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Eugène
Mona, l’inspiré !
Il
y a des hommes que la mort grandit et
d’autres qui disparaissent dans cette
néantisation de l’être sans laisser la moindre
trace, partant comme ils sont venus, nus.
Eugène
Mona fait parti de ces hommes ayant
laissé une empreinte dans le sol, un regard sur leur monde et une marque sur
leur terre.
Son
patronyme fut Eugène Nilecam, né d’un père lui-même musicien (accordéoniste),
c’est donc tout naturellement qu’il se destina vers la musique et à l’âge de 15 ans un concours de chanson créole le révéla au public.
L’homme
devint un artiste reconnu, un être inattendu, une personnalité d’une grande
complexité, porteur d’un message politique simple : combattre les
exploitants, revenir à sa terre et se nourrir d’elle.
Une
hérésie a l’époque, car en Martinique une certaine modernité primait, l’homme
fera un choix de vie inverse, allant et venant nu-pieds, refusant les
contraintes et conventions sociétales
ou les commodités apportées le par le modernisme - ce qu’il
confirma dans Bwa Brilé qu’il
n’est pas fait pour le luxe, ni pour le calice. Il n’était pas homme d’agenouillement ni de prosternation,
conscient de son rejet d’une certaine société, qui l’aliénait et l’enfermait.
Il
en va de même pour sa musique, qui s’inscrit dans le registre politique, celui
des chansons engagées, décrivant les travers de sa société, mais sachant qu’il
était et où il allait et ce qu’il combattait : les exploitants d’hier
devenus les pwofités d’aujourd’hui.
Il
introduisit la flûte des mornes dans ses compositions, sans doute fut-il l’un
des virtuoses de cet instrument, de même que le tambour bélè. On eut pu croire
que sa musique s’inscrivait dans la tradition, il n’en ait rien, il a su
imprimer ses propres battements et ses propres pulsations à ce qu’il jouait.
Il explora les rythmes martiniquais, la mazurka, le bélè,
la biguine, il en fit des cantiques, des bardits, des litanies, pour certaines
de ses compositions, nous sommes à en chercher le sens et comprendre les mots.
L’homme
fut un être complexe, le champion du
contre-pied, tant dans sa vie, qu’au niveau de sa musique.
Etait-il
fou ? Certains le disaient, lui-même le chantait dans Tant pis pour moi :
moi après tout je ressemble à un fou...
C’était
un poète puissant, un guerrier oublié
puisant sa force dans ses racines et
son inspiration dans sa terre martiniquaise. Il fut un communiant des
spiritualités d’une mémoire oubliée, le restituteur des chants du morne.
L’homme
chantant, je t’aime la vie, aimait la
vie avec la santé, la vie avec la liberté, la vie sans vanité, le 21 septembre
1991, Eugène Mona empruntait les chemins de la mort, il quittait les chemins de
la vie, une congestion cérébrale
l’emportait.
Tony Mardaye
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Bwa brillé
Lè mwen lévé lématen
Mwen ka pran bout kod la
Mwen ka maré ren mwen
pou mwen ay fè tren mwen
é gadé zannimo mwen
Lè'y sizè mwen fini
Mwen ka pran gran wou-a
Mwen ka lévé zyé mwen
Pou mwen mandé kouraj
"à la divinité "
pou i pé ba mwen
an mannyé pou mwen pa sa
santi lanmizé mwen (2fois)
Bondyé fè pou mwen sa
i ba mwen an bwa brilé.
I ba mwen anpli san
é mwen byen rézistan
Drapré'y lé exploitan
man pa bel
i pa bel konpann mwen.
Nou pa fèt pou "le luxe"
pa menm pou "le calice"
nou ni dwatèt admi
dapré sa mwen ka wè
é mwen ka tann,
é sa listwa kité ba nou, vié frere
"dans les archives". ( 2fois)
Non nou sé "Bwa Brilé"
Tjé nou pa diféran.
Bondyé fè nou pou sa
i ka ba nou pou sa
i ka ba nou lénon blan.
Otis te "Bwa Brilé"
i té ni an non blan.
Amstrong té "Bwa Brilé"
ité ni an non blan.
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