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Un
métier pour détourner les jeunes de la violence

3 septembre 2009 – Ils sont jeunes, déscolarisés ou
non scolarisés et habitent dans des quartiers défavorisés de Port-au-Prince
ayant été en proie à la violence. Depuis le 8 juin 2009, ils suivent des cours
de socialisation ou apprennent un métier à l'Ecole nationale des Arts et
Métiers (ENAM) de la capitale haïtienne.
Il s'agit d'un
projet de la Section de la réduction de la violence communautaire (RVC) de la
Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), en collaboration avec des
partenaires comme la Mairie de Port-au-Prince et la Commission nationale de
désarmement, démantèlement et de réinsertion (CNDDR). Il est financé à hauteur
de 65.831 dollars par la MINUSTAH.
Quelque 250
jeunes prennent part à ces activités de formation. Parmi eux, 125 proviennent
du quartier de Cité Soleil, à Port-au-Prince. Les disciplines enseignées sont
la plomberie, la mécanique, la ferronnerie, la climatisation et l'électricité.
Parmi les
bénéficiaires, Jimmy St Fleur. Même s'il n'a « jamais pris part à des activités
illicites à Cité Soleil », Jimmy a bien conscience des dangers auxquels
s'expose un jeune sans formation professionnelle. A 23 ans, il est déjà père
d'un enfant de 5 ans dont il doit pourvoir aux besoins.
Il se réjouit
d'avoir l'occasion d'acquérir une formation, seul moyen pour devenir un
professionnel. Jimmy a choisi la climatisation/réfrigération. « Je trouve que
c'est une bonne initiative et c'est mieux que de distribuer de l'argent aux
jeunes », estime-t-il. A l'avenir, il aimerait avoir son propre atelier avec
ses propres clients.
De son côté,
Naphtalie Cémérant, 19 ans, voit dans cette formation une possibilité de
surmonter les problèmes économiques auxquels elle est confrontée. Depuis 2001,
elle a dû arrêter les études primaires à cause des difficultés économiques de
ses parents. Depuis lors, elle passe la majeure partie de son temps à l'église
ou chez elle à ne rien faire.
Aujourd'hui,
grâce au projet de la MINUSTAH, Naphtalie apprend la plomberie. Elle pense
qu'elle pourra gagner sa vie avec ce métier même si les femmes ne sont pas
nombreuses à embrasser cette discipline. Avec ses revenus, elle compte
poursuivre ses études et ainsi acquérir d'autres compétences.
Outre l'aspect
professionnel, le projet vise à développer chez les participants l'estime de
soi et la capacité de résolution de conflit. Et après la formation, la RVC
envisage de solliciter des stages en entreprise pour les participants afin que
ceux-ci puissent parfaire leurs connaissances. Cette section de la MINUSTAH
compte aussi appuyer les jeunes diplômés à former des groupements
socioprofessionnels à caractère coopératif.
A ceux qui ne
remplissent pas les conditions requises pour l'apprentissage d'un métier sont
offerts des cours de lecture, d'écriture en langue créole et des notions de
calcul de base. Il leur est également dispensé des notions de civisme, de
respect des normes et des règles de vivre ensemble communautaire.
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