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5 bonnes
raisons de redécouvrir la Guadeloupe

T.
Deschamps/Alamy ; comité du tourisme des îles de la guadeloupe.
Les
Saintes, l'un des groupes d'îles de l'archipel, compte une quinzaine de plages
baignées par l'eau turquoise de la mer des Caraïbes.
La crise est
certes passée par là, mais l'essentiel est sauf. La Guadeloupe, toujours sûre
de son attrait, reste une île de caractère à la beauté exceptionnelle.
Aujourd'hui, elle multiplie les tentations.
1.
Nager de plage en plage

Eliane Rascard
La plus
tendance: celle de Grande Anse, à Deshaies. C'est l'un des secrets les mieux
gardés de la Guadeloupe. Dans le nord de la côte sous le vent, à Basse-Terre.
Ici, loin des "plages à touristes" de Sainte-Anne ou de
Saint-François, les initiés savourent le calme inestimable d'une vaste (1,5 km)
bande de sable couleur caramel, cachée derrière une jungle émeraude. Certes, le
sable est moins fin et l'eau moins turquoise que du côté de Grande-Terre. Mais
cette plage possède une beauté sauvage unique avec, en prime, le plus beau
coucher de soleil de la Guadeloupe. Quand l'astre disparaît à l'ouest, derrière
l'horizon, les amateurs, en extase, applaudissent la mise en scène. Total
respect! Vous en cherchez d'autres? La Guadeloupe compte une bonne cinquantaine
de plages, et encore faut-il y ajouter celles des îles proches que sont les
Saintes (une quinzaine), Marie-Galante (autant) et la Désirade (sept
"seulement").
2.
Jouer à Tarzan dans la jungle

Asset/Corbis
Circuit
d'Accrobranche de haute volée, Mangofil permet découvrir la forêt
guadeloupéenne sous un angle inédit.
Au palmarès des
plus beaux sites français, la Guadeloupe figure en bonne position: avec la
Vanoise, le Mercantour, les Cévennes ou encore les Pyrénées, sa forêt tropicale
compte au nombre des neuf parcs nationaux français. Ce joyau abrite 300 espèces
d'arbres, 270 fougères différentes, près de 100 orchidées, une cinquantaine de
variétés de lianes. Et, avec ses innombrables cascades et rivières, c'est
également un jardin d'Eden pour randonneurs. David Nazaire, 34 ans, guide de
Zion Trek, basé à Saint-Claude, connaît ses 250 kilomètres de sentiers, ou
"traces", comme sa poche. Avec lui, on longe des rivières sauvages,
on coupe à travers une bananeraie, on se rafraîchit sous une cascade, avant de
repartir à l'assaut de la Soufrière (1 467 mètres). Nouveauté: toujours à
Saint-Claude, au pied du volcan, le parcours Mangofil permet une autre
approche, plus ludique, de la forêt guadeloupéenne. C'est ici que se déploie
l'un des plus importants circuits d'Accrobranche des Antilles. On marche entre
ciel et terre, on se promène dans la canopée, on se balance entre les arbres,
suspendu à des tyroliennes de 250 mètres. "Yo-ého-ého !": comme
Tarzan, on vole, on exulte et on crie. De joie, évidemment!
3.
Robinsonner dans un grand lagon

A.
Gyldén
L'ascension
de la colline du Chameau permet de découvrir un panorama exceptionel.
S'il fallait
une preuve que les Guadeloupéens ne sont pas des bonimenteurs fanfarons mais,
au contraire, des gens discrets qui "sous-vendent" leur île, la voici
: leur fabuleux lagon, ils l'appellent Grand Cul-de-Sac marin... Des
culs-de-sac comme celui-là, on en redemande! A la découverte de ses eaux
turquoise, Philippe Berchel, alias "le pêcheur de rêves", nous
embarque à bord de son Baron rouge pour une journée inoubliable. On cabote le
long des palétuviers avant de mettre le cap sur des îlots sauvages -l'îlet
Blanc, l'îlet la Biche, l'îlet Caret, l'îlet Fajou- et leurs plages miniatures,
avant d'aller voir, encore plus loin, si la mer est aussi bleue. Oui, elle
l'est! Après le déjeuner créole -poulet à la citronnelle, fruits tropicaux,
ti-punch- à l'ombre d'une cabane de pêcheurs, sur une sorte d'atoll polynésien,
la "robinsonnade" continue. Nouvelle sortie en mer : "Bienvenue
dans mon aquarium!" lance Philippe Berchel, à l'approche de la barrière de
corail. Puis on plonge dans le monde multicolore du silence. Cette "pêche
aux rêves" est miraculeuse.
4.
Découvrir la cuisine créole "évolutive"

Asset/Corbis
Des
accras de morue, épicés comme il se doit... mais la cuisine créole se
renouvelle désormais avec bonheur.
Lorsque, voilà
quelques années, Christophe Moreau lança le concept de "cuisine créole
évolutive", d'aucuns riaient sous cape. Aujourd'hui, attablés dans son
beau jardin tropical perché sur les hauteurs de Saint-Claude, ils se taisent.
Et savourent, recueillis, ses mikados de boudins noirs roulés dans des feuilles
de brick, son boeuf rôti au poivre de la Jamaïque flambé au rhum vieux ou
encore ses sauces vanillées au champagne. "C'est de la cuisine de terroir
revisitée par la culture métisse, qui permet toutes les audaces et tous les
mélanges", explique le chef du Petit Parc, dont l'élégance va jusqu'à
recommander les tables de ses confrères du Rocher de Malendure (à Bouillante)
ou de l'Iguane Café (à Saint-François). "Comme notre langue et notre
musique, la cuisine créole évolue tous les jours."
5.
Prendre un cours d'histoire grandeur nature

A. Gyldén
L'Habitation Tendacayou à Deshaies.
La Guadeloupe
redécouvre son passé. Au fin fond de la vallée de Grand' Rivière, prenez la
direction du domaine de la Grivelière. La route mène à l'un des plus beaux
sites naturels de l'île, tout aussi remarquable que les célèbres chutes du
Carbet, qui se trouvent, elles, sur l'autre versant de Basse-Terre. La
promenade, de vingt minutes, le long d'une vallée envoûtante, est un voyage
dans le temps, celui de la colonie. Classée monument historique, la propriété
est un témoin majeur de l'économie des plantations. Autour de la maison de
maître s'ordonnent des bâtiments restaurés du XVIIIe siècle où l'on
produisait du café. En contrebas, les "cases à nègres", délabrées,
permettent de toucher du doigt la blessure - encore à vif, quoi qu'on en dise -
de l'esclavage. Et cependant -quel paradoxe!- la visite de la Grivelière est un
enchantement. En grande partie axée sur la beauté du site et ses richesses
botaniques, elle donne à voir (et à respirer l'odeur) des vanilliers, des
cacaoyers, des caféiers. Et l'on oscille du recueillement à l'émerveillement,
des saveurs de la mémoire à la mémoire des saveurs.
Axel Gyldèn
Source
02/10/2009
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