommateurs réguliers de cocaïne
et d’ecstasy. La campagne
renvoie donc les consommateurs aux textes de loi. « Le simple fait d’en
consommer vous fait risquer une amende, un stage payant jusqu’à 450 euros à vos
frais, voire une peine de prison », peut-on lire sur les annonces qui seront
diffusées dans la presse à compter du 26 décembre. « Il faut savoir allier la
prévention, la répression et le soin », a souligné Michèle Alliot-Marie. On peut
néanmoins s’interroger sur l’application de ces dispositions, particulièrement
dans le cas d’une consommation à domicile, étant donné les démarches
nécessaires aux forces de l’ordre pour entrer chez le contrevenant. Dans le cas
d’une enquête préliminaire, le consentement du propriétaire des lieux est en
effet nécessaire pour passer la porte d’entrée, alors qu’une enquête de
flagrance oblige les forces de l’ordre à intervenir entre 6 et 21 heures. Des
procédures généralement réservées à des cas plus graves que la simple
consommation personnelle. L’alcool
également visé
« Si ce soir tu
sors picoler, oublie-moi (rapport à ton haleine). » Le SMS est signé « ton
portable » et figurera parmi les messages qui seront envoyés par la MILDT, le
27 novembre, à 30.000 jeunes gens de moins de 18 ans. Un deuxième SMS,
reprenant le slogan de la campagne, leur parviendra quelques minutes plus tard,
pour les alerter des dangers de l’alcool. La MILDT met aussi à la disposition
de la grande distribution, des hôteliers, des restaurateurs et des
discothèques, des affichettes rappelant l’interdiction de la vente d’alcool aux
mineurs prévue dans la loi de juillet 2009.
21/11/09
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