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Suivre l'or à la trace pour décourager l'orpaillage illégal en Guyane

or huyane

PARIS - L'or de votre bague a peut-être été extrait illégalement en Guyane, dans des conditions désastreuses pour l'environnement : pour affaiblir ce trafic, le WWF milite pour une traçabilité de l'or "de la mine à la vitrine".

"Ce qui se passe en Guyane, c'est un désastre écologique et humain : de 10.000 à 15.000 chercheurs d'or clandestins travaillent dans des conditions épouvantables", a commenté lundi Serge Orru, directeur général du WWF France, présentant à la presse un rapport sur la filière guyanaise de l'or.

L'orpaillage illégal, souvent le fait d'immigrants illégaux du Brésil et du Surinam, condamne les rivières en rejetant du mercure dans l'eau. Outre le risque sanitaire grave pour les populations locales, l'orpaillage détruit la faune et la flore exceptionnellement riche de Guyane et entraîne dans son sillage délinquance, trafic d'armes et de drogues, prostitution etc.

Or, la flambée actuelle des cours de l'or sur les marchés internationaux, fait de la Guyane un nouvel Eldorado.

"L'activité clandestine est très importante", a souligné Christiane Taubira, députée PRG de Guyane, qui estime que "la traçabilité est un moyen de piéger cette activité".

"Suivre l'or à la trace, c'est décourager l'or illégal", a renchéri Serge Orru, qui souhaiterait que la démarche puisse être mise en place pour la prochaine Saint-Valentin, la fête des amoureux le 14 février et l'occasion d'offrir des bijoux.

Car la traçabilité de l'or guyanais, c'est possible, selon le WWF. Il suffit de remonter les cinq maillons de la filière.

Le premier est l'exploitant minier qui extrait l'or, mais il est difficile à repérer car il se cache sous le couvert végétal de l'immense forêt tropicale.

Le deuxième niveau est le comptoir de l'or, le lieu où l'exploitant vend son or, a expliqué Romain Renoux, responsable Outre-mer au WWF-France.

Mais là, c'est un "maillon faible" car la loi sur la garantie de l'or, qui rend obligatoire le poinçon, n'est pas appliquée en Guyane, ce qui rend opaque l'or acheté par les comptoirs d'or en Guyane, a-t-il ajouté.

"Il est aberrant que la réglementation soit applicable partout où il n'y a pas de ressources aurifères, sauf dans le département du Guyane, riche en ressources aurifères", a fait valoir Mme Taubira dans une lettre adressée le 5 octobre à Christian Estrosi, ministre de l'industrie.

Selon le WWF, le potentiel aurifère de la Guyane est de 120 tonnes, soit 15 à 20 ans d'exploitation.

Troisième niveau, l'affineur, qui reçoit l'or de diverses origines et l'affine pour produire un métal le plus pur possible.

Et là aussi, il y a un problème car l'or se fond, se mélange et se recycle. Comment suivre l'or guyanais dans ces conditions ? Il faudrait que l'affineur affine l'or guyanais sans le mélanger à d'autres, sugggère le WWF.

Le maillon suivant est le fabricant du bijou, qui doit avoir la certitude d'acheter un or produit légalement.

Dernier maillon, le distributeur, joaillier ou bijoutier, en général, mal informé de ce qui se passe en Guyane. "Nous en avons rencontré plusieurs et quand on leur explique la situation, il y a un réel intérêt pour bâtir une solution qui permettrait de mettre un terme à ces trafics", assure Romain Renoux.

Enfin, Christian Taubira demande que le traité de coopération signé en décembre 2008 entre la France et le Brésil pour renforcer la lutte contre l'orpaillage clandestin soit enfin ratifié par les deux pays et puisse entrer en vigueur.

19/10/09


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