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Pourquoi les coqs chantent-ils si fort le matin
?

HISTOIRES DE SAVOIR - Jean-Luc Nothias révèle
l'origine du puissant «cocorico» qui accompagne chaque matin le lever du jour
dans le voisinage des poulaillers.
C'est l'une des
«joies » de la vie à la campagne quand on habite près d'un
poulailler : être réveillé dès les premières lueurs du jour par le
puissant «cocorico» du coq. Pourquoi ces volatiles s'obstinent-ils donc à se
déchaîner dès potron-minet ? C'est que le coq est aux oiseaux de
basse-cour ce que le lion est aux animaux de la jungle. Il veut être le roi.
Dès que l'aube pointe, il se réveille et, au mieux de sa forme, n'a de cesse de
rappeler à qui veut l'entendre, et même à ceux qui ne le veulent pas, qu'il est
le «boss» des lieux. Bien sûr, son message est surtout destiné à ceux qui
voudraient être coq à la place du coq mais aussi à ses «ouailles», histoire de
leur rappeler qui est le maître. D'ailleurs, on dit qu'un poussin pépie ou
piaille (ce qui est tout petit voire ridicule), qu'une poule caquette (ce qui
est presque péjoratif) mais qu'un coq chante.
Toutes les
langues n'ont pas la même traduction de ses «paroles». Ainsi, on dit cock-a-doodle-doo
en anglais, quiquiriqui en espagnol, kikeriki en allemand, kokekoko en japonais
ou coucarékou en russe.
Si les poules
n'ont pas besoin du coq pour pondre des œufs, ce dernier leur est néanmoins
indispensable pour mettre au monde des poussins. Les Français ont fait du «coq
gaulois» leur symbole national, ce qui ne l'empêche pas d'être un grand sujet
de querelle de voisinage. Il possède même un chapitre qui lui est dédié dans un
manuel juridique sur les nuisances sonores destiné aux maires. C'est qu'il a
été au centre de beaucoup de procès. Qui ont parfois débouché sur des «mesures
d'éloignement» mais aussi de «passage à la casserole» pour un bon coq au vin.
Le coq n'est
pas le seul volatile à chanter aux premiers rayons du soleil. Les passereaux,
appelés en anglais songbirds, les «oiseaux chanteurs» (près de
6 000 espèces), ne sont pas en reste, aussi bien les mâles que les
femelles. Ce n'est pas pour rien, par exemple, que la pie est qualifiée de
«bavarde». D'autant qu'elle affectionne de créer des dortoirs, réunissant plus
d'une dizaine d'individus, où les «batailles de polochons» sont légion et le
niveau sonore élevé au réveil.
Un
réveille-matin naturel
Tous ces
oiseaux produisent un premier pic sonore en tout début de journée et un dernier
à la tombée de la nuit avec un petit creux en cours de journée. Le coq a été,
pendant des siècles, un réveille-matin naturel. Mais il pousse ses «cocoricos»
toute la journée. Noblesse oblige. Et on l'«entend» beaucoup moins dans la
journée ou même le soir.
Pourtant il
produit pratiquement le même nombre de décibels (dB) qu'à l'aube (entre 50 et
60 dB). Un peu moins qu'un camion qui passe (70 dB) ou qu'un
aspirateur (entre 65 et 75 dB). Et même dans une campagne sans oiseau, le
silence n'existe pas. Un certain bruit de fond est toujours présent. Ainsi,
dans une chambre à coucher «silencieuse», le niveau sonore est autour de
30 dB (hors ronflements !). Pour qu'un bruit soit gênant en phase
nocturne, il suffit qu'il dépasse d'une dizaine de décibels ce bruit de fond.
Le chant du coq va presque le doubler, à un moment où le silence est le plus
profond. Le «cocorico» est donc perçu comme un «coup de trompette».
Le «cri» du coq
est produit, comme chez les autres oiseaux, par un organe appelé «syrinx», une
structure cartilagineuse de la trachée possédant deux cavités. Elle est
associée à une poche d'air qui est source de «souffle» et caisse de résonance.
Un peu comme une cornemuse ou plus simplement comme un ballon de baudruche dont
on pince plus ou moins l'embout pour produire des sons.
Certains
oiseaux ne chantent pratiquement pas, mais d'autres préfèrent souvent exprimer
leur talent vocal la nuit. Ainsi en est-il des rossignols (Shakespeare le met
en lumière dans Roméo et Juliette) mais aussi de certaines alouettes, de
fauvettes, du rouge-gorge ou du merle. C'est sans doute à cause du coq :
au lever du jour, le monarque de la basse-cour les couvrirait tous. N'est pas
coq qui veut.
Jean-Luc
Nothias
16/09/2009
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