Encore un tour sur
l'identité nationale

Pourquoi
s'en prendre à Besson ? Un chien ne peut pas faire un chat !
Dans ce
pays quand tout va mal, on sort l'immigré, l'étranger pour calmer le peuple, le
détourner des vraies problématiques.
Je vais
rafraîchir vos mémoires sur ce que disaient les aînés de Besson de gauche comme
de droite :
· « L'immigration est un sujet explosif, c'est une bombe, il ne
faut pas agiter de chiffons rouges, ni mettre de l'huile sur le feu, il y a
péril en la demeure. Nous allons ver la guerre civile. « Nous allons
vers la saint Barthélemy si l'immigration
africaine n'est pas strictement contrôlée, limitée, expurgée » Michel Poniatowski (UDF) mai- juin 1997
· « Alors le profil bas et le service minimum seront de mise à
propos de l'immigration » Philippe Bernard – Le Monde 24 déc. 1997
· « L'attitude du gouvernement a consisté à ne pas jeter de l'huile
sur le feu » Jean-Pierre Chevènement (MDC) L'humanité 4 déc. 1997
Le débat
sur « l'identité nationale » vient d'être lancé par le gouvernement
de Sarkozy avec pour chef d'orchestre Eric Besson, fils d'Afrique du Nord. Dans
son discours devant les agriculteurs, ce mardi 27 octobre 2009, le Chef de
l'Etat vient de donner la définition de l'identité nationale et ses garants en
sont les agriculteurs. Quant à son ministre de l'immigration, il disait que si
les autres pays expulsent pourquoi pas la France?
Monsieur
Besson, la France est singulière, a son histoire, je vous le rappelle si vous
ne le savez pas, le Président français se nomme Sarkozy et son ministre de
l'immigration vient d'Afrique. Je vous rappelle aussi que la première armée à
avoir défendu la France face à l'Allemagne nazie a été créée en Afrique. Et que
le sol français est truffé de fils d'Afrique venus les défendre en 14-18 et 39-45.
Monsieur
le ministre, la France est singulière et n'a pas à emboîter le pas à
l'Allemagne ou l'Angleterre. Chacun son histoire.
Soyons
vigilants.
La bête
se relève, les graines semées depuis plus de vingt ans commencent à germer.
Déjà en
1997, Pierre André Taguieff du CNRS déclarait à
la question « Islam et islamisme ? » : « Ce n'est pas la même
chose, certes. Mais deux millions de musulmans en France, c'est deux millions
d'intégristes potentiels ».
Les
laxistes font le lit du racisme et le jeu du Front
National. Ils sont ses alliés objectifs qui lui donnent du grain à
moudre et lui laissent le champ libre : le monopole du patriotisme et de la
fermeté. « Nous récusons l'image caricaturale faite de notre peuple qui
serait xénophobe, mais il pourrait le devenir si on ne réglait pas le
problème » François Léotard (UDF) Le
Monde - 19 nov 1997. Ou, « Face à une doctrine nationaliste forte, il
faut repenser la nation à l'heure de la mondialisation, résorber le chômage, et
réguler les flux migratoires « . C'est encore Pierre André Taguieff du CNRS, dans l'Evènement du
Jeudi du 20 au 26 fév. 1997
Le
gouvernement de Sarkozy ne fait que surfer sur des vagues dangereuses qui
viennent de loin. Et les responsables sont toute la classe politique, toute
tendance confondue. Eric Raoul (RPR) disait le 3 août 1995 dans le Nouvel
Obs : « Une reconduite à la frontière, une expulsion, c'est certes un
drame individuel, ce n'est pas un drame national. »
De grâce,
ne venez pas nous envahir encore avec un débat sur l'identité nationale. Chaque
fois que le pays va mal, les boucs émissaires sont vite désignés. Oublions le
problème de Sarkozy- fils, de M. Mitterrand, des employés qui se suicident à
France Télécom, du chômage qui s'aggrave tous les jours, des sans logis qui se
multiplient, la queue des précaires qui ne fait que s'allonger au restaurant du
cœur... Regardons l'étranger comme responsable de tous nos malheurs. C'est là
qu'ils veulent nous emmener.
Pour nous,
les Damnés de la Terre, ce débat est mort né et nous considérerons tous les
participants comme complices.
Cela se
confirme, la gauche française est morte depuis Jaurès. Un ancien socialiste
devenu ministre de l'immigration, chasseur de prime, un ancien ministre de François Mitterrand, responsable du FMI, Michel Rocard dans le même bureau qu'Alain Juppé. Et
bien, oui, ça c'est de l'identité nationale, alors vive l'identité nationale !
Je ne
terminerai pas ce texte sans vous remémorer encore ce qui a été pensé de longue
date et qui commence à se matérialiser, en passant, je vous ferai savoir que
dans certains des actes les plus ignobles que l'Homme a exécuté, la pensée précédait
la pratique. M. Jaques Soustelle dans le Figaro magazine du 14 mars 1990, il y
a presque 20 ans, disait : « On ne peut assimiler que ce qui est
assimilable ». A l'Unesco le 14 oct 1993, M. Charles
Pasqua (RPR) déclarait : « Le plus difficile pour le creuset
français, c'est l'intégration des populations venues d'Afrique et notamment
d'Afrique du Nord ». Dans le même esprit, M. Pierre
Mazeaud (RPR) disait : « Hier d'origine européenne, la population
est aujourd'hui d'origine extra-européenne. L'intégration est d'autant plus
difficile. »
Pour clore
ce chapitre sur les immigrés, je citerai M. Christian Estrosi (UDF) dans un
débat parlementaire de juillet 1993 : « D'une immigration européenne
proche culturellement donc facilement assimilable, nous sommes passés à une
immigration plus difficilement assimilable justement en raison de différences
historiques et culturelles profondes ».
Il est temps
que l'ensemble des opprimés, tous ceux qui sont contre cette politique, de la
droite traditionnelle à la gauche molle, prennent leur responsabilité et
s'organisent pour mettre en place une troisième ligne pour arrêter cette
mascarade. La situation actuelle résulte d'une triple démission : de la classe
politique, de la presse et des intellectuels. La classe politique de la droite
républicaine à la gauche socialiste et communiste
n'a pas osé rejeter le discours du Front National. Elle l'a récupéré en s'appropriant
ses thèmes et ses problématiques et en légiférant dans son sens. Ce que la
droite a fait sans gène, sans états d'âme, la gauche l'a pratiqué en rasant les
murs. Et même sur le plan politique, idéologiquement, on ne voit aucune
différence sur la gestion capitaliste de la république française. La gauche a
géré les pays néo-coloniaux d'Afrique de la même manière que la droite. Rappelez-vous
les problèmes que le LKP a posés au mois de janvier dernier en Guadeloupe. Ces problèmes existaient aussi pendant la
gestion du pays par les gouvernements de gauche.
Il est
temps que nous prenions nos responsabilités pour revenir à nos valeurs.
« L'essentiel
est sans cesse menacé par l'insignifiant » René CHAR
Bamba GUEYE LINDOR
Le 27
octobre 2009
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