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Des carburants socialement inflammables

essence a la pompe

L’augmentation de 6 centimes du prix du litre de super et de gazole suscite la colère en Guadeloupe, où le LKP appelle à une manifestation le 3 octobre.

En annonçant, mardi dernier, une augmentation de 6 centimes des prix des carburants en Guadeloupe, le gouvernement pourrait bien avoir rallumé la mèche de la contestation sociale dans l’île. Au soir même de cette annonce, un millier de personnes participaient, à Pointe-à-Pitre, à un meeting à l’appel du LKP.

Fixé par arrêté préfectoral dans les départements d’outre-mer, le prix maximal à la pompe était déjà, fin 2008, à l’origine de la colère qui avait éclaté contre la vie chère en Guyane, avant de s’étendre à la Guadeloupe, puis à la Martinique. Pendant la grève, Yves Jégo avait plaidé pour une « libéralisation » du système de fixation des prix, censée, selon lui, favoriser leur baisse. Accusant la Société anonyme de raffinement des Antilles (SARA), filiale de Total, « d’enrichissement sans cause », le secrétaire d’État à l’Outre-Mer avait exigé d’elle une baisse de ses prix, ce qui a ramené, depuis le 14 février, le supercarburant à 1,08 euro le litre et le gazole à 0,84 euro le litre.

Depuis, la mission Bolliet sur les prix des carburants outre-mer, qui n’a pas mis au jour de « trésor de guerre » de la SARA, a émis l’hypothèse d’une suppression pure et simple des activités de raffinage aux Antilles, pour aller vers un approvisionnement depuis l’Europe. Une orientation qui menacerait 430 emplois directs et indirects liés à l’activité de raffinage en Martinique. De même, l’automatisation des pompes évoquée se traduirait par la perte de 1 000 emplois en Guadeloupe et 1 000 en Martinique. En revanche, toute la clarté n’a pas été faite, avec les acteurs concernés, sur la structure des prix des carburants, comme s’y était engagé l’État en mars dernier.

Sans demander le maintien du gel des prix, Victorin Lurel, président (PS) du conseil régional de Guadeloupe, a vivement critiqué une hausse des prix « fort mal motivée », mettant en cause la secrétaire d’État à l’Outre-Mer, Marie-Luce Penchard, « qui dit réformer, mais à moitié, à la marge et dans la plus grande opacité, les modalités de fixation du prix des carburants, en nous demandant de la croire sur parole ». Selon lui, cette hausse « ne suffira pas à l’évidence » à répondre aux demandes de la SARA, qui réclamerait 110 millions d’euros de compensations au titre du gel du prix de l’essence.

Le LKP, de son côté, appelle à une manifestation à Pointe-à-Pitre le 3 octobre.

R. M.







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