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Vive la ségrégation !

Richard Martineau
afrocentrisme

La semaine dernière, une école afrocentriste a ouvert ses portes à Toronto. Afin que les 85 élèves noirs (qui portent chacun un uniforme aux motifs africains) s'y sentent comme chez eux, on a accroché des photos de personnalités noires aux murs et convié les élèves à chanter l'hymne national de la communauté noire. (Ne me demandez pas ce que c'est, je n'en ai aucune idée...)

AVANCEZ PAR EN ARRIÈRE

Imaginez...

Pendant des décennies, les Noirs d'Amérique du Nord ont lutté d'arrache-pied pour prendre leur place au sein de la communauté et se faire accepter comme des citoyens à part entière. Ils se sont fait lancer des roches, ils se sont fait insulter, ils ont organisé des manifestations.

Certains ont même été lynchés !

Et tout ça pour quoi ? Pour que certains Noirs puissent se replier sur eux-mêmes et exiger d'avoir le droit d'ouvrir des écoles-ghettos.

Martin Luther King (qui affirmait que l'humanité devrait transcender les différences raciales) doit se retourner dans sa tombe !

On a l'étrange impression de se retrouver à l'époque où il y avait des toilettes pour Noirs seulement...

Tout ça alors que le Canada a une gouverneure générale d'origine haïtienne. C'est le monde à l'envers...

BROYER DU NOIR

Pour vous montrer à quel point ce projet d'école afrocentriste est archaïque : on va enseigner la grammaire aux jeunes Noirs en utilisant des chants folkloriques des Antilles !

Comme si les Noirs n'étaient pas assez intelligents pour apprendre la grammaire en utilisant des méthodes traditionnelles. «Ce sont des Noirs? On va donc leur parler en Noir. On va leur raconter des histoires de Noirs et leur chanter des chansons de Noirs...»

À quand une école pour gais qui enseigne la grammaire en utilisant le répertoire de Village People ?

Maintenant qu'une école afrocentriste a officiellement ouvert ses portes en Ontario, ce n'est qu'une question de temps pour que certains citoyens frileux demandent la permission d'ouvrir une école arabocentriste ou sinocentriste.

Et moi qui croyais qu'il fallait abattre les murs, pas en construire...

«C'est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances et c'est notre regard aussi qui peut les libérer», écrivait Amin Maalouf dans son essai Les identités meurtrières. Je veux bien... Mais qu'est-ce qu'on peut faire quand c'est «l'autre» qui veut s'enfermer dans son identité raciale et se construire une prison ?

LES DÉLIRES DE GILBERT ROZON

Parlons de langue, maintenant...

La semaine dernière, en entrevue avec ma consoeur Michelle Coudé-Lord, Gilbert Rozon a affirmé que le principal problème de Montréal est qu'on ne permet pas aux immigrants d'apprendre l'anglais.

C'est vrai, le Québec est beaucoup trop refermé sur lui-même. Vous ouvrez la radio ? Vous n'entendez JAMAIS une toune en anglais. Vous marchez dans le centre-ville de Montréal ? Vous ne vous faites JAMAIS servir en anglais.

Les pôvres anglophones et les pôvres allophones doivent se réunir en cachette dans des sous-sols de Westmount pour pouvoir parler librement la langue de Mordecai Richler...

YOU GOT TO BE KIDDING ! Non, mais... Il rigole ou quoi, Rozon ?

À force de côtoyer des comiques, monsieur Juste pour rire a fini par perdre son esprit sérieux...

Veut-il revenir à la belle époque d'avant la loi 101, où les immigrants s'intégraient automatiquement à la communauté anglophone ?

Gilbert Rozon devrait sortir de son condo de Paris et venir plus souvent à Montréal. Il se rendrait compte que loin de disparaître, l'anglais se porte très bien, thank you very much.

source
14/09/2009



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