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Élections libres et
démocratiques au Gabon et en Afghanistan

Il est intéressant de comparer l’attitude des
pays impérialistes et leurs médias concernant les élections en Iran, au Gabon
et en Afghanistan. Une hystérique propagande orchestrée par les Etats-Unis et
l’Europe contre les élections iraniennes et un soutien décisif pour imposer aux
gabonais Ali Bongo fils du dictateur Omar Bongo.
Ainsi va la
vision très démocratique du monde de la bourgeoisie : la dictature se transmet
de père en fils ! Ali Bongo doit être, vaille que vaille, le président du
Gabon, même s’il est rejeté massivement par la population. Peu importe ! Ce qui
compte ce sont les richesses comme le bois, le manganèse ou le pétrole gabonais
pour engraisser davantage encore une bourgeoisie avide de profit.
Omar Bongo savait organiser le pillage des richesses de son propre pays au
profit des multinationales étrangères comme Total, Areva ou le groupe Bolloré
par exemple. Ali Bongo, le fils à papa, est l’incarnation vivante de cette
continuité. Le saccage de cette terre africaine doit se perpétuer
éternellement. Guerres, pillages, misère, corruption etc. ont laissé les
populations, à l’instar d’un grand blessé, exsangues. Les artères de l’Afrique
sont ouvertes. La bourgeoisie locale et la bourgeoisie française, tels les
vampires, pompent son sang comme Total pompe le pétrole gabonais.
Mais la
résistance aux intérêts impérialistes et à cette mascarade électorale
s’organise. La colère et la révolte montent de jour en jour contre cette
dictature qui dure maintenant depuis plus de quarante ans avec un soutien sans
faille de la bourgeoisie française. L’opposition gabonaise appelle clairement à
cette résistance et à la désobéissance civile pour un Gabon démocratique
débarrassé de la mainmise étrangère. Mais les grands médias ici traitent
l’opposition gabonaise avec mépris : émeutiers, pilleurs, casseurs etc.
Assurément Pierre Mamboundou le gabonais n’est pas Hussein Moussavi l’iranien !
Hilary Clinton
secrétaire d’État aux Affaires Étrangères reconnaît elle-même que les
États-Unis étaient derrière les manifestations qui ont suivi les élections
iraniennes « (...) en coulisses, nous avons beaucoup fait. Comme vous le savez,
la jeunesse…, un de nos jeunes du département d’Etat a été twitté « Continuez
», malgré le fait qu’ils avaient planifié un arrêt technique. Ainsi nous avons
fait beaucoup pour renforcer les protestataires sans nous afficher. Et nous
continuons à parler avec et à soutenir l’opposition » (1).
D’autres
élections tout aussi libres et démocratiques se sont déroulées dans un pays non
moins libre... l’Afghanistan ! Hamid Karzaï, l’homme le plus détesté des
afghans sera vraisemblablement élu président. Et quelque soit le nouvel « élu
», Hamid Karzaï ou Abdullah Abdullah, deux véritables marionnettes, c’est
toujours la volonté des américains et de leurs alliés qui sera au pouvoir.
Richard Holbrooke l’envoyé spécial de Barack Obama ordonnait d’ailleurs à
Karzaï « Vous devez faire un second
tour ! » (2)
Parler
d’élections libres, démocratiques, honnêtes etc. dans un pays occupé, ravagé,
martyrisé et humilié par la soldatesque impérialiste, c’est vraiment prendre
les gens pour des c...
Mener une
propagande aussi grossière, alors que le nombre d’hommes, de femmes et
d’enfants innocents victimes de cette guerre déclenchée par les États-Unis et
leurs alliés se chiffre par milliers chaque année, relève d’un rare cynisme et
dévoile un visage hideux, celui de l’impérialisme : « 2.118 morts parmi les
civils l’an dernier, en nette hausse par rapport aux 1.523 civils tués en 2007
», (voir le rapport de la Mission d’Assistance des Nations unies en Afghanistan
MANUA).
Le 4 septembre
2009 l’OTAN a commis un nouveau massacre : 90 morts dont une majorité de
civils.
Mais les vraies
« élections », sont celles qui se déroulent sur le terrain militaire. La
résistance s’organise de mieux en mieux contre l’occupant et la population la
soutient de plus en plus.
Les
citoyens américains et européens, vont-ils se réveiller et s’opposer à cette
guerre coloniale d’un autre âge comme ils l’ont fait dans le passé ? Les
enquêtes d’opinion montrent que de plus en plus d’américains sont contre cette
guerre nonobstant la propagande des grands médias (3). Car les « boys »
reviennent de plus en plus dans des cercueils (780 officiellement) et leur
familles supportent de moins en moins que leurs enfants meurent pour la
démocratie, la lutte contre le terrorisme, les droits de l’homme et tutti
quanti... Idem
en Allemagne,
en France et en Grande Bretagne où le rejet populaire de la guerre impérialiste
en Afghanistan est réel (4). Mais le mépris des pouvoirs politiques pour les
peuples est une constante de la démocratie bourgeoise.
Ce qui se passe
aujourd’hui en Afghanistan comme en Irak d’ailleurs montre que les peuples ne
se laissent jamais faire et que l’histoire est de leur côté. Celle-ci nous
enseigne que toute colonisation se termine par une décolonisation.
Mohamed
Belaali
(1) http://www.voltairenet.org/article161572.html
(2) Le Monde du 29 août 2009
(3) Le Monde du 21 août 2009 page 5.
(4) http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=7113
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