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Bilâl ibn Rabâh, premier mu'ezzin


Esclave affranchi

bilal Il s’appelle Bilâl Ibn Rabâh plus connu sous le nom de Bilâl Al-Habashî. Sa mère, Hamâmah, était une esclave éthiopienne. Il se convertit à l’Islam alors qu’il était l’esclave de Umayyah Ibn Khalaf. Ce dernier résolut de le torturer jusqu’à ce qu’il renie l’Islam ou qu’il meurt. Il le faisait coucher sur le dos sur le sable brûlant du désert mecquois et faisait poser un rocher énorme sur sa poitrine. Ensuite, Umayyah lui demandait de renier l’Islam et de revenir au polythéisme. Bilâl répondait : « ahadun ahad » c’est-à-dire « Dieu est Un, Dieu est Un. »

Un jour, Abû Bakr le compagnon du Prophète passa près de Bilâl au cours d’une séance de torture. Voyant son état, il alla voir Khalaf et lui dit : « Jusqu’à quand vas-tu torturer ce pauvre ? » Khalaf lui répondit : « C’est toi qui est à l’origine de sa souffrance, pourquoi ne le sors-tu pas de cette situation ? » Sur ce, Abû Bakr proposa d’acheter Bilâl. Umayyah accepta en demandant neuf pièces d’argent (ce qui est beaucoup trop pour un esclave). Abû Bakr accepta. Umayyah était étonné, puis se moqua en disant : « si tu avais insisté pour l’acheter à une seule pièce d’argent, je te l’aurais vendu ! ». Abû Bakr répondit : « Par Allah, Umayyah, si tu avais insisté pour le vendre à cent pièces d’argent, je l’aurais acheté ! » Puis, Abû Bakr affranchi Bilâl afin qu’il soit libre.

Premier mu’ezzin

Bilâl émigra à Médine avec le Prophète (qpssl). A Médine, après avoir bâti la première mosquée, on a voulu trouver un moyen afin d’appeler les gens à la prière. Puis arrive un compagnon nommé Abdullâh Ibn Zayd et dit :

« Ô Messager d’Allah, ô Messager d’Allah ! J’ai vu en rêve qu’une personne me conseillait de faire l’appel à la prière comme ceci ;

Allahou Akbar ! Allahou Akbar !(Allah est plus Grand ! Allah est plus Grand)
Ach-hadou an lâ ilaha illa lâh !(Je témoigne qu’il n’y a de divinité sinon Allah)
Ach-hadou anna Mouhammadan rasouloul-lâh (Je témoigne que Mohammed est le Messager d’Allah)
Hayya ‘alas-salâ (Venez à la prière)
Hayya ‘alal-falâh (Venez à la félicité)
Allahou Akbar ! Allahou Akbar ! (Allah est plus Grand ! Allah est plus Grand)
lâ ilaha illa lâh ! (il n’y a de divinité sinon Allah) »

Omar Ibn Al-Khattâb s’écria aussitôt affirmant avoir vu le même rêve ! Le Prophète demanda donc à Bilâl de faire cet appel car il avait une belle voix. Voilà donc notre permier mu’ezzin.

La bataille de Badr


Le jour de la bataille de Badr, les Musulmans sont opposés aux mécréants de la Mecque. Parmi ces mécréants, Umayya Ibn Khalaf, l’ancien maître injuste de Bilâl. Pendant la bataille, Bilâl aperçoit Umayya : « Umayyah ! Tête de la mécréance ! Je suis perdant s’il est sauvé ! ». Bilâl affronte Umayyah et le tue.

L’ouverture de la Mecque

Les Musulmans parviennent à la Mecque. Ils veulent prier. « Monte, ô Bilâl, sur la Ka’ba et fait l’appel à la prière ! » dit le Prophète (qpssl). Le Prophète demande à avoir les clés de la Ka’ba afin d’y entrer et prier. La seule personne qui entre avec lui, c’est Bilâl. Quel honneur pour lui !

Depuis ce jour, quand Omar ibn Al-Khattâb apercevait Bilâl, il lui disait : « Abû Bakr est notre maître… et il a affranchi notre maître ! »

Petite situation avec le Prophète

Un jour le Prophète vint auprès de Bilâl et lui dit : « ô Bilâl, raconte moi la meilleure chose que tu ais faites ; car j’ai entendu le bruit de ta démarche dans le Paradis ». Il répondit : « Par Allah, ô Messager d’Allah, la meilleure chose que je fais, c’est dès que je perds mes ablutions, je les refais ; et dès que je fais mes ablutions, je fais deux unités de prière ! » « C’est donc cela ! » dit le Prophète.

La mort du Prophète (qpssl)

Ce jour-là était le plus triste des jours qu’a vécu la ville de Médine. En effet, ‘A’icha, l’épouse du Prophète, sortit de sa chambre et ne sachant que dire elle prononça ces mots : « Le Messager d’Allah est mort ! ». La mosquée s’effondra subitement en pleures ; jamais les gens n’avaient pleuré de cette manière.

Vient le temps de la première prière après la mort du Prophète. Bilâl s’apprête à faire l’appel. Il commence donc : « Allahou Akbar ; Allahou Akbar. Ach-hadou an lâ ilaha illa lâh ; Ach-hadou an lâ ilaha illa lâh !…» Une fois arrivé à « Ach-hadou anna Mouhammadan rasouloul-lâh », à nouveau les gens de la mosquée se mirent à pleurer intensément. Quant à Bilâl, sa voix s’étouffa et il commença à pleurer aussi très fort. Il descendit donc. Il avait l’habitude de faire l’appel à la prière en la présence du Prophète ; mais cette fois-ci était la première en son absence. Il ne put résister et ceci, pendant trois jours.

Après trois jours en effet, il se présenta à Abû Bakr et lui dit :

– Dispense moi de l’appel à la prière, ô Abû Bakr !
– Pourquoi ?! lui demanda-t-il.
– Je ne peux rester à Médine après le décès du Messager d’Allah.
– J’insiste pour que tu restes, ô Bilâl !
– Ô Abû Bakr, si tu m’as affranchi pour toi ; prends-moi. Si tu m’as affranchi pour Allah ; laisse-moi donc à Celui pour qui tu m’as affranchi…
– Par Allah, je ne t’ai acheté que pour Allah, et je n’ai dépensé mon argent que pour Allah et je ne t’ai affranchi que pour Allah ! Va, ô Bilâl, et fais ce que tu désires.

L’ouverture de Jérusalem

Le problème de Bilâl, c’est qu’il ne pouvait rester à Médine parce qu’il était très sentimental. Il s’en alla dans l’armée dirigée par Omar Ibn Al-Khattâb pour l’ouverture de Jérusalem.

L’ouverture eut en effet lieu et ce fût un jour de victoire et de fierté pour les Musulmans. L’armée se rassembla sur le Golan. Omar demanda alors : « Où est Bilâl ? ». Bilâl apparut donc et Omar lui dit : « Fait l’appel à la prière, ô Bilâl ! ». « Je ne fais pas l’appel après le décès du Messager d’Allah » répliqua Bilâl, désolé. « Ô Bilâl, aujourd’hui est un jour de victoire, un jour de fierté ! Aujourd’hui est un jour qui plait au Messager d’Allah ! ». Bilâl, convaincu, monte alors sur le Golan et fait l’appel. Toute l’armée se met alors à pleurer ; des larmes d’amour et de nostalgie.

Le rêve

Bilâl s’était établi à Damas, en Syrie. Quelques mois avant de mourir, il fit un rêve. Il vit le Prophète (qpssl) lui disant : « Ô Bilâl, d’où te vient cette fermeté ? Ma visite ne te manque-t-elle pas ? ».

Il s’en alla aussitôt à Médine et se rendit à la maison du Prophète. « Que la Paix soit sur toi, Ô Messager d’Allah ! Que la Paix soit sur toi, Ô Bien-Aimé d’Allah ! » Dit-il. Chaque message de Paix que nous envoyons au Prophète (qpssl), un Ange est chargé d’aller lui transmettre ; et le Messager répond.

Al-Hassan et Al-Hussein (les petits-fils du Prophète) s’approchèrent de Bilâl ; ce dernier, énormément heureux, les serra dans ses bras, les larmes aux yeux. Les deux jeunes lui dirent : « Ton appel à la prière nous manque, ô Bilâl ! »

Afin de leur faire plaisir, il monta sur le minaret et fit l’appel. Cela faisait sept années qu’il ne l’avait plus fait à Médine. Les gens eurent un souvenir magnifique, surtout que l’appel à la prière de Bilâl était extraordinaire.

La mort de Bilâl

Bilâl mourut à Damas à soixante ans.

Voici les derniers instants de sa vie :

« Quelle catastrophe ! Quelle catastrophe ! » S’écriait son épouse le voyant en train de mourir. Bilâl lui répondit : « Ne dis pas ‘Quelle catastrophe !’, mais dis plutôt ‘Quelle joie ! Quelle joie !’ demain, je rencontre les Bien-Aimés ; Mohammed et ses compagnons ! »


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