Il
y a des premières places dont on se passerait volontiers. Parmi ces podiums
indésirables, celui de la criminalité et, plus singulièrement, de la violence.
Les chiffres 2008, récemment révélés par le Conseil de sécurité et de
prévention de la délinquance, sont tristement révélateurs. Non seulement, la
Guadeloupe est la championne de la violence en Outre-mer, mais encore, c'est le
premier département français pour les violences physiques non crapuleuses,
c'est-à-dire celles qui sont commises hors d'un contexte de vol. « Les
violences physiques constituent l'une des problématiques majeures de la
sociologie criminelle locale » , précise le Conseil de sécurité.
Problématique
d'autant plus grave que les faits de violence ne cessent d'augmenter, dans tous
les domaines ou peu s'en faut. Les atteintes volontaires à l'intégrité physique
suivent une évolution continue à la hausse depuis 2003. Les violences et
mauvais traitement à enfants augmentent significativement, tout comme les faits
de harcèlement et d'agression sexuels (hors viols).
Ni
crainte, ni respect
Face
à ce constat et à « l'augmentation de la gravité et de l'intensité du recours à
la violence » , les autorités réagissent avec leurs moyens, réactivité et
coordination de l'action. « La réaction de la société doit s'exercer dès la
première violence et dès ses premiers signes, car la violence va toujours
crescendo. La sanction, même si elle est petite, doit être immédiate » ,
affirme, à cet égard, Jean-Michel Prêtre, procureur de la République, dont les
services s'attachent à traiter les dossiers en temps réel, avec une prise de
décision très rapide.
Pour
autant, stopper cette dynamique sera très délicat, d'autant plus délicat que
cette tendance à l'extrême violence touche des gens de plus en plus jeunes,
organisés en bandes structurées dès l'adolescence. Récemment, un officier de
gendarmerie ne cachait pas un certain pessimisme, alimenté notamment par le
fait que « ces gamins n'ont ni respect, ni crainte des forces de l'ordre » .
Sentiment conforté par les statistiques : entre 2007 et 2008, les violences sur
dépositaires de l'autorité publique ont explosé (+ 52%).
(1)
Service départemental d'information générale