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Jean-François Samlong parle du volcan qui
dort

Sans complaisance morbide, Jean-François
Samlong, décortique le réel, prend le pouls de la société réunionnaise actuelle
et dit pourquoi il a participé aux états généraux.
Dans cet ouvrage collectif paru
chez L’Harmattan, Jean-François Samlong apporte sa contribution aux côtés de la
Martiniquaise Suzanne Dracius (femme de lettres) et du Guadeloupéen Gérard
Théobald (réalisateur). Tous trois évoquent leur île respective et décryptent
le chômage, la crise d’identité, la façon de bâtir l’avenir dans la France, la
continuité territoriale, la question de la culture. Autant de points communs
durement assumés. Des points communs, mais des différences également. Ainsi,
quand les Antillais sont poussés par un franc désir de s’en sortir, bousculent
le présent pour aller vers l’avenir, fascinés qu’ils sont par l’ouverture sur
les États-Unis, le Canada ou encore le monde caribéen, les Réunionnais, dans
l’hémisphère sud, cultivent toujours une philosophie attentiste. Timide, voire
timoré, ils se disent : “ti pa, ti pa n’arivé”. En attendant, La Réunion
cultive, selon Jean-François Samlong, un état de dépendance sociale à l’égard
de La France. Et ce fin connaisseur de la psychologie de ses compatriotes
d’avouer : “Il nous est difficile de dire que le peuple réunionnais est un
peuple majeur.” Mais pour autant, ce peuple pas encore majeur ne manque pas de
discernement. “Au fond, le Réunionnais, sait et a toujours su ce qui est bon ou
pas pour lui.” Les peuples mineurs, derrière un air accommodant, tolérant, sont
circonspects. Ils veillent résolument à temporiser s’il le faut, mais jamais à
précipiter les choses. Ce peuple mineur a subi, avec patience, toutes sortes
d’inégalités, d’où, aujourd’hui, sa volonté de travailler à l’émergence d’une
société plus humaine. Et cette émergence pourrait bien passer par les états
généraux “cette fête de la parole, ce rêve éveillé” comme il l’écrit (page 78).
Mais Jean-François Samlong espère que ce sera bien plus que des paroles et
mieux qu’un rêve. “Parce que ces états généraux ont été demandés par le
président de la République, parce que le peuple souhaite parler au nom du
peuple, parce que les responsables politiques ont participé.” Lui, s’est
empressé de prendre sa place dans le concert et de donner de la voix, tout
désireux qu’il est de ne pas se laisser voler son temps de parole pour une
société au cœur de laquelle rimeraient un jour “égalité, parité, solidarité.”
Dans un réquisitoire plein de vigueur, un style de belle tenue et une verve
pleine d’essor, l’intellectuel libéral qu’il est, nous livre un témoignage
frémissant et allègre dans son inquiétude même.
A. J.
“La crise de l’outre-mer
français” chez L’Harmattan. 16 euros
source
11/10/09
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