|
Le thon rouge
ne sera pas sauvé par l'Europe
Alors que la
population de thon rouge apparaît décimée par la surpêche, ce poisson ne sera
pas sauvé par l'Union européenne. Les gouvernements de l'UE étaient appelés
lundi à se prononcer sur une proposition de la Commission européenne visant à
en interdire tout commerce, et donc toute pêche. Proposition qu'ils ont
rejetée.
Avant le vote,
la Commission avait pour sa part "exprimé ses vives préoccupations
quant à l'état des stocks qui déclinent rapidement après des décennies de
surpêche". Tous les pays riverains de la Méditerranée se sont
prononcés contre l'interdiction. "Il n'y a pas eu de vote formel, mais
un tour de table au cours duquel la Commission a compris que sa proposition
n'aurait pas la majorité", a-t-on précisé de source diplomatique.
Bruxelles
proposait de coparrainer une proposition de Monaco d'inscrire le thon rouge,
pêché surtout en Méditerranée, sur l'annexe I de la Convention de l'ONU sur le
commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées
d'extinction (Cites), à titre provisoire, en attendant les prochaines
évaluations scientifiques de l'état des stocks de thon. De nouvelles
informations sur l'état des ressources seront publiées lors de la prochaine
réunion de la Commission internationale pour la conservation du thon de
l'Atlantique (Iccat), prévue en novembre.
Lors du tour de
table, de nombreux Etats ont estimé qu'il était "prématuré pour l'UE
de coparrainer cette proposition" et qu'il valait mieux attendre "et
écouter les scientifiques", a précisé un diplomate sous couvert
d'anonymat. Une fois l'avis des scientifiques publié en novembre, la Commission
aura encore le loisir de faire une nouvelle proposition aux gouvernements
européens, a-t-il estimé.
"C'est
désormais à l'Iccat d'assumer sa pleine responsabilité pour assurer la
reconstitution des stocks de thon rouge", a commenté le commissaire européen à la pêche, le
Maltais Joe
Borg, tandis que son collègue en charge de l'environnement, le Grec Stavros
Dimas, a dit "regretter" le blocage des gouvernements
européens.
L'organisation
écologiste Greenpeace a appelé les gouvernements européens à "écouter
les scientifiques". "L'attitude bornée des gouvernements
méditerranéens risque de conduire à l'extinction du thon rouge et de laisser
les pêcheurs les mains vides en quelques années à peine. Mais des pays comme
Malte et l'Espagne sont de plus en plus isolés", a commenté Saskia Richartz,
responsable européen pour les océans chez Greenpeace.
|