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Violences
policières à La Réunion
Un
groupe de policiers armés et cagoulés à la recherche d’un militant communiste a
semé la terreur, mercredi, dans un quartier ouvrier de Saint-Louis.
Île de La
Réunion, correspondance particulière. Dimanche
dernier se déroulaient des élections partielles à La Réunion, à la suite
d’annulations par le Conseil d’État. Dans les quatre scrutins, ce sont les
forces de progrès qui l’ont emporté, confirmant les succès de mars 2008.
Un climat tendu
a pesé sur la campagne qui a suivi ces annulations. Les tensions ont atteint
leur paroxysme dans la commune de Saint-Louis, où s’affrontaient le maire
sortant Claude Hoarau, à la tête d’une liste de rassemblement sous la houlette
du Parti communiste réunionnais, et son adversaire du Nouveau Centre, Cyrille
Hamilcaro. Les troupes de ce dernier se sont signalées dès avant l’ouverture de
la campagne par une série de provocations et d’injures envers les communistes
et les membres d’autres partis de gauche. Cette stratégie visait tant à
intimider les électeurs, qu’à provoquer les militants progressistes. Dans le
but, sans doute, de justifier un recours aux forces de police contre leurs
adversaires.
Perdant jour
après jour du terrain, le candidat du Nouveau Centre est allé jusqu’à faire
venir le maire (Nouveau Centre) de Drancy, Jean-Christophe Lagarde. Ayant
parcouru plus de 10 000 kilomètres pour apporter son soutien à son
« ami », l’élu drancéen a considérablement jeté de l’huile sur le
feu, injuriant à plusieurs reprises le candidat communiste et les Réunionnais,
comparant le pays à la « Colombie » et au « Nicaragua ».
Bavures et brutalités
C’est dans
cette ambiance très tendue que s’est déroulé le scrutin municipal de
Saint-Louis, qui a confirmé la victoire de la liste du rassemblement conduite
par Claude Hoarau, vainqueur avec 53 % des voix.
Pourtant,
Saint-Louis n’a pas retrouvé le calme. Trois jours seulement après la défaite
du candidat du Nouveau Centre, un groupe de policiers armés et cagoulés a fait
irruption dans un quartier ouvrier de Saint-Louis, afin de procéder à
l’arrestation d’un militant communiste… Sans que l’intéressé ait été le moins
du monde convoqué, sans qu’il ait reçu la moindre information de la part de la
justice. C’est par une bavure qu’a débuté cette arrestation musclée :
avant le lever du soleil, au cours d’une véritable opération militaire, les
agents des forces spéciales ont investi le logis où vivent Isabella Françoise,
sa fille et son bébé de trois ans. Après trois tirs de fusil à pompe dans la
porte de la maison, les hommes en armes ont saccagé le petit appartement,
fracturant les portes, retournant les meubles à la recherche de
« preuves ». Braquant leurs armes chargées sur les occupantes de la
maison, dont la plus jeune terrorisée, a tenté de s’enfuir par la fenêtre,
haute de plusieurs mètres. Prenant enfin conscience de leur erreur, les
policiers ont alors investi le logis voisin, répétant le même scénario de
violence. Alors que trois d’entre eux s’emparaient sans aucune explication du
militant communiste Roger Derfla, les autres braquaient leurs armes sur sa
femme et ses enfants, terrorisés.
Au même moment
d’autres arrestations avaient lieu dans la ville de Saint-Louis, ciblant toutes
des militants du Parti communiste réunionnais. Faut-il voir dans ces manœuvres
une tentative d’enrayer la construction de l’alternative à la crise portée
notamment par le PCR, à laquelle adhèrent de plus en plus de Réunionnais ?
Si tel est le cas, qui a donc intérêt à maintenir un statu quo fait d’injustices
et de « profitations » en réactivant un passé de violence ?
Geoffroy
Géraud
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