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Adil Kalbani
Arabie
Saoudite. Il est le premier Imam noir, à la Grande Mosquée de La Mecque, il
s’appelle Adil Kalbani, il a 49 ans et il est surnommé "Obama saoudien.’’
Dans son édition d’hier (samedi 11 avril 2009), le New York Times dresse le
portrait de l’Imam Adil Kalbani, le premier homme de couleur à accéder à la
très haute fonction d’imam de la Grande Mosquée de La Mecque, au cœur de
laquelle se trouve la Ka’aba, vénérée par les Musulmans du monde entier. Selon
le New York Times, l’imam Adil Kalbani, fils d’immigrant noir avait fait, il y
a deux ans de cela, un rêve prémonitoire dans lequel il devenait l’imam de la
Grande Mosquée de la Mecque, mais à son réveil, il s’était empressé d’écarter
ce rêve qu’il avait pris pour une incitation satanique à la vanité.
Il était alors loin d’imaginer que peu après, en septembre dernier, il allait
être informé par téléphone que le Roi Abdullah l’avait choisi comme imam de la
Grande Mosquée de la Mecque, du jamais vu dans l’histoire de la religion
musulmane et du monde musulman tout entier : le Roi nommait un homme noir à la
plus haute distinction à laquelle puisse accéder un imam. Un exploit ! Une
première mondiale !
Ainsi, l’imam Adil Kalbani raconte qu’il a été interloqué quand on lui a
annoncé que le Roi Abdullah l’avait choisi pour être le premier homme noir à
mener des prières à La Mecque. Deux jours plus tard, sa profonde voix de
baryton résonnait à travers les minarets de la Grande Mosquée et était
transmise par les chaînes de télévision satellitaires aux centaines de millions
de Musulmans dans le monde.
L’Islam n’est pas raciste
Les imams qui officient à la Grande Mosquée de La Mecque sont des célébrités en
Arabie Saoudite. Le Cheik Adil est donc devenu une personnalité d’envergure
internationale surnommé ‘‘Obama saoudien.’’ “Le roi essaie de convaincre le
monde qu’il veut gouverner cette terre comme une nation, sans racisme ni aucune
ségrégation,” a dit le Cheik Adil, un robuste barbu de 49 ans qui a été l’imam
d’une mosquée de Riyadh pendant 20 ans. “N’importe quel individu qualifié, peu
importe sa couleur, peu importe son origine, aura une chance d’être un chef,
pour son bien et le bien de son pays”, a dit le Cheikh, faisant ainsi un
parallèle entre sa nomination et l’élection de Barack Obama.
Le cheik Adil, comme la plupart des Saoudiens, est prompt à déclarer que le
racisme n’est pas le fait de l’Islam, qui, dit-il, prêche l’égalitarisme,
arguant que Mahomet lui-même avait des compagnons noirs. “Notre histoire
islamique a tant de personnes noires réputées,” a dit l’imam, ajoutant que ce
n’était pas le cas en Occident. [xalimasn]
Pourtant, l’esclavage a été pratiqué en Arabie Saoudite jusqu’en 1962. Les
Noirs y sont encore victimes de discrimination raciale. Mais le Cheikh Adil
trouve une explication islamique à ce racisme : “Le prophète nous a dit que les
classes sociales demeureront à cause de la nature humaine, celles-ci font
partie des pratiques préislamiques qui persistent.”
Un Cendrillon musulman
Le père de Cheikh Adil était venu en Arabie Saoudite au cours des années 1950
et avait obtenu un emploi modeste dans un bureau du gouvernement. La famille
avait peu d’argent et après ses études, Adil a été employé par les Compagnies
aériennes saoudiennes, tout en assistant aux cours du soir à l’Université du Roi
Saoud.
Ce n’est que plus tard qu’il a étudié la religion : laborieuse mémorisation du
Coran et étude de la jurisprudence islamique. En 1984, il a réussi l’examen du
gouvernement pour devenir imam et a travaillé brièvement à la mosquée de
l’aéroport de Riyadh. Quatre ans plus tard, il a gagné une place plus
importante à la mosquée King Khalid.
Marié à deux femmes et père de douze enfants, il a mené la vie routinière de la
plupart des imams, dirigeant la prière cinq fois par jour à la mosquée et, donnant
un sermon chaque vendredi. Il s’attendait à ce que les choses continuent ainsi
pour le reste de sa vie. Jusqu’au jour où il reçu le fameux coup de téléphone
lui annonçant que le roi l’avait choisi. Deux jours plus tard, il était
accueilli par des princes à une grande réception où on l’a fait asseoir à la
table du roi Abdullah en compagnie des ministres. Il avoue n’avoir pas osé, ce
jour-là, adresser la parole au souverain, mais au moment de quitter la salle,
il a remercié le roi et l’a embrassé sur le nez, en gage traditionnel de
déférence.
Source : New York Times
(10 avril 09)
lundi 20 avril 2009
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