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“La vie des Américains est meilleure depuis qu’Obama est président” Jerry Kellman est l’homme qui embaucha Barack Obama comme travailleur
social à Chicago, au début des années 1980. Résolument optimiste, il sait
qu’avec le démocrate les Etats-Unis se dirigent vers plus de justice sociale.
Le vote, samedi, de la Chambre des représentants le confirme. Barack Obama l’avait promis, dès les
premières heures de sa campagne pour la Maison-Blanche. S’il devenait président
des Etats-Unis, l’ensemble des Américains auraient accès à une couverture
maladie. On entendait alors les premières critiques, les premières interrogations
aussi. Le projet était révolutionnaire pour certains, irréalisable pour
d’autres, libéral – au sens américain du terme — pour quelques-uns qui,
méfiants à l’égard de Washington, trouvaient dans le projet comme un
arrière-goût de communisme. Pour le candidat démocrate, cette réforme était
simplement obligatoire. Le président ne reniait pas ses dires et affirmait,
début septembre, devant le Congrès américain que le moment était venu d’agir. Politiquement,
cette réforme est le fruit d’un volontarisme forcené. Mais cette volonté d’agir
du démocrate ne date pas d’hier. Retour en 1984. Barack Obama a 23 ans.
Idéaliste, le jeune homme ne désire qu’une chose : devenir community
organizer à Chicago. Jerry Kellman, qui dirige alors la Chicago
Developping Commuties Project, le rencontre une première fois à New York.
« Nous nous sommes vus dans un café, explique M. Kellman. Trois choses
m’ont tout de suite marqué chez lui. D’une part, il semblait vraiment motivé.
C’était primordial : beaucoup de jeunes de son âge arrivaient plein de
bonnes intentions puis abandonnaient au bout de quelques semaines, totalement
désabusés. D’autre part, il était idéaliste, mais de la bonne manière : il
voulait s’impliquer dans la vie des gens. Enfin, même s’il n’avait qu’une vingtaine
d’années, il paraissait déjà très mature. » Son rôle est alors d’écouter, de
construire des relations avec les gens, les rejetés du système, pour la plupart
regroupés dans le South Side. Les problèmes ne manquent pas, entre les
oppositions entre les gangs, le chômage, les violences, l’absentéisme scolaire,
les grossesses adolescentes… Obama aborde
ces sujets, à sa manière. « C’était un grand maigre, sans maison et à la
recherche de son identité, poursuit Kellman. Il n’avait jamais travaillé au
sein de la communauté afro-américaine et il se cherchait, il voulait comprendre
qui il était vraiment. Mais il travaillait beaucoup, tout le temps. Il était
déterminé. » Pour son ancien mentor, Barack Obama a réussi sa mission. Bien
sûr, l’idéaliste n’a pas supprimé la pauvreté de Chicago. Il aura néanmoins
offert plus de pouvoir aux communautés, plus d’écoute. De l’optimisme
Il quitte les
rives du lac Michigan en 1988, « pour deux raisons, assure Jerry Kellman :
il estimait qu’il n’aurait jamais assez de pouvoir pour changer les choses. Et
il voulait aussi gagner plus d’argent afin de fonder une famille ». Ces années
passées à Chicago ont néanmoins forgé la personnalité du démocrate. Elles
l’ont, d’une certaine manière, préparé à être le président qu’il est aujourd’hui.
Et puis c’est ici qu’il a rencontré son soutien le plus indéfectible, sa femme
Michelle. Pour
M. Kellman, le chef de la Maison-Blanche n’a pas tellement changé depuis
son départ de Windy City (« cité venteuse »). « Il a gardé les mêmes
valeurs : il a su rester idéaliste et ambitieux. Et, de ce que je peux en
juger, il sait toujours écouter. » Ecouter, certainement, mais également
décider. Samedi, avant le vote des représentants, il avait exhorté ces derniers
à adopter sa réforme. La force
d’Obama serait d’être, comme la grande majorité des Américains, un outsider,
au sens littéral du terme. Il est en marge, comme tant d’autres peuvent l’être
pour des raisons raciales, religieuses, sociales… écarté parce qu’ils n’ont pas
de couverture maladie par exemple. Surtout, « la
vie des Américains est meilleure depuis qu’il est président, soutient Jerry
Kellman. Les Etats-Unis étaient dévastés économiquement. Leur image dans le
monde était désastreuse. Tout cela a changé. L’économie va de mieux en mieux et
l’Amérique a retrouvé sa place internationale. L’attribution du prix Nobel de
la paix à Obama en est la preuve ». La tendance est à l’optimisme, d’autant
plus depuis le vote de week-end. Ainsi, malgré les critiques, les réformes
voulues par l’administration démocrate verront jour. « L’optimisme est la foi
des révolutions », écrivait Jacques Bainville. Jerry Kellman est de cette même
trempe. Selon lui, les Etats-Unis sont proches de lendemains meilleurs. Après la réforme de la santé, il
prévoit une modification des règles d’immigration. Avec Barack Obama à sa tête,
le pays se dirige vers plus de justice sociale. Jerry Kellman l’assure :
les Américains peuvent croire en l’avenir. Samedi, la Chambre des représentants
lui a donné raison. Sylvain Chazot Source |
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