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Vaccination H1N1 : méfiance des infirmières
Notre
devoir d’infirmières est d’informer correctement la population, pour que chacun
prenne sa décision en toute connaissance de cause, par un consentement libre et
éclairé, et non par une campagne de publicité et des discours alarmistes
1er septembre 2009
Le syndicat des infirmières SNPI CFE-CGC estime qu’une vaccination
massive contre un virus grippal relativement bénin, présente des risques, du
fait d’un vaccin développé trop rapidement, et d’un adjuvant susceptible de
déclencher des maladies auto-immunes.
Nous invitons la population à se vacciner contre la grippe
saisonnière :
ce vaccin (réalisé dans des conditions normales) sera disponible dès la
quatrième semaine de septembre. Cela permettra de réaliser rapidement un
diagnostic différentiel en cas de syndrome grippal. Par contre, chacun
doit bien mesurer le rapport bénéfice/risques du vaccin H1N1 :
d’un côté une semaine de grippe, de l’autre une probabilité, faible mais
définitive, d’avoir une maladie neurologique (Syndrome Guillain-Barré) ou
auto-immune.
Comme nos collègues infirmières de Grande
Bretagne
et de Hong Kong, nous craignons que le remède risque d’être pire que le mal, et
nous pensons qu’il faut savoir "raison garder". La pandémie peut causer une crise
économique, et l’Etat s’est très bien organisé pour y faire face (conseils
d’hygiène, masques, Tamiflu). "Mais injecter 94 millions de
doses d’un produit sur lequel nous n’avons aucun recul peut poser un problème
de santé publique, et il est de notre devoir d’infirmières d’informer
correctement la population, pour que chacun prenne sa décision en toute
connaissance de cause, par un consentement libre et éclairé, et non par une
campagne de publicité et des discours alarmistes" souligne
Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI, le Syndicat National des
Professionnels Infirmiers.
Le
virus H5N1, responsable de la grippe aviaire, possédait une virulence très
élevée (le taux de mortalité a atteint 60 %) couplée à une contagiosité
chez les humains très faible (quelques milliers de cas sur l’ensemble de la
planète). Le H1N1 est pratiquement l’inverse : il est très
contagieux mais faiblement agressif : en France, 2 décès de
malades atteints de maladies chroniques graves et porteurs du virus A (H1N1),
et 11 cas graves contre environ 2.000 morts français de la grippe saisonnière
par an ! Selon l’INVS, au 25.08.09, 85 décès ont été rapportés en Europe depuis le début de l’épidémie dont 59 au
Royaume-Uni et 16 en Espagne. Source : http://www.invs.sante.fr/surveillan...
Selon
le comité interministériel de crise réuni jeudi 27 août 2009, pour faire le
point sur l’épidémie de Grippe A : « Les inconnues subsistant
encore concernent : la date de livraison des vaccins par les industriels,
la date d’AMM ainsi que son périmètre (adultes, enfants, femmes enceintes…), la définition
précise des personnes à risques et le taux de létalité du virus de la grippe
A(H1N1). »
Les
décès lors d’une grippe saisonnière sont généralement liés à des
décompensations de pathologies chroniques et des surinfections bactériennes, or
rien ne permet d’affirmer aujourd’hui que ces complications indirectes seront
plus fréquentes avec la grippe A (H1N1).
Risque de Syndrome Guillain-Barré SGB
Le
syndrome de Guillain et Barré est une sorte de paralysie ascendante qui débute
aux membres inférieurs pour monter progressivement. Dans les formes graves elle
peut se compliquer de paralysie des muscles respiratoires et la personne
atteinte devra alors être placée sous respirateur artificiel. La paralysie peut
être irréversible.
Comment
peut-on éviter une répétition des complications rencontrées en 1976 aux
États-Unis d’Amérique avec le vaccin contre la grippe porcine ? 46
millions de personnes avaient été vaccinées, et environ 4.000 d’entre elles ont
porté plainte par la suite pour effets secondaires graves. Selon l’OMS "Des
études laissent à penser que la vaccination régulière contre la grippe
saisonnière pourrait être associée à une augmentation du risque de syndrome de
Guillain-Barré de l’ordre d’un à deux cas par million de personnes vaccinées.
Pendant la campagne de vaccination antigrippale de 1976, ce risque a augmenté
pour atteindre environ dix cas par million de personnes vaccinées, ce qui a
conduit à un retrait du vaccin." Source : http://www.who.int/csr/disease/swin...
Un
vaccin contre la grippe porcine a de nouveau été associé à une augmentation du
risque de SGB en 1993-1994. Les Américains avaient alors enregistré 74 cas de
SGB en 1994, en forte hausse sur 1993 (37 cas).
"Nous
sommes tout à fait conscients du risque lié à la survenue de cas de
Guillain-Barré chez les sujets vaccinés contre la grippe, explique Carmen
Kreft-Jaïs, responsable de la pharmacovigilance à l’Agence française de
sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans un article du
Monde du 20.08.09. Nous suivrons attentivement l’évolution du nombre de
Guillain-Barré en cas de pandémie et de vaccination massive."
Détails :
http://www.lemonde.fr/planete/artic...
Des
procédures réglementaires spécifiques ont été conçues pour accélérer
l’homologation des vaccins contre la grippe pandémique. Selon l’OMS, "des
questions spécifiques, à propos de l’innocuité des vaccins contre une grippe
pandémique, se posent inévitablement quand on commence à les administrer à
grande échelle. Par exemple, des événements indésirables, trop rares pour être
mis en évidence même au cours d’essais cliniques de grande ampleur, peuvent
apparaître lorsque la vaccination concerne des populations très nombreuses.. Toujours
selon l’OMS, "par manque de temps, les données cliniques seront
inévitablement limitées au moment où on commencera à administrer les vaccins
contre la grippe pandémique. Les tests d’innocuité et d’efficacité devront donc
se poursuivre après avoir commencé à les administrer".
Pour
toutes ces raisons, l’OMS conseille à tous les pays qui administreront des
vaccins contre la grippe pandémique de surveiller attentivement leur innocuité
et leur efficacité
Détails :
http://www.who.int/csr/disease/swin....
Problèmes de l’adjuvant du vaccin H1N1
Un
adjuvant est une substance chimique qui est utilisée pour rendre le vaccin plus
efficace et qui peut permettre d’utiliser une dose d’antigènes plus faible. La
question est de savoir l’impact que pourrait avoir un nouvel adjuvant sur les
maladies auto-immunes qui sont justement causées par un dérèglement du système
immunitaire.
Un
adjuvant, le AS03 utilisé pour le vaccin préparé par GlaxoSmithKline
(GSK), permet d’utiliser de très faibles doses d’antigène, multipliant ainsi le
nombre de doses possibles. Le système de surveillance qui sera en place devra
garantir que les personnes qui ont une maladie auto-immune (diabète,
hypothyroidie, arthrite, sclérose en plaques, etc.) ne verront pas leur
problèmes s’aggraver.
Le
vaccin H1N1 contient 10 fois moins d’antigène (pour accélérer la production, vu
les quantités à produire rapidement) grâce à la présence de l’adjuvant
AS03, un amplificateur d’effet qui consiste en un mélange de squalène et de
polysorbate.
Un tel adjuvant n’a jamais été utilisé auparavant dans un vaccin
commercialisé à large échelle, et peut donc déclencher des réactions
immunitaires excessives et augmenter la probabilité et la fréquence d’effets secondaires
rares, mais graves et dangereux, tels que le syndrome de Guillain-Barré.
Les additifs et adjuvants peuvent influencer la sécurité des
vaccins de façon complètement imprévisible, comme on l’a vu par exemple avec le
vaccin anti-méningo-enchéphalite à tiques TICOVAC, qui a dû être retiré du
marché en 2001, 14 mois à peine après son lancement, pour cause d’effets
secondaires graves et fréquents. La composition du Ticovac ne différait de
celle de son prédécesseur que par deux additifs qui ont été éliminés
depuis : l’albumine et un conservateur contenant du mercure. En conséquence
le produit est interdit en Allemagne, et en France la posologie a été réduite
de moitié, et l’indication a été retirée chez les enfants de moins de 3 ans.
(détails dans les conclusions de la Commission de la transparence de la Haute
Autorité de Santé : http://www.has-sante.fr/portail/upl...)
Pourquoi ne pas continuer à miser sur les méthodes de production
conventionnelles et éprouvées par les décennies d’expérience des vaccins contre
la grippe saisonnière ?
Car,
contrairement à ces vaccins classiques, l’utilisation massive de
vaccins nouveaux contenant des substances qui renforcent la réponse
immunitaire pose des problèmes :
Notre expérience et nos connaissances
des adjuvants amplificateurs de la réponse immunitaire sont très faibles,
et chaque firme pharmaceutique utilise ses propres mélanges, dont elle détient
les brevets.
Le passage des essais cliniques à
l’administration systématique est une phase particulièrement sensible dans
l’utilisation des médicaments. S’il a des effets secondaires inattendus,
ceux-ci peuvent affecter un nombre très important de personnes avant qu’on
puisse faire marche arrière. La vaccination immédiate de dizaines de
millions de personnes par un vaccin peu testé est inquiétante : c’est une
expérimentation grandeur nature.
La stimulation du système
immunitaire par trois doses de vaccin antigrippal en quelques semaines
est une nouveauté : la grippe saisonnière en septembre, puis deux doses de
vaccin anti-pandémique adjuvanté à trois semaines d’intervalle.
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