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Rapport au
Parlement sur les exportations d’armement 2008 :
transparence de façade pour un contrôle en chute libre
Le Ministère de la Défense vient de
rendre public son rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la
France en 2008. Pour la plateforme « Contrôlez les armes »1,
le bilan est sombre : en dépit des demandes répétées des ONG, la France
continue d’exporter du matériel de guerre à des pays responsables de graves
violations des droits humains et du droit international humanitaire.
Alors que
la France proclame sa volonté de renforcer aux niveaux européen et mondial les
mécanismes de contrôle, en pratique, elle semble réduire ses exigences. Les ONG
rappellent que la France a l’obligation d’empêcher les transferts d’armes qui peuvent entraîner des graves violations des droits
humains, du droit international humanitaire et nuire au développement, que ce
soit de façon directe ou indirecte, par le biais des réexportations.
En 2008, la France a augmenté ses exportations vers des régimes
responsables de crimes de guerre. Ainsi, Didier Destremau, du Secours
Catholique – Caritas France a relevé que « le
montant des livraisons d’armes françaises à Israël a doublé alors que l’état
hébreu poursuivait le blocus de Gaza puis, y a engagé une vaste offensive
militaire qui s’est soldée par la mort de plus d’un millier de civils, dont des
centaines de femmes et d’enfants ».
Les livraisons d’armes vers le Tchad, dont des armes légères et de petit
calibre favorisant l’instabilité, ont, elles, augmenté de plus de 50% ;
dans le même temps, les autorités tchadiennes se sont rendues responsables de
graves violations des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.
« Au Tchad, la France a délivré pour
près de 13 millions d’euros d’autorisations d’exportations de matériel de
guerre l’année dernière : c’est plus que ce qu’elle a consacré au
renforcement de l’éducation ou à la lutte contre la mortalité infantile et le
VIH Sida dans ce pays », a déclaré Zobel Behalal, du CCFD Terre
Solidaire.
Nicolas
Vercken, d’Oxfam France – Agir ici a souligné que « les députés doivent se réveiller et interroger le gouvernement
sur la légalité des exportations de la France vers des pays comme la Chine, la
Colombie, Israël ou le Tchad. Et, enfin, organiser un débat parlementaire digne
de ce nom pour demander au gouvernement ce qu’il compte faire pour mettre
la législation française en conformité avec ses engagements européens ».
Par ailleurs,
les ONG notent que la France semble avoir porté moins d’attention aux
autorisations d’exportations d’armement qu’induit son engagement dans la
Position Commune de l’Union européenne. « La France doit
impérativement avoir une meilleure évaluation du risque de grave violation des
droits humains et du droit international humanitaire », a rappelé
Benoît Muracciole, d’Amnesty International France.
La Plate-forme française est co-pilotée par Amnesty International
France, Oxfam France - Agir ici et le Secours catholique - Caritas France. Elle
est composée du CCFD-Terre Solidaire (Comité catholique contre la faim et pour
le développement), Handicap International, l'Observatoire des transferts
d'armements, Justice et Paix France, Pax Christi France, Réseau Foi et justice
Afrique-Europe, Ligue des droits de l'Homme, Médecins du monde.
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