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Les Suisses votent massivement l'interdiction des minarets
De l'avis de tous les
commentateurs, il s'agit d'une "immense surprise" : les
Suisses ont décidé, dimanche 29 novembre par référendum, d'interdire la
construction de nouveaux minarets sur le territoire de la Confédération. Selon
les résultats officiels publiés dans l'après-midi, 57,5 % des votants ont
approuvé la proposition soutenue par le parti de droite populiste Union
démocratique du centre (UDC) et le petit parti chrétien de droite UDF. Seuls
quatre cantons sur les vingt-six que compte la Confédération ont rejeté la
proposition. "La
construction de minarets est désormais interdite en Suisse", a annoncé le gouvernement helvétique dans un
communiqué officiel publié seulement quatre heures après la fermeture des bureaux
de vote, à midi. "Les quatre minarets existants ne sont pas
concernés", ont précisé les autorités. Ce vote va
également entraîner la modification de la Constitution suisse, dont le
préambule proclame, "au nom de Dieu
Tout-Puissant", l'esprit "de solidarité et d'ouverture
au monde" du peuple et des cantons suisses. L'interdiction de la
construction de minarets sera présentée dans l'article 72 de la Constitution
sur les relations entre l'Etat et les religions comme une mesure "propre
à maintenir la paix entre les membres des diverses communautés
religieuses". Le choc est
immense en Suisse, où les sondages prédisaient durant la campagne un rejet à 53
% de la proposition de la droite populiste. Malgré un front commun du
gouvernement, des autres partis et des représentants de toutes les communautés
religieuses présentes en Suisse, l'UDC a réussi à convaincre, en martelant
qu'il ne s'agissait pas de priver les musulmans de lieux de culte, mais de
refuser les minarets comme "symbole apparent d'une revendication
politico-religieuse du pouvoir, qui remet en cause les droits
fondamentaux". 300 000
MUSULMANS Pour
l'emporter, les partisans de l'interdiction n'ont pas fait dans la nuance, avec
des affiches représentant une femme complètement voilée par une burqa devant le
drapeau suisse couvert de minarets, dont la silhouette stylisée évoquait des
missiles. Après les affiches appelant à bouter les "moutons
noirs" étrangers hors de Suisse, la propagande de la droite populiste
avait encore fait scandale. Le parti des
Verts a déclaré envisager de présenter un recours devant la Cour européenne des
droits de l'homme à Strasbourg pour violation de la liberté religieuse garantie
par la Convention européenne des droits de l'homme. La
Confédération helvétique compte plus de 300 000 musulmans, soit 4 % de la
population. Elle possède plusieurs centaines de mosquées, mais une minorité
sont dotées de minarets. La controverse est née de l'augmentation des demandes
de permis de construire. Pour les partisans du "oui", qui font valoir
la liberté de culte garantie par la Constitution, les minarets n'ont pas de
justification religieuse puisqu'ils ne sont pas mentionnés dans le Coran. En Europe, des
mouvements d'extrême droite se sont réjouis, à l'image de la vice-présidente du
Front national français, Marine Le Pen, qui a demandé aux "élites de
cesser de nier les aspirations et craintes des peuples européens". Pour en
savoir plus :
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