|
|
La peur,
moteur de campagne des assimilationnistes
photo L. Blevennec
Consultation
. Les présidents des deux régions et conseils généraux de la Martinique et de
la Guyane ont annoncé pour le 17 janvier 2010 la consultation référendaire des
deux départements.
Jusqu’à hier,
la question restait suspendue sur toutes les lèvres à la Martinique et en
Guyane : pour quand la consultation référendaire ? À l’issue d’un
entretien avec Nicolas Sarkozy, les deux élus de chaque département, Alfred
Marie-Jeanne et Antoine Karam, les présidents des conseils régionaux de la
Martinique et de la Guyane, Claude Lise et Alain Tien Liong, les présidents des
conseils généraux de la Martinique et de la Guyane, ont annoncé pour le 17
janvier 2010 le référendum sur un éventuel changement de statut de leur
territoire.
Selon
l’économiste Michel Branchi, membre du Parti communiste martiniquais (PCM),
« les Congrès de ces deux départements se sont prononcés pour l’évolution
statutaire dans le cadre de l’article 74. Il s’agit donc de discuter de ce
sujet. Mais dans quelle condition, et sous quelle forme ? » se
demande-t-il.
la
nature de la question
C’est au
président Nicolas Sarkozy que revient la possibilité de convoquer une
consultation en faveur du « oui » ou du « non ». Pour
Michel Branchi, « il y a la nature de la question, ou des questions,
puisque la droite et le Parti progressiste martiniquais (PPM) demandent au chef
de l’État de poser plusieurs questions ». Selon l’économiste, les
Martiniquais et les Guyanais doivent faire un choix entre l’article 73 et 74.
La date de la consultation est aussi un paramètre important. Les Congrès, en
Martinique et à la Guyane, ont demandé le report, voire l’annulation des
élections régionales de 2010, pour que le référendum se fasse au début de
l’année prochaine, et non fin 2009. Une façon d’avoir du temps pour expliquer
cette réforme à la population.
Depuis
plusieurs mois, les médias véhiculent une forte campagne au bénéfice de la
droite, du patronat et des békés dans les deux départements. Il est dit,
explique Michel Branchi, « que la crise économique sévissant en ce moment
à la Martinique, notamment, est due à l’incertitude institutionnelle. D’avoir
soulevé le débat pousse les investisseurs à ne pas investir, tente de
convaincre la droite, le patronat et les békés ». Ces derniers font donc
pression pour que la consultation se tienne le plus vite possible. Comme dans
le débat, cette campagne idéologique de la droite sème une certaine peur au sein
de la population. « C’est le principal argument utilisé par ce camp qui
prophétise qu’avec l’article 74 et l’autonomie, les Martiniquais et les
Guyanais perdront leurs acquis sociaux. »
Se déclarant du
côté de l’autonomie, le parti dirigé par Serge Letchimy orchestre pourtant la
même campagne. Dans la pratique, les partisans du maire de Fort-de-France
développent la même argumentation basée sur cette même peur. Selon l’économiste
du PCM, « il n’y a pas de différence avec Miguel Laventure, Jean Maran et
les autres ténors de la droite en Martinique, réunis au sein du parti Forces
martiniquaises du progrès (FMP), que nous appelons les "fè moun pè".
La question de la date de la consultation est éminemment politique, notamment
pour les partisans du statu quo, à savoir de l’article 73, partisans également
de l’assimilation ».
La Martinique
et la Guyane, départements régions (DOM-ROM) régis par l’article 73 de la
Constitution, pourraient avoir une plus grande autonomie avec l’article 74 dont
relèvent les collectivités d’outre-mer comme la Polynésie. Les élus des
conseils généraux et régionaux de Martinique et de Guyane, rassemblés en
Congrès, se sont prononcés en faveur d’une collectivité unique gérée par une
assemblée unique, à la place d’un conseil régional et d’un conseil général.
Plusieurs élus, essentiellement des divers gauche et des régionalistes -
regroupés sous l’égide du - Rassemblement martiniquais pour le changement, sont
prêts à mener campagne en faveur de l’article 74, seule voie à promouvoir de
véritables solutions.
Fernand
Nouvet
|
|