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Au petit matin

La nuit fut belle, vitement le sommeil m’emporta, pas le moindre cauchemar  ou mauvais rêve ne vint  l’agiter, pourtant ce matin mon  aujourd’hui se lève dans un incertain, ambulant vers des futurs contingents.

Une sensation étrange me taraude, la crainte s’instille en moi, me questionne et m’éloche. Mes certitudes vacillent, le doute m’envahit. Je suis livré à moi-même et à mes interrogations 

Qu’inférerait ce jour ? 

Le ventre barbouillé, les intestins noués, les yeux encore hagards, ma vision, se porte sur le mur, à la rencontre d’un dessin, une feuille crayonnée par ma fille, datant d'une dizaine d’années déjà. Un auto-portrait, l’image la figure. Elle représente une jeune femme au visage ovale, clignant des yeux avec une certaine malice.

Elle arbore des lèvres sensuelles et se pare d’une coupe où les cheveux tombent à mi-nuque. Le personnage vêtu d’un « débardeur échancré », laisse apparaître  un torse nu, s’affublant d’une chaîne ou pendille une médaille  ayant la forme d’un oiseau, celle d'un albatros.

Mon attention dévie vers mon bonzaï, il est branchu, il mériterait que je m’en occupe. Puis,  je jette un regard par la fenêtre, le ciel  est sans nuage, il montre  une blancheur presque bleuie, cette couleur qui annonce que le vent  forcira, quand  bien même il fera beau soleil.

L’air est en panne de vent, les peupliers droits dressés, leur feuillage verdoie mais par endroits jauni, à leur pied les feuilles mortes s’accumulent, la feuillée flave rappelle que l’automne est à l’œuvre.

Tout s’immobilise comme se voulant rassurant.

Mes idées reviennent, ma pensée boucle, mes réponses  sont aphasiques, je n’en ai  aucune, juste ce sentiment qui me parcourt l’échine…

Cette demi-émotion tavèle mon humeur, un trouble  qui m’enclin à rechercher une chaleur, une amie,  entendre une voix familière, voir le sourire de ma mère.

J’ai envie de donner et recevoir de l’amour, m’éloigner de cette quotidienneté malplaisante  et abecquer la jovialité.

La musique joue !

Ce jour malitorne m’aberre,  je voudrais sortir de la nuit, je souhaite que le soleil se lève, que l’odeur du cédrat s ‘entaille et se cheville à mon corps !

Tony Mardaye



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Couleurs d'automne


L'automne

Les ciels plats  d’octobre offrent leur  grisaille
La senteur pénétrante de la forêt chatouille
Les sous-bois exhalent des odeurs d’humus
Et dans l’église la dévote murmure des orémus

La bise venant du Nord-est libère ses vents
Sous le chêne les champignons sont à l'évent
La froideur vient et va, mais le temps fraîchit
Des amants enlacés suscitent l’envie

La couleur se défait du jour, elle est en rut
Une peinture s’ouvre telle une symphonie brute

Le bouleau blanc se pare de feuilles flavescentes Le charme rouge s’habille de feuilles ardescentes

Cesse les rondes, que la dryade épouse l’écorce Quitte le rocher, que la nixe naufrage la barcasse
L’été se retire fièrement embrassant sa mélodie
L’automne  confusément répand  sa mélancolie

E. Zephyrin


Odeurs d'automne