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Multiplication des groupuscules d'extrême droite
aux Etats-Unis
POLITIQUE - Le
nombre de groupes racistes a augmenté de 54% entre 2000 et 2008...
Les groupuscules d’extrême droite connaissent une
recrudescence, après une décennie de déclin. Selon une étude
publiée mercredi par le Southern Poverty Law Center (SPLC), une association
reconnue pour son travail sur l'extrême droite, ils connaissent un nouvel essor
ces derniers mois.
Au mois de février déjà, le SPLC avait publié une étude selon laquelle le
nombre des groupes racistes avait augmenté de 54% entre 2000 et 2008, passant
de 602 à 926. Selon l’association, ces chiffres pourraient encore grimper en
2009.
Sur fond de crise économique et du fait de l’élection de Barack Obama,
l’idéologie raciste, antigouvernementale et anti-immigration recueille de plus
en plus d’adhésions aux Etats-Unis, comme le rappelle ce journaliste de la
chaîne Fox.
«Ce
n'est qu'une question de temps»
«C'est la croissance la plus importante à laquelle nous ayons assisté depuis 10
ou 12 ans», a indiqué un responsable de la police, cité par le SPLC dans son
étude intitulée «La deuxième vague : le retour des milices». «Il ne manque
qu'une étincelle. Ce n'est qu'une question de temps avant de voir arriver des
menaces et des violences», s’inquiète le responsable, non identifié.
En avril dernier, interrogé par CBS, le président et fondateur de SPLC, Morris
Dees, s’inquiétait de cet essor. Il rappelait notamment que le fait d'arme le
plus meurtrier orchestré par un Américain dans son propre pays était l'oeuvre
d'un militant d'extrême droite, en 1995. Selon lui, les Américains ont beaucoup
à craindre des «terroristes de leur pays».
Le
vent a tourné
En avril 1995, Timothy McVeigh, un ancien soldat reconverti dans la haine
gouvernementale, avait fait exploser un camion en Oklahoma, soufflant en partie
un bâtiment et tuant 168 personnes. Les poursuites judiciaires à répétition,
concordant avec le premier mandat de George W. Bush avait semblé mettre un
frein aux violences d’extrême droite.
Mais depuis le début de l’année, le vent a tourné selon le rapport. Et ce parce
que «le gouvernement fédéral - objet de haine dans les groupes d'extrême droite
- est dirigé par un Noir». Selon l’étude, cet événement a un lien de cause à
effet direct avec la multiplication des meurtres de policiers depuis le mois de
janvier.
Multiplication des crimes idéologiques
Larry Keller du SPLC cite l'exemple d’«un homme hors de lui à cause de
l'élection de Barack Obama et soupçonné de vouloir rejoindre un groupe
paramilitaire qui a tué deux shérifs-adjoints en Floride (sud-est)». Autre
exemple qui avait fait grand bruit le 10 juin dernier: l’assassinat d’un agent
de sécurité au Musée de l’holocauste de Washington par un homme de 89 ans.
Face à cet essor, l’opinion publique américaine réclame l’ouverture d’un débat
sur la législation des crimes idéologiques.
Elodie Lestrade
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