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Les 10 mois d'Obama![]() y a un an, le
monde traversait une période un peu euphorique entre l’élection de Barack Obama
et son assermentation comme président des États-Unis, en janvier. Pour reprendre
le thème d’une chanson populaire C’était le début d’un temps nouveau où tout
était possible dans la foulée du Yes we can. Au cours des derniers jours, les
médias ont publié nombre de commentaires et d’analyses faisant état de la
désillusion des Américains face au bilan d’Obama. Chez nos voisins, la
politique est un sport extrême. Ici aussi, les critiques sont vives et marquées
par la déception. Dix mois, c’est
bien court pour rescaper un système bancaire, sauver l’industrie automobile qui
s’en allait à la casse, stopper la perte d’emplois, repartir la consommation,
inventer un système de santé public, se retirer de l’Irak, trouver une façon de
sortir du bourbier afghan, convaincre le Congrès de voter un plan de relance
multimilliardaire, faire prendre un virage vert à la société et quelques autres
tâches connexes. Oui, bien sûr,
Obama et le Parti démocrate sont victimes des promesses qu’ils ont faites
pendant ce marathon politique qui a duré deux ans. Oui, ils ont fait grimper
les attentes démesurément jusqu’à la toute fin. Si bien que tous espéraient un
résultat concret et rapide dans sa vie de tous les jours Au moment où les
assises du capitalisme s’effondraient, victimes de la cupidité et des
scandales, la campagne démocrate aura eu le mérite de réhabiliter la politique
comme le moyen de changer les choses. On a vu toutes les strates sociales,
surtout les jeunes, retrouver le goût de s’engager dans le débat public. Ce
n’est pas rien. L’impact le
plus important aura été le changement de perception que se fait le monde des
Américains. Voilà un président de « gauche », issu d’un milieu modeste et d’une
famille éclatée, qui n’est pas lié aux grands conglomérats économiques, qui a
donc les mains libres et qui, de surcroît, est issu d’une minorité. Il y a là
un profil qui ne pouvait que séduire les Québécois. Un président sympathique,
c’est tout un changement et les anti-USA ont désarmé. Un citoyen
américain à qui je demandais récemment ce qu’il retenait de cette année disait
« le plus grand changement, c’est qu’on s’est habitués à voir un Noir, chef des
États-Unis, 40 ans après avoir donné le droit de vote aux Afro-Américains.
C’est une avancée sociale incroyable. » On donc vécu,
au cours de cette année, une détente sur le globe avec une Amérique moins belliqueuse,
porteuse de valeurs démocratiques. Les experts de la politique internationale
vous diront qu’il ne faut pas se leurrer, que les intérêts américains sont
demeurés les mêmes sur tous les continents et qu’il seront défendus avec autant
de vigueur. Somme toute, le messager a changé, mais la politique est identique.
Avec le Canada,
les relations sont aussi cordiales qu’auparavant et les craintes de mesure
protectionnistes ont diminué. Il existe un différend sur les questions
environnementales, mais, à ce chapitre, c’est le Canada qui est en retard sur
la planète. On ne peut
faire le bilan de cette première année de Barack Obama, sans faire référence à
Michelle Obama, la force tranquille au côté du président. La première dame des
États-Unis est une intellectuelle qui joue un rôle aussi important qu’Hillary
Clinton. À la fin de ce
premier mandat, on pourra tirer des conclusions sur les espoirs suscités par la
vague Obama et la façon dont il a fait tourner la société américaine. Un peu
patience s’impose. Mais,
entre-temps, qui s’ennuie vraiment de George W.Bush? source |
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