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Nouvelles données encourageantes sur le vaccin anti-VIH
par Maggie Fox WASHINGTON
(Reuters) - Les résultats détaillés d'un test effectué en Thaïlande et ayant
suggéré pour la première fois l'efficacité d'un vaccin anti-VIH confirment que
cette stratégie réduit le risque d'infection par le virus. Une
première analyse des données de cette étude conduite auprès de 16.000
volontaires thaïlandais, dévoilée le 24 septembre, avait mis en évidence une
réduction de 31,2% du risque de contamination par le VIH. Les
résultats complets de cet essai devaient être présentées mardi dans le cadre de
la conférence Aids vaccine 2009, qui se tient cette semaine à Paris. Ils sont
également publiés dans le New England Journal of Medicine. "C'est
une confirmation des résultats", a déclaré le Dr Jerome Kim, de l'institut
de recherche de l'armée américaine Walter Reed, dans le Maryland, qui a
participé à la réalisation de cet essai. Il
a cependant souligné que cet effet reste modeste et difficile à interpréter,
insistant sur le fait que la commercialisation du vaccin testé était encore
loin d'être envisageable. Sans compter que ce vaccin pourrait ne pas
fonctionner en Afrique, le continent le plus touché par l'épidémie de sida. Près
de 33 millions de personnes à travers le monde sont séropositives, selon les
dernières données diffusées par l'Onusida. On estime qu'environ 25 millions de
personnes sont mortes du sida dans le monde depuis le début de l'épidémie au
début des années 1980. L'étude
a été réalisée par le ministère thaïlandais de la Santé publique avec l'aide de
Sanofi-Pasteur, et financée par les Etats-Unis, notamment l'armée américaine. Elle
a consisté à tester un vaccin expérimental résultat de la combinaison de deux
autres vaccins: l'Alvac de Sanofi-Pasteur - qui consiste en des gènes du VIH
intégré dans le virus de la variole du canari, inoffensif pour l'homme - et de
l'Aidsvac, un vaccin qui s'était auparavant révélé inefficace seul. Mis au
point par Genetech puis VaxGen, les droits de l'Aidsvac sont désormais détenus
par l'organisation à but non lucratif Global Solutions for Infectious Diseases. QUELLE
ANALYSE ? Quelques
jours après l'annonce des premiers résultats, intervenue de façon inhabituelle
lors d'une conférence de presse à Bangkok, des chercheurs cités anonymement par
la revue Science et par le Wall Street Journal avaient émis des doutes sur leur
fiabilité, suggérant que l'efficacité du vaccin était en fait plus faible
qu'avancé. La remise en cause portait sur les méthodes statistiques utilisées
pour analyser les données. Les
auteurs de l'essai ont procédé à trois analyses. L'une,
appelée "en intention de traiter", prend en compte l'ensemble des
participants, indépendamment de leur observance du protocole. La seconde,
"en intention de traiter modifiée", repose sur le même principe mais
sept volontaires en ont été exclus a posteriori, les chercheurs ayant découvert
qu'ils avaient été infectés par le VIH avant de recevoir le vaccin. La
troisième approche, dite "per protocole", ne prend en compte que les
personnes ayant strictement respecté le protocole. D'après
le Dr Kim, l'analyse en intention de traiter modifiée est la plus précise. Mais
les scientifiques ayant émis des doutes sur ces résultats dans la presse ont
affirmé que les résultats concernant l'efficacité du vaccin n'étaient pas
significatifs statistiquement après une analyse per protocole ou une analyse en
intention de traiter. Le
médecin de l'armée américaine a indiqué que son équipe avait répondu à cette
question dans l'article publié dans le New England Journal of Medicine De
fait, dans un éditorial accompagnant l'étude, le Dr Raphael Dolin de la Harvard
Medical School, à Boston, estime que cet essai a été conçu et conduit de
manière rigoureuse. "Même
si les mérites de chaque type d'analyse peuvent être discutés, ils ont tous les
trois mis en évidence un possible, bien que modeste, effet du vaccin dans la
prévention de l'infection par le VIH", écrit ce spécialiste. Différents
points restent à préciser, notamment la durée de la protection conférée par le
vaccin et la contribution respectif de l'Alvac et de l'Aidsvac à l'effet du
vaccin. "Il
faut encore essayer de comprendre pourquoi nous avons observé ce que nous avons
observé", a déclaré le Dr Kim. Version française Myriam Rivet
REUTERS 20.10.2009
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