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LE NEGRE DES
LUMIERES
Un peu d’histoire.- Les sept opéras écrits par
Saint-George et qu’il avait fait jouer en public ont disparu dans l’incendie de
l’Opéra comique. Heureusement, quelques airs magnifiques provenant de toutes
ses oeuvres ainsi qu’une fantaisie non terminée ont pu être retrouvés. L’idée
de rassembler ces airs épars et de faire de ce personnage lyrique que fut
Saint-George a germé en 2001 lors d’une conversation avec le directeur de
l’opéra de Liège. Commande a ensuite été passée par Raymond Duffaut, directeur
de l’Opéra d’Avignon et des Chorégies d’Orange en 2004. Une première création a
eu lieu à l’Opéra d’Avignon en 2005, sous la baguette de Bertrand Cervera et
dans une mise en scène de Nadine Duffaut. Elle a obtenu un grand succès.
L’association « Le Concert de Monsieur de
Saint-George » a ensuite décidée de produire cette œuvre, toujours avec
Bertrand Cervera, et dans une mise en scène nouvelle confiée à Diana Iliescu qui
a bénéficié quotidiennement des conseils et de l’imagination fécondissime d’un
géant mondial de la mise en scène d’opéra, Petrika Ionesco. Les costumes
somptueux ont pu être acquis grâce à l’amitié d’Hugues Gall, ancien directeur
de l’Opéra de Paris. Toutes les représentations données en Ile-de-France durant
l’automne-hiver 2008-2009 ont fait salle comble.
L’opéra.- Assis à son bureau sur le bord de
la scène, Saint-George au soir de sa vie reconstitue douloureusement cette
existence qui fut la sienne. Le rideau se lève sur une fête qui lui est dédié
dans un magnifique salon. Entouré et aimé, le musicien est la star de la
soirée. Survient la reine Marie-Antoinette qui va bientôt lui annoncer qu’elle
le nomme « dictateur » de l’Académie royale de Musique, un des
principaux postes du royaume que convoitait, notamment, Sophie Arnoult.
Le Duc d’Orléans qui milite pour une société de liberté et
Zamor le « nègre de compagnie » de Mme du Barry tentent de le
prévenir que la Reine n’osera pas aller jusqu’au bout en vain : malgré sa peau noire, Saint-George se voit
au firmament.
ZZAprès une cabale odieuse menée par Sophie Arnoult contre
le musicien noir et – aussi – contre la Reine, celle-ci renonce. Saint-George
est brisé. Même l’amour de Louise ne parvient pas à le sortir de sa
protestation.
C’est le duc d’Orléans qui va le sortir de sa profonde
dépression en lui affirmant qu’il ne se redressera qu’en militant pour une
humanité meilleure et plus éclairée. Il initie alors Saint-George franc-maçon
dans une scène qui évoque irrésistiblement La Flûte enchantée de Mozart. La
joie de Saint-George est de courte durée. La Révolution va, à son tour,
s’acharner sur lui et, malgré son comportement héroïque il est jeté en prison
tandis que le Duc est exécuté
Cette nouvelle épreuve dans laquelle il reçoit le soutien
du fidèle Zamor n’entame pas sa résolution de combattre pour une société de
liberté. Traqué, enfin, par la maladie, il s’éteint dans un chant du cygne
plein d’espoir : « je sais que, tous libres vous pourrez
vivre ». Zamor le porte en terre sur ces mots :

« Nègre des Lumières
Ainsi je te nomme
Car si tu fus mon frère
Tu fus surtout un homme »
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