|
Une
Soudanaise à la jupe jugée "indécente" condamnée au fouet

Une Soudanaise âgée de
16 ans a reçu cinquante coups de fouet parce qu'un juge a estimé la longueur de
sa jupe, au niveau du genou, "indécente", a annoncé vendredi
27 novembre l'avocat de la jeune fille. La mère de Silva Kashif a
fait savoir qu'elle avait l'intention de porter plainte contre le policier qui
a procédé à l'arrestation ainsi que contre le magistrat qui l'a condamnée.
La jeune fille,
de confession chrétienne, est originaire de Yambio, dans le sud du pays,
majoritairement animiste et chrétien. Elle a été arrêtée la semaine dernière
alors qu'elle se rendait à pied au marché proche de son domicile de Kalatla, un
faubourg de la capitale, Khartoum. "Ce n'est qu'une jeune fille mais
le policier l'a traînée dans le marché comme si c'était une criminelle",
a raconté sa mère, Jenty
Doro. Déférée devant un juge du quartier, Silva Kashif a été condamnée à
une peine de cinquante coups de fouet qu'elle a sur-le-champ reçus des mains
d'une femme policière, le tout sous les yeux du magistrat.
La loi
coranique est valable dans la capitale soudanaise mais son application pour les
Soudanais originaires du Sud reste un sujet très sensible. Aux termes de
l'accord de paix signé en 2005 entre le gouvernement central et le Sud,
l'impact de la "charia" est censé être assoupli pour les sudistes
vivant à Khartoum.
LÉGISLATION
FLOUE SUR LA DÉCENCE VESTIMENTAIRE
L'avocat de la
jeune fille, Azhari
Al-Hadj, a estimé quant à lui que la loi interdisait de fouetter des
mineurs. "Elle portait une jupe et une chemisier normaux, comme des
milliers de jeunes filles de son âge. Les autorités n'ont pas contacté ses
parents et l'ont châtiée sur-le-champ", s'est-il insurgé.
Cette affaire
rappelle celle de la journaliste soudanaise et employée de l'ONU, Loubna
Al-Hussein, emprisonnée brièvement et condamnée à quarante coups de fouet
pour le port d'un pantalon dans un lieu public, avant de voir sa peine allégée.
Les associations de défense des droits des femmes estiment que la législation
soudanaise sur la décence en matière vestimentaire est trop vague et accorde
trop de liberté aux agents de l'Etat pour fixer les limites de ce qui indécent
et de ce qui ne l'est pas.
Source
|