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Chers
amis,
Je porte à votre connaissance la réponse que j’ai été amené à faire au
Président de la CACEM ce vendredi 9 octobre 2009, après que les Maires du
centre aient exprimé leur désaccord avec ma demande d’habilitation pour un
Périmètre Unique de Transport (PTU) en faveur des usagers Martiniquais.
Monsieur
le Président,
J’ai été particulièrement étonné des termes du courrier que vous m’avez adressé
en date du 5 octobre 2009 et, plus encore, du contenu du communiqué publié le 7
octobre par les quatre maires de la CACEM.
Cette démarche, inadmissible sur la forme et parfaitement injustifiée sur le
fond, appelle de ma part une indispensable mise au point.
Je dois d’abord rappeler que l’amendement que j’ai fait adopter au Sénat,
cosigné par le Sénateur Serge Larcher et par les membres du groupe socialiste,
n’a fait que relayer une demande d’habilitation votée non seulement à deux
reprises (le 8 novembre 2007 et le 19 juin 2008), mais à l’unanimité –
c’est-à-dire tous groupes politiques confondus – par les élus de l’Assemblée
départementale ; une demande similaire ayant été formulée, toujours à
l’unanimité, par le Conseil régional en novembre 2007.
Je dois ensuite souligner que l’objectif poursuivi à travers ces demandes
d’habilitation – à savoir, la faculté pour les élus martiniquais de réglementer
en vue d’instaurer un périmètre unique de transport, terrestre et maritime,
qu’aurait à gérer une autorité organisatrice unique - a également fait l’objet
d’une résolution du Congrès des élus départementaux et régionaux, en sa séance
du 18 juin 2009.
Cette question a donc été soulevée, discutée, débattue par les assemblées
martiniquaises et fait l’objet de quatre votes dans des conditions de
transparence et sur une durée suffisamment importante pour offrir, à tout élu
et à toute institution, la possibilité d’exprimer un désaccord ou de faire
valoir un point de vue qui n’aurait pas été pris en compte.
J’ajoute que les conseillers généraux, tant par leur délibération du 8 novembre
2007 que par celle du 19 juin 2008, ont donné mandat au président du Conseil
général pour « prendre toutes les dispositions nécessaires à la mise en œuvre
de la présente décision ».
Il n’est donc pas acceptable de présenter le dépôt de mon amendement comme une
initiative personnelle et inconsidérée. Il aurait été plus compréhensible de
voir les quatre maires de la CACEM se satisfaire de ce que cette initiative a
permis qu’une suite soit enfin donnée à une demande exprimée par les élus
martiniquais depuis bientôt deux ans !
Je veux, par ailleurs, souligner qu’il a toujours été admis que l’autorité
organisatrice chargée de gérer le périmètre unique soit désignée dans la plus
large concertation.
Certes, j’ai découvert, en séance, que, du fait d’une erreur de transcription,
le membre de phrase qui, dans l’amendement, concerne la concertation faisait
apparaître le terme « collectivités territoriales » à la place de « les
partenaires concernés ».
Cependant, l’objet de l’amendement précise bien que cette concertation « se
fera dans le cadre de négociations entre acteurs locaux responsables sur la
base de l’intérêt commun ».
Par ailleurs, la rédaction de l’amendement de repli (n°684) que j’avais prévu
souligne très clairement que la mise en place de l’autorité organisatrice
unique se fera « en concertation avec les partenaires concernés ».
Enfin, dans mon intervention de défense de l’amendement, j’ai indiqué que
l’autorité unique serait établie avec les partenaires concernés, y compris les
représentants des transporteurs et des usagers.
Je veux, quoi qu’il en soit, rappeler que l’amendement ne vise pas l’adoption
d’un dispositif législatif, mais bien une demande d’habilitation.
Cette demande, si elle est acceptée par le Parlement, est accordée pour une
durée de deux ans. Les élus locaux ont donc largement le temps de se concerter
et d’effectuer toutes les études préalables à la mise en place d’un périmètre
unique. C’est d’ailleurs, j’y insiste, uniquement sur ce périmètre unique que
porte la demande d’habilitation. Elle ne porte absolument pas sur la conception
et la mise en place de l’autorité unique ; conception et mise en place laissées
à la seule initiative des élus locaux. Les élus, en effet, ne voulant pas que
le Gouvernement et le Parlement leur imposent une autorité organisatrice.
Il reste, bien entendu, l’étape de l’Assemblée nationale pour faire aboutir la
demande des élus martiniquais.
Nos compatriotes seront certainement très attentifs aux choix qui seront alors
opérés sur cette question déterminante pour la mise en œuvre, sur notre
territoire, d’une politique de transport, plus rationnelle et plus efficace,
qui soit véritablement à la hauteur de leurs attentes.
Voilà donc les précisions qu’il m’apparaissait indispensable de vous apporter.
Je veux croire que le regrettable incident auquel on assiste ne relève que d’un
malentendu ; un malentendu qui, bien sûr, a été très vite exploité par certains
responsables politiques dans le cadre de leur stratégie visant à contrecarrer
systématiquement les initiatives de ceux qui n’ont d’autres soucis que de
servir l’intérêt général de la Martinique.
Un tel malentendu aurait certainement pu être évité par un échange entre nous
avant toute médiatisation.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma considération
distinguée.
Claude LISE
Sénateur de la Martinique
Président du Conseil Général
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