La ville de Chicago honore
son fondateur, l’Haïtien Jean-Baptiste Pointe DuSable
Les
fonctionnaires municipaux de la ville de Chicago ont dévoilé, le 17 octobre
dernier, une sculpture de six pieds de hauteur en l'honneur de Jean-Baptiste
Pointe DuSable, l’Haïtien fondateur de Chicago au 18e siècle.
Un buste en
bronze de Jean Baptiste Pointe DuSable a été installé samedi sur le côté est de
Michigan Avenue, juste au nord de la rivière de Chicago.
DuSable était
un commerçant de fourrure d'origine haïtienne qui a été le premier fondateur
d’une colonie non indigène dans la zone de Chicago où il s’est établi en 1779.
La sculpture
est basée sur un dessin du 19ème siècle. Il est monté sur un piédestal de
granit et mesure plus de six pieds de hauteur.
La sculpture
est un don des membres de la communauté haïtiano-américaine de Chicago.
Du Sable est un
métis, né homme libre à Saint-Marc dans la colonie française de Saint-Domingue
(l’actuelle Haïti). Il est le fils d'un marin français et d'une mère africaine
esclave. Son père l'emmena en France où il reçut son éducation, relève-t-on sur
l’encyclopédie en ligne Wikipedia.
En 1765, il
arrive en Louisiane française par La Nouvelle-Orléans, qui était alors sous le
contrôle espagnol, vingt ans avant l'arrivée des réfugiés français de
Saint-Domingue en Amérique. Il remonte le Mississippi jusque dans l'état actuel
de l'Illinois. Il construit une première maison à Peoria et épouse une
Amérindienne, la fille d'un chef local Potawatomi avec qui il eut un fils,
Jean, et une fille, Suzanne.
Puis il
s'installe à l'emplacement actuel de Chicago, où il construit sa deuxième
maison vers 1779, trente ans avant la construction de Fort Dearborn. Il y
établit un comptoir commercial sur la rive nord de l'embouchure de la rivière
Chicago. Il s'agit d'un poste de ravitaillement pour les trappeurs, les
marchands, les coureurs des bois et les autochtones. Son commerce devient
rapidement prospère en raison de sa situation et se trouve à l'origine de la colonie
permanente.
Pendant la
Guerre d'Indépendance américaine, il est brièvement emprisonné à Détroit
(Michigan), par les Anglais qui le soupçonnent d'être un espion à la solde des
Américains. Il ne retrouve sa maison qu'en 1784.
Du Sable fait
plusieurs voyages au Canada pour acquérir des fourrures et on raconte qu'il
était très étroitement associé aux Canadiens français.
En 1800, Du
Sable vend sa propriété au trappeur français-canadien Jean La Lime, qui la céda
quatre ans plus tard à John Kinzie, un marchand de New York. Il retourne un
temps à Peoria avant de s'installer à Saint-Charles (Missouri) en 1819. La
raison pour laquelle il quitte Chicago est inconnue. On pense qu'il fut déçu
que la tribu locale des Potawatomi ne fasse pas de lui son chef.
Bien que «
fondateur de Chicago », il fut longtemps ignoré par les historiens d'une part
en raison de ses origines (il était métis) et d'autre part, car les premiers
récits historiques furent écrits par des amis ou des descendants de John
Kinzie, à qui du Sable vendit sa maison en 1800. Ce n'est qu'en 1968, qu'il fut
finalement reconnu comme fondateur de Chicago.
Le musée
afro-américain d'histoire de Chicago, ouvert en 1961, fut renommé DuSable
Museum of African American History en 1968, après la proclamation officielle,
par l'État de l'Illinois et la ville de Chicago, de Jean Baptiste Pointe Du
Sable comme « fondateur de Chicago ».
En 1987, l'US
Postal Service émet un timbre poste commémoratif de Jean Baptiste Pointe Du
Sable dans la série « Black Heritage ».
Source
19
octobre 2009
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