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Une fillette devient mère à 11 ans
Une jeune fille Tzigane de 11 ans a donné naissance vendredi
dernier en Bulgarie à un bébé de 2,5 kg. La très jeune maman et son
bébé sont en bonne santé et sont déjà sortis de l’hôpital. Mais la
police s’intéresse aux motivations du père de l’enfant âgé de 19 ans.
Le taux de naissances chez les adolescentes est aujourd’hui de 26 pour
1000, selon les Statistiques sanitaires mondiales 2009. Les autres pays
européens ont moins de grossesses à l’adolescence car ils ont une autre
approche en matière d’éducation sexuelle et un meilleur accès à la
planification familiale. Aux Pays-Bas, qui a l’un des taux les plus bas
d’Europe, quatre naissances chez des adolescentes pour 1000,
l’éducation sexuelle commence dès l’école primaire.
La fillette de 11 ans s’appelle Sliven et réside avec sa famille en
Bulgarie. Elle appartient à la communauté des gens du voyages où les
naissances précoces sont très fréquentes. Le problème des grossesses à
l’adolescence requiert davantage d’éducation auprès des jeunes filles
pour les inciter à retarder une maternité, jusqu’à ce qu’elles y soient
prêtes.
Ayana (prénom modifié) s’est mariée à l’âge de onze ans. La plupart
des jeunes couples en Éthiopie essaient tout de suite de concevoir un
enfant. Trois ans plus tard, grâce à la campagne «Arrêter les mariages
précoces», Ayana et son mari (de cinq ans son aîné) vont toujours à
l’école et ont retardé la venue de leur premier enfant, rapporte Helen
Amdemikael, assistante du Fonds des Nations Unies pour la population
(FNUAP) en Éthiopie.
Ce projet qui opère sous les auspices du ministère de la Jeunesse et
des sports éthiopien, avec l’assistance du FNUAP et du Conseil de
population, une organisation non gouvernementale, suit les orientations
politiques et techniques de l’Organisation mondiale de la Santé. Il
intervient auprès des familles, des dirigeants des communautés et des
adolescents dans la région rurale éthiopienne d’Amhara, où la moitié
des adolescentes sont mariées avant l’âge de 15 ans, en violation de la
législation nationale qui n’autorise le mariage qu’à partir de 18 ans.
Ce projet incite à retarder le mariage et la procréation. Il aide aussi
les adolescentes mariées en les alphabétisant, et en leur apportant des
savoir-faire pratiques et des informations sur la santé génésique.
Amdemikael et d’autres spécialistes de la santé espèrent que les
exemples comme Ayana se multiplieront. Qu’elles concernent des enfants
mariées en Inde ou au Soudan, ou des élèves célibataires dans les
collèges ou lycées des pays industrialisés, les grossesses à
l’adolescence sont un facteur majeur de morbidité et de mortalité
maternelles et infantiles.
En dessous de 16 ans, le risque de décès maternel chez les
adolescentes est quatre fois plus élevé que pour une femme de plus de
20 ans et le taux de mortalité néonatale augmente d’environ 50%, selon
James E. Rosen, consultant pour la santé de l’adolescent qui a examiné
les travaux de recherches pour le compte du département OMS Pour une
grossesse à moindre risque. Les experts de la santé s’accordent à dire
que les adolescentes enceintes nécessitent une attention spéciale, du
point de vue physique et psychologique, pendant la grossesse,
l’accouchement et la période postnatale pour préserver leur santé,
comme celle de leurs nourrissons. «Le contexte est difficile car les
aspects culturels influent sur le comportement sexuel», reconnaît le Dr
Virginial Camacho, du département OMS Santé et développement de
l’enfant et de l’adolescent.
Son département étudie les moyens d’éviter les grossesses précoces
dans les pays en développement, notamment chez les jeunes filles
marginalisées, et veut établir dans quelle mesure les systèmes de santé
répondent à leurs besoins. «Les agents de santé doivent avoir été
formés pour d’une part assurer correctement les soins pour les
adolescentes enceintes et, d’autre part, donner les conseils
nécessaires à celles qui ne veulent pas d’une grossesse», explique le
Dr Camacho.
On estime que, chaque année, 16 millions de jeunes filles accouchent
entre 15 et 19 ans et que 95% de ces naissances surviennent dans les
pays en développement, selon l’analyse de M. Rosen. Cela représente 11%
des naissances à l’échelle mondiale, mais la moyenne masque des
disparités régionales importantes. La proportion d’enfants nés de mères
adolescentes va de 2% en Chine à 18% en Amérique latine et dans les
Caraïbes. Sept pays concentrent à eux seuls la moitié des enfants nés
de mères adolescentes dans le monde: le Bangladesh, le Brésil, les
États-Unis d’Amérique, l’Éthiopie, l’Inde, le Nigéria et la République
démocratique du Congo. Le Dr Valentina Baltag, médecin à l’OMS
travaillant sur la santé des adolescents, estime qu’il faut avoir
davantage d’informations pour adapter des programmes ciblés à cette
tranche d’âge: «Nous ne savons pas dans quelle mesure les adolescents
consultent les services de santé et nous n’avons pas de données
ventilées en fonction de l’âge».
Selon le Dr Monir Islam, directeur du département Pour une grossesse
à moindre risque, les programmes de santé maternelle et néonatale
doivent améliorer leur façon de répondre aux besoins des jeunes mères.
«La grossesse à moindre risque pour les adolescentes devrait clairement
être une priorité des pays dans le cadre de leurs efforts pour
atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement»,
déclare-t-il. Bien que les situations particulières puissent varier
énormément, les grossesses à l’adolescence présentent des traits
communs. Trop jeunes encore, les organismes ne sont pas encore
pleinement développés et ne peuvent supporter sans effets indésirables
l’ensemble du processus de la grossesse et de l’accouchement. Les mères
adolescentes sont ainsi exposées à un risque accru de dystocie par
rapport aux femmes de plus de 20 ans.
En l’absence de soins obstétriques d’urgence, cela peut aboutir à
une rupture utérine avec un risque élevé de mortalité pour la mère
comme pour l’enfant. Pour celles qui survivent, la prolongation du
travail peut être à l’origine de fistules, des déchirures entre le
vagin et la vessie ou le rectum entraînant des fuites urinaires ou
fécales.
En Éthiopie et au Nigéria, plus de 25% des femmes présentant des
fistules ont été enceintes avant l’âge de 15 ans et plus de 50% avant
18 ans. Bien que la chirurgie puisse résoudre ces problèmes, le
traitement n’est pas facilement accessible dans la plupart des pays où
l’on observe beaucoup de fistules et des millions de femmes restent
avec un état pathologique entraînant l’incontinence, de mauvaises
odeurs et d’autres effets secondaires comme des problèmes
psychologiques et l’isolement social. «Beaucoup de très jeunes femmes
enceintes n’ont pas accès aux établissements pour consulter les
professionnels capables de résoudre leurs problèmes de dystocie»,
explique le Dr Luc De Bernis, conseiller en chef du FNUAP pour la santé
maternelle et basé en Éthiopie. Comme dans de nombreux pays, les jeunes
filles se marient très tôt, parfois même avant d’avoir eu leurs
premières règles, «on imagine facilement qu’elles peuvent se retrouver
enceintes très jeunes, à 13 ou 14 ans, continue le Dr de Bernis. Si
vous allez à l’hôpital d’Addis-Abeba spécialisé dans les fistules, vous
verrez que les filles sont très jeunes et très petites et vous
comprendrez l’ampleur du problème. C’est un désastre.»
La pauvreté influe sur la probabilité des grossesses précoces et les
jeunes filles sont ensuite victimes d’un cercle vicieux. La maternité à
un jeune âge compromet leur réussite scolaire et leur potentiel
économique. Les grossesses à l’adolescence «sont un réel obstacle à
l’éducation et à d’autres opportunités dans la vie», constate Leo
Bryant, responsable du plaidoyer à Marie Stopes International (MSI),
groupe britannique de défense des droits de la santé génésique qui gère
des cliniques dans le monde entier. «Nous sommes particulièrement
préoccupés par la situation au Royaume-Uni, qui a le taux de grossesses
à l’adolescence le plus élevé d’Europe occidentale.»
Le taux de naissances chez les adolescentes est aujourd’hui de 26
pour 1000, selon les Statistiques sanitaires mondiales 2009. Les autres
pays européens ont moins de grossesses à l’adolescence car ils ont une
autre approche en matière d’éducation sexuelle et un meilleur accès à
la planification familiale. Aux Pays-Bas, qui a l’un des taux les plus
bas d’Europe, quatre naissances chez des adolescentes pour 1000,
l’éducation sexuelle commence dès l’école primaire. Actuellement au
Royaume-Uni, l’éducation sexuelle n’est pas obligatoire à l’école et
certains établissements religieux d’enseignement ne la dispensent pas.
La couverture est donc parcellaire, nous informe M. Bryant. Cela
devrait changer avec les plans annoncés par le gouvernement fin avril
qui rendront obligatoire l’éducation sexuelle et relationnelle dans les
écoles primaires et secondaires d’ici 2011.
Source : Bulletin de
l’Organisation mondiale de la Santé.
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