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Des internautes accusés à tort de pédophilie
Associated Press a publié une enquête terrifiante
sur des internautes accusés à tort aux Etats-Unis d'avoir volontairement
téléchargé des contenus pédophiles sur leur ordinateur. Si certains
parviennent à démontrer leur innocence en montrant qu'ils ont en fait été
victimes de virus, d'autres sont aujourd'hui en prison pour ne pas avoir eu
l'argent nécessaire à une expertise solide. C'est une enquête effroyable qu'a publié l'agence américaine
Associated Press, qui nous montre que les problèmes
de solidité des preuves que nous avions régulièrement soulevé concernant le
piratage et l'Hadopi sont mineurs par rapport à ceux qui peuvent ruiner la vie
d'individus dans des affaires de pédophilie. Surtout lorsque la cupidité du
système judiciaire américain s'en mêle. L'agence de presse signale que "des pédophiles peuvent
exploiter des PC infectés par des virus pour stocker et regarder à distance
leur planque sans crainte d'être pris". Le journaliste Jordan
Robertson dit avoir "découvert des cas où des personnes innocentes ont
été étiquetées comme pédophiles après que leurs collègues ou proches sont
tombés sur de la pornographie infantile placée sur un PC à travers un virus". Le
problème, c'est que la justice est très lente à se rendre compte des erreurs de
l'instruction, qu'elle ne croit pas toujours les internautes accusés à tort, et
qu'ils n'ont pas toujours la possibilité de se défendre. Parce qu'il
"peut coûter aux victimes des centaines de milliers de dollars pour
démontrer leur innocence". L'article raconte ainsi l'histoire de Michael Fiola, qui fut suspecté
d'utiliser son poste de travail pour télécharger des contenus
pédopornographiques. Il a subi menaces de mort, dégradations de son véhicule et
insultes de la part d'amis, et a dû vider toutes ses économies, faire un
emprunt et vendre sa voiture pour dépenser les 250.000 dollars de frais
juridiques nécessaires à sa défense. Grâce à cela, il a pu prouver que son
ordinateur portable était infecté par un vers qui téléchargeait automatiquement
des contenus pédophiles, et rendait ce contenu accessible à distance. Il fut
finalement innocenté, onze mois après le dépôt de la plainte. Le logiciel était programmé pour visiter jusqu'à 40 sites
pédopornographiques à la minute, pour récupérer un maximum de
contenu. Puis une nuit, quelqu'un s'est loggé sur l'ordinateur et a
consulté les contenus téléchargés pendant une heure et demie. Le pédophile qui
contrôlait le malware pouvait ainsi accéder aux contenus sans laisser sa propre
adresse IP sur les serveurs où étaient stockés les images.
Mais le plus effroyable, c'est l'histoire de Ned Solon, un habitant du
Wyomming condamné à six ans d'emprisonnement pour avoir téléchargé des fichiers
pédophiles sur son ordinateur. Tami Loehrs, l'experte qui était parvenue à
innocenter Michael Fiola, est persuadée de l'innocence de Solon. Les cinq
vidéos incriminées étaient toutes présentes dans le même dossier
"incomplete" du logiciel de P2P utilisé (sans doute eMule ou
eDonkey), où les téléchargements sont soit toujours en cours, soit
corrompus. "Je ne pense vraiment pas" qu'il a
téléchargé volontairement les fichiers pédophiles, assure Lohers. "Il
y avait trop de preuves que ça n'était pas lui". Mais Tami Loehrs n'a jamais fini l'expertise de l'ordinateur, à cause
d'un "conflit avec le juge à propos de sa rémunération". Solon, qui dort encore en prison et clame son innocence, n'avait pas
les moyens de la payer. Et le tribunal a jugé le prix, de plusieurs
centaines de milliers de dollars, trop élevé. Le doute n'a pas profité à
l'accusé, en attendant l'appel en cours. L'expert mandaté par le procureur, lui, maintient ses
accusations. "Il avait c'est vrai un ordinateur très propre par
rapport à certaines autres affaires que je fais",
reconnaît-il. Mais il estime que l'antivirus de Solon fonctionnait très
bien, et qu'il n'a trouvé lui-même aucun virus sur l'ordinateur de Ned Solon. Sans parler cette fois de virus, il est pourtant tout à fait possible
de télécharger par erreur un fichier sur eMule en se basant sur son nom, sans
connaître son contenu réel. Il ne faut pas des centaines de milliers de dollars
pour le démontrer. "On pense tous qu'on est innocent en prison. Personne ne
me croit parce que c'est ce que tout le monde dit", constate Solon.
"Tout ce que je sais c'est que je ne l'ai pas fait. Je n'ai jamais mis
ces choses là. Je n'ai jamais vu ces choses là. Je peux seulement espérer
qu'un jour la vérité éclatera". |
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